Fi des clichés sur la campagne !

Entre nouveaux ruraux et agriculteurs, les points de vue convergent ! Un géographe enquête sur cette dynamique.

Terres nourricières, biens fonciers, ou jolis paysages ? Quelles fonctions remplissent réellement les espaces agricoles menacés ? Comment sont-ils perçus par leurs habitants ? C'est ce qu'Yvon Le Caro, enseignant-chercheur en géographie sociale à l'Université Rennes 2, veut savoir. Dans le cadre d'un projet sur les Dynamiques territoriales et foncières(1), commencé en mars 2009, il va à la rencontre des habitants. En Bretagne, ses zones d'étude sont le Coglès (dans le Pays de Fougères) et le périurbain de Lorient. Hommes agriculteurs, femmes agricultrices et habitants non-agriculteurs : le chercheur a séparé les habitants en trois groupes. « Pour les agriculteurs, ce n'est pas tant le sexe que la transmission des terres qui change la donne, note-t-il. Les femmes d'agriculteurs et les maris d'agricultrices ont un rapport plus distancié à la terre que leurs conjoints-propriétaires. »

 

Ils aiment avoir des voisins

Les premiers résultats des entretiens indiquent déjà qu'agriculteurs et habitants non-agriculteurs partagent globalement les mêmes points de vue. La culture urbaine gagne la campagne : le fait d'avoir une belle maison et une qualité de vie agréable est aussi important chez les agriculteurs que chez les nouveaux arrivants. Et, contrairement aux idées reçues, les agriculteurs interrogés ne recherchent pas l'isolement sur leurs terres. Ils aiment avoir des voisins. « Les agriculteurs comprennent aussi l'avis des non-agriculteurs sur le bocage, qu'ils considèrent aussi comme objet paysager esthétique. Et, de leur côté, les habitants entendent le discours des agriculteurs quand ils expliquent que les haies peuvent compliquer leur travail

À terme, les résultats de ces enquêtes doivent servir pour donner aux élus des outils de gouvernance foncière. Peut-être que la première chose à faire serait de créer des espaces ou des moments pour ce genre de discussion.

 

NATHALIE BLANC

 

(1)Le projet Dytefort (Dynamiques territoriales et foncières dans les espaces ruraux en transition du grand Ouest) mobilise une dizaine d'équipes de recherche, des collectivités, des cabinets d'études, des groupes d'agriculteurs et des chambres d'agriculture.

 

Contact

Yvon Le Caro - Tél. 02 99 14 18 30

yvon.lecaro@univ-rennes2.fr

__________________________________________________________



Article publié en novembre 2009

dans Sciences Ouest n° 270