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DOSSIER DU MOISL'Environnement en Bretagne 


ÉDITORIAL

L'ECOLOGIE MARINE : SCIENCE D'ACTION

Le mot écologie est associé presque toujours exclusivement à l'idée de protection de la nature. C'est un abus de langage, car l'écologie est avant tout une science : celle de "l'étude des interrelations entre les organismes et leur environnement" (Haeckel 1869). Les connaissances acquises à travers cette discipline peuvent être utilisées aussi bien pour protéger ce qui mérite de l'être, que pour produire. L'exploitation du domaine marin illustre tout particulièrement ce propos, car d'une part les interrelations entre animaux ou végétaux marins et leur milieu environnant sont très fortes et d'autre part les possibilités de contrôle du milieu sont évidemment très limitées.

La base du développement de l'aquaculture (mais c'est également vrai, quoique moins apparent, pour la pêche) est donc l'écologie et ses différentes composantes (écophysiologie, éco-toxicologie, etc.) et il est surprenant d'observer parfois des réactions, hostiles à ce type d'exploitation, justifiées par des soucis "écologiques".

L'écologie marine est donc par nécessité à la pointe de la science écologique, science qui malheureusement, peut-être parce qu'elle est très interdisciplinaire, n'a pas toujours reçu en France, jusqu'à présent, le soutien qu'elle mérite. Elle est aussi en pleine évolution avec le passage de l'approche naturaliste descriptive à la modélisation mathématique des écosystèmes, pour conduire à de véritables outils prédictifs. Le programme National d'Océanographie Côtière dont l'Ifremer a pris récemment l'initiative devrait renforcer cette tendance. Ainsi l'écologie marine devient-elle sinon une science "dure" du moins une science d'action.

Jean-Max de Lamare, directeur du Centre Ifremer de Brest.