Aspirer les marées noires

La société Écocéane inaugure un navire qui récupère jusqu'à 100m3/h d'hydrocarbures lourds au large.

Il sera inauguré début octobre à Paimpol. Le Catamar est le dernier-né de la société Écocéane(1), spécialisée dans la conception et la construction de navires collecteurs de déchets. Après ses bateaux de petite envergure, pour les petites pollutions portuaires, elle lance un catamaran dépollueur pour les marées noires en pleine mer.

La capacité de dépollution a été évaluée par le Cedre(2) sur un navire similaire mais sensiblement plus petit. Le bateau testé prélève 35m3 d'hydrocarbures lourds par heure. Le Catamar devrait en prélever jusqu'à 100m3/h. « En cas de catastrophe, telle que celle de l'Érika, il pourrait récupérer la majeure partie du pétrole en une quinzaine de jours », affirme Éric Vial, président d'Écocéane.

Entre les coques



La pollution marine est guidée vers l'avant du bateau, où elle est aspirée par une turbine. Elle transite entre les deux coques du catamaran, de l'avant vers l'arrière. Le flux arrive dans un décanteur équipé d'une grille qui retient les déchets solides. L'eau est rejetée en mer et les polluants (hydrocarbures et huiles) sont séparés les uns des autres. Les hydrocarbures flottants sont transférés dans un réservoir tracté par le Catamar. Des bateaux annexes acheminent le réservoir plein vers la côte et en apportent un vide.

Le navire de dépollution est autonome sept jours, avec deux équipes qui se relayent à son bord. Il serait opéra-tionnel jusqu'à force trois grâce à un amortisseur de houle.

Le Catamar travaillera en haute mer et s'adresse à des États ou des régions. En France, c'est la Marine nationale qui en aura l'exclusivité car elle a collaboré à la conception.

(1)La société basée à Paris possède deux chantiers navals en Bretagne et un troisième en Normandie.

(2)Centre de documentation de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux.

Contact

Écocéane, Éric Vial Tél. 01 53 10 39 10

contact@ecoceane.com

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Article publié en septembre 2008

dans Sciences Ouest n°257