La RFID fait son entrée en bibliothèque

Des ouvrages équipés de puces intelligentes

Aux Champs Libres, la bibliothèque s'épanouit sur les sept niveaux de la grande pyramide inversée. Cette architecture particulière a guidé certains choix techniques. Le système d'anti-vol et d'identification des ouvrages fait appel à une technologie dernier cri : la RFID .



Les automates de prêt/retour, créées par la société Nedap, sont équipés d'une interface très conviviale pour le lecteur. Ils contiennent par ailleurs un logiciel qui permet d'interroger le catalogue de la bibliothèque (serveur Millénium).

Vous l'avez certainement déjà expérimentée : la technologie RFID équipe contre le vol la plupart des magasins de disques, de vêtements, de grande distribution... C'est la fonction de base. Mais l'antenne qui permet de repérer l'objet peut être couplée à une puce et contenir d'autres informations, qui la rendent plus intelligente. « Cette fonctionnalité est utilisée depuis les années 80 pour la gestion des élevages, explique Thierry Forveille, responsable du service informatique des Champs Libres. Les animaux sont identifiés grâce à des colliers lus par des capteurs situés au niveau des mangeoires, qui distribuent alors à chacun la quantité de nourriture adaptée ».

Depuis, la RFID est couramment utilisée dans les domaines de la logistique et de la traçabilité pour lesquels des informations comme l'heure de passage, le contenu du chargement, ou encore des variations physiques comme la température, pour des produits surgelés, sont transmises. Les bibliothèques constituent un autre champ d'applications, déjà bien développé en Angleterre, en Allemagne et dans les Pays scandinaves en général, mais encore rare en France. Dans les Champs Libres, la bibliothèque est la deuxième BMVR  a être équipée de cette technologie dans notre pays.

Un nouveau mode de fonctionnement

Nathalie Blanc

Les 180 000 ouvrages en libre accès on  été équipés de puces RFID .

Dans ces établissements, les étiquettes RFID servent à identifier et en même temps à protéger les documents contre le vol. Intelligente, la puce désactive l'anti-vol lors du prêt et communique l'information au catalogue de bibliothèque, via un logiciel spécifique. « La structure verticale du bâtiment nous a conduit à optimiser notre mode de fonctionnement », note Marie-Thérèse Pouillias, conservateur général. Les lecteurs peuvent passer d'un étage à l'autre et effectuer leurs prêts à n'importe quel niveau. Pour plus de commodité, les opérations de retour s'effectuent au rez-de-chaussée ».

Dans cette nouvelle organisation, les lecteurs gèrent eux-mêmes les opérations de prêt et de retour grâce à des automates. « Cette autonomie apporte plus de confidentialité dans les emprunts mais elle est surtout importante pour nous, en termes de gestion des flux, précise Sarah Toulouse, conservateur à la bibliothèque. Le but est que le maximum d'opérations se passe de cette façon, ce qui va permettre au personnel de se consacrer plus à l'accueil et à la médiation ».

« Plus simple qu'à la poste ! »

Nathalie Blanc

Créés par la société néerlandaise Nedap, les automates sont extrêmement simples à utiliser. Pour effectuer un prêt, par exemple, le lecteur présente sa carte et pose ses documents sur la platine. Le système de radiofréquence les identifie, sans qu'il y ait besoin de les positionner dans un sens particulier (contrairement aux infra-rouges qui lisent les codes barre de façon directionnelle). « Ce principe de la radiofréquence est aussi très pratique pour les inventaires, poursuit Thierry Forveille. Plus besoin de sortir chaque ouvrage pour rendre l'étiquette accessible. Le simple fait de passer devant la rangée de livres, avec un lecteur portable, permet de lire tout un rayonnage en quelques minutes ! » À terme, la bibliothèque sera aussi équipée d'un automate de tri automatique. Une opération impossible sans la RFID.

Encore quelques réglages

Il existe cependant quelques contraintes techniques, notamment quand il s'agit de coffrets contenant un livret et plusieurs CD. Comme chaque pièce est équipée d'une puce RFID, il arrive que celles-ci s'annulent et ne soient pas lues par l'automate. « Ce phénomène est dû à l'absorption des champs magnétiques, explique-t-il encore. Nous arrivons à surmonter cette difficulté en ajoutant une autre étiquette qui sert de « booster », c'est-à-dire qui amplifie les champs de chacune des puces ».

Que cela ne vous empêche pas de lire, de visionner ou d'écouter les 180 000 documents en libre accès !

NB

Contact : Bibliothèque de Rennes Métropole,

Tél. 02 23 40 67 00, www.bibliothéque-rennesmetropole.fr

La RFID en chiffres à la bibliothèque

Un projet de 800 000 €

6 automates de prêt : 1 à chaque niveau

2 automates de retour au rez-de-chaussée

13 passages protégés en antivol

3 lecteurs portables

30 postes professionnels équipés de platines RFID

1 automate de tri



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Article publié en Mars 2006

dans Sciences Ouest n°230

 

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