Algotherm, pionnier dans les cosmétiques marins

Des bains d'algues aux huiles essentielles

L'histoire des cosmétiques marins en Bretagne ne date pas d'hier. Née en 1962, l'entreprise finistérienne Algotherm fabrique des produits de soins à base d'algues.

Nicolas Guillas

Les produits naturels tels que les algues sont soumis

aux aléas environnementaux

Fondée par Philippe le Fur, le fils du créateur de la Société bretonne des algues (Sobalg), la société Algotherme a fait partie de la vague de développement des produits cosmétiques marins en France. Avec ses bains aux algues (moussants ou non moussants) conditionnés sous forme de berlingots, la gamme, encore assez peu développée à l'époque, va valoriser une ressource marine culturellement très prisée par les habitants du littoral breton.

En tube et en flacon

Christophe Blanchard

Dominique Lecomte

Dans les années 70, Algotherme prend son indépendance par rapport à la Sobalg et s'implante dans les locaux qu'elle occupe actuellement à Landerneau : « Notre site de Landerneau est un lieu de production dans lequel nous avons plusieurs types d'activités, explique Dominique Lecomte, le directeur de l'usine. Nous  fabriquons des extraits d'algues qui nous servent de matière première. Celles-ci sont introduites dans les pâteux et les liquides que nous produisons, tels que des crèmes, des émulsions, des gels douches, des shampoings et des lotions. Dans cette usine, nous réalisons également le conditionnement primaire (la mise en tube, en flacon, en pot), ainsi que le conditionnement secondaire et tertiaire, à savoir la mise sous étui et le filmage des produits ».

En 1997, après plusieurs
ventes successives, le laboratoire est finalement racheté par le Groupe Batteur dont l'activité principale est la fabrication de médicaments et de cosmétiques à destination de la pharmacie : « Le Groupe Batteur disposait d'un laboratoire de recherche et de développement pharmaceutique situé dans le Calvados , sur lequel est venu se greffer le laboratoire Algotherm. Ce rapprochement nous a permis d'exploiter de nouveaux moyens techniques et humains ».

Une matière première fragile

Christophe Blanchard

Algotherm cible son développement sur les produits

destinés au visage

Dynamisé par ce rachat, Algotherm va bénéficier de la compétence scientifique d'une entité de renommée internationale qui lui permet de développer sa gamme de façon importante . « À l'origine, Algotherm était plutôt une marque destinée aux soins du corps. L'axe de développement est aujourd'hui le visage. Ce qui nous intéresse, c'est de savoir dans le milieu naturel, précisément dans le milieu marin, quelles sont les algues ou les éléments qui peuvent nous être utiles pour telle ou telle application. Nous n'utilisons pas les mêmes algues pour concevoir un produit minceur et un produit antiâge ».

Et travailler avec un produit naturel n'est pas toujours facile. « Contrairement à un produit de synthèse, qui est toujours le même en terme de caractéristiques techniques et de stabilité, les produits ou les actifs des matières naturelles connaissent des variations importantes en termes de spécification. Lorsqu'on travaille à partir d'algues, on ne maîtrise pas tous les paramètres, notamment à cause du climat ou des zones de ramassage parfois éloignées. Il n'y a pas très longtemps par exemple, nous sommes tombés en rupture d'une huile essentielle car il y a eu un cyclone à Madagascar ». Heureusement : 75% de la récolte composée de fucus laminaires se situe toutefois sur la côte bretonne !

CB

Contact : Dominique Lecomte, tél. : 02 98 21 31 30, dlecomte@labo-algotherm.fr, www.algotherm.fr



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Article publié en Avril 2006

dans Sciences Ouest n°231