Quatorze exploitations "bio" testées

Un logiciel pour calculer l'impact environnemental

Des chercheurs de l'Inra et la Chambre régionale d'agriculture se sont associés pour développer un logiciel capable d'évaluer l'impact environnemental d'une exploitation. Les premiers tests réalisés en Ille-et-Vilaine confirment l'intérêt de la « bio ».

DR

En agriculture biologique les exploitants jouent constamment sur les équilibres naturels.



« Sur une majorité de critères - hormis les émissions de gaz à effet de serre et la surface exploitée - l'agriculture biologique obtient de meilleurs résultats que les modes de production conventionnels ». Ces conclusions ont été obtenues grâce à un nouvel outil informatique qui permet d'évaluer l'impact environnemental d'une exploitation en fonction de six critères comprenant l'utilisation des ressources naturelles : énergie fossile et surface agricole, et les émissions : gaz à effet de serre, nitrates, phosphore, métaux lourds..., dans l'air, l'eau et le sol. Développé par des chercheurs de l'Inra en collaboration avec la Chambre régionale d'agriculture (1), le logiciel Eden a été testé sur soixante exploitations laitières depuis l'automne 2006, dont quatorze en biologique. Françoise Roger, l'une des responsables du projet compte bien tirer profit de ces résultats. « Nous allons pouvoir les utiliser pour défendre la fiabilité de l'agriculture biologique sur le plan environnemental. Nous commençons à en parler aux équipes de conseillers qui suivent les agriculteurs et des articles sont en préparation, notamment pour le journal agricole ». Les arguments solides issus de cette étude pourraient convaincre les agriculteurs conventionnels d'adopter quelques méthodes bio, et certains veulent déjà faire évaluer leur exploitation.



Céline Duguey

Hayo van der Werf.



Un diagnostic rapide



L'idée nouvelle est de prendre en compte toutes les étapes d'une production - laitière lors des tests - , de l'énergie dépensée pour alimenter et traire les troupeaux, à l'utilisation de fertilisants, qu'ils soient chimiques ou naturels. Une innovation nécessaire car l'étude des paramètres pris séparément donne des résultats incomplets. D'autant plus en agriculture biologique où les exploitants jouent constamment sur les équilibres naturels. Par exemple, « le compostage, très utilisé en agriculture bio »bio », émet de l'ammoniac, un gaz polluant. Mais cet effet négatif est compensé par la non utilisation d'engrais de synthèse, explique Christian Walter, professeur en sciences du sol à Agrocampus Rennes.  L'agriculture biologique est un système qu'il faut raisonner de façon globale », ajoute-t-il. Mais réaliser une évaluation environnementale « à la main » peut prendre des années. Aujourd'hui, une demi journée sur le terrain suffit pour relever des données (quantité d'engrais, surface de production...). Le logiciel génère ensuite les indicateurs. « Cela révèle les points faibles d'une exploitation et permet de donner des conseils aux agriculteurs, ajoute Hayo van der Werf, qui a participé à sa conception. Par exemple, aux fermes biologiques qui produisent beaucoup de compost, on peut simplement suggérer de le bâcher pour limiter la propagation d'ammoniac dans l'air ».

Même s'il faudra attendre plusieurs années avant de pouvoir constater sur le terrain les répercussions de cette étude, nul doute qu'elle devrait avoir sa place dans le développement d'une agriculture bio déjà bien implantée dans la région.



C.D.



Contacts

Hayo van der Werf, hayo.vanderwerf@rennes.inra.fr

Françoise Roger, francoise.roger@ille-et-vilaine.chambagri.fr



(1) L'Inra et la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne se sont associés dans le cadre du groupement d'intérêt scientifique Agrotransfert.



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Article publié en Octobre 2007

dans Sciences Ouest n°247

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