Le planétarium

Branché en direct sur le cosmos

C'est un peu la star du bâtiment : le dôme incliné recouvert d'écailles de zinc abrite le planétarium de l'Espace des sciences. Équipé des dernières technologies, son originalité vient surtout de la nature des séances, toutes uniques, car elles se passent en temps réel.

Seize mille écailles de zinc recouvrent le cône qui abrite les différentes salles d'expositions de l'Espace des sciences. Au sommet, se trouve le dôme du planétarium. À l'intérieur, 99 place assises attendent les passionnés du cosmos. Les gradins sous les sièges sont inclinés de 10° et tout le monde regarde dans le même sens. Sur l'écran, qui recouvre le dôme en demi-sphère et mesure plus de 14 m de diamètre (soit 324 m2 !), l'image est formée à partir de six vidéoprojecteurs. L'un d'entre eux projette le zénith, les cinq autres composent le reste de l'écran. Chaque vidéoprojecteur est relié à un ordinateur, lui-même commandé par un « PC chef d'orchestre ».

« Toute la partie informatique a été créée sur-mesure par la société américaine Sky-Skan, explique Bruno Mauguin, l'un des responsables du planétarium. Ce sont des professionnels du planétarium numérique ». Il existe plusieurs centaines de planétariums dans le monde entier, dont les plus récents sont numériques. En France, celui de Rennes est le septième . Il est de dernière génération, mais son originalité est ailleurs.

Des séances uniques

Ici, pas question de diffuser des spectacles achetés et préenregistrés, comme cela se fait dans la plupart des établissements. Un conférencier est toujours présent : « Nous tenions à tout piloter en temps réel, explique Priscilla Abraham. De cette façon, chaque séance est adaptée à l'actualité et aux réactions du public. On est en direct ». La matière première, c'est l'actualité de l'espace, des photographies et des vidéos prises par des sondes interplanétaires, ou des télescopes spatiaux et terrestres. Tous ces ingrédients servent à la composition du menu. Priscilla et Bruno ont en réserve plus d'un millier de séquences (soit déjà plusieurs téraoctets de stockage), qu'ils ont imaginées et créées : « aller vers le Soleil », « quitter la Lune », « tourner autour de Saturne ». « On peut ensuite les ordonner et les enchaîner comme on veut, ce qui offre un nombre illimité de possibilités, précisent-ils. Nous sommes à l'affût de l'information. Il en arrive chaque jour de nouvelles, certaines sont sélectionnées, d'autres se périment... » D'une durée d'une heure, chaque séance de planétarium présentée à Rennes est donc unique. « Nous but est de montrer que l'astronomie est à la portée de tous. Ces voyages dans l'Univers permettent de relativiser les choses, et de réaliser que l'Homme est bien petit et fragile dans cette immensité. En fait, plus on regarde le ciel et plus on a envie de protéger la Terre ! » terminent-ils de concert.

NB

Des séances à la carte

Chaque séance est construite en direct par un conférencier, en fonction de l'actualité, du public... Sept grands thèmes de séance ont été déterminés et créés par Priscilla Abraham et Bruno Mauguin, pour orienter les courses dans le Cosmos : initiation à l'astronomie, découverte des légendes du ciel ou voyage dans le système solaire.

Le ciel, cette nuit

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Premiers pas dans la découverte du ciel, cette séance est le grand classique des planétariums. Elle montre tout simplement ce que l'on voit quand on lève la tête. On y apprend à reconnaître les principales constellations, à repérer les éventuelles planètes visibles, à suivre les différentes phases de la Lune. À Rennes, on vous présente le ciel étoilé tel que vous pourrez l'observer le soir même de votre venue, ou au cours des jours à venir.

Rens. : Séance pour tout public. Scolaires à partir de 10 ans.

Les légendes du ciel



Quelle que soit leur civilisation - grecque, égyptienne, précolombienne, chinoise, indienne... -, les Hommes ont toujours essayé d'interpréter les mystères de la voûte céleste. Face à leurs peurs et à leur incompréhension des phénomènes astronomiques, ils ont inventé des histoires pour tenter d'expliquer leurs observations. Au fil des millénaires, ces histoires sont devenues des légendes qui nous permettent, encore aujourd'hui, d'apprendre à reconnaître les constellations.

Rens. : Séance pour tout public. Le public scolaire des classes littéraires en collège et lycée est particulièrement visé.

Le système solaire

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Ce voyage à travers notre système solaire présente les découvertes réalisées successivement par les sondes interplanétaires. Celles-ci ne cessent de nous faire parvenir des images et des informations passionnantes sur les planètes, leurs satellites, les astéroïdes, les comètes... Il y en a pour tous les goûts !

Rens. : Séance pour tout public. Scolaires à partir de 8 ans.



Les coups de cœur maison



Priscilla : « J'ai un penchant particulier pour l'approche de l'histoire de la planète Mars. Dès les premières observations, il y a quatre siècles, cette planète a suscité tellement de fantasmes ! En 1892, le directeur de l'observatoire de Lick (Etats-Unis) affirma avoir vu tomber des flocons de neige et en 1947, le soviétique Tikhov était tellement convaincu de l'existence d'une végétation martienne qu'il dota l'institut de physique et d'astronomie de l'Académie des sciences du Kazahkstan d'une chaire d'astrobotanique ! Ces convictions de l'époque, qui font sourire aujourd'hui, ont eu le mérite d'alimenter une soif de connaissances, qui finalement a fait progresser la science ».

Bruno : « La technologie numérique du planétarium permet de montrer n'importe quels types d'images. J'aimerais beaucoup projeter un jour dans le planétarium des images de constructions anciennes, comme les mégalithes bretons , dont l'édification a été pensée en fonction de certains phénomènes astronomiques. De tout temps, l'Homme a été attiré par le ciel. Chacun dans leur coin, Mayas et Égyptiens ont eu le même désir de s'en rapprocher en construisant des pyramides ! »



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Article publié en Mars 2006

dans Sciences Ouest n°230