Plancoët : une eau d'exception

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Plancoët : une eau d'exception
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Plancoët : une eau d'exception

 
Exploitée depuis la fin des années 20, la source Sassay à Plancoët est aujourd’hui la seule source d’eau minérale de Bretagne.


Tout débute en 1916, lorsque le docteur Chambrin, maire et conseiller général, se lance dans une étude clinique de l’eau de la source Sassay. L’appellation “eau minérale” était alors presque aussi difficile à obtenir qu’aujourd’hui. En effet, avec cette reconnaissance officielle, les médecins pouvaient prescrire des cures et les pharmaciens étaient autorisés à commercialiser les bouteilles. Les pouvoirs publics accordent cette appellation aux eaux de la source Sassay en 1928. Et une petite production artisanale démarre.

 
 22 millions de bouteilles sont commercialisées chaque année par la SA Eaux minérales naturelles de Plancoët. Chaque lot nécessite 230 contrôles.
À l’époque, les publications d’Edouard-Alfred Martel (qualifié par certains comme le « père de la spéléologie ») et les travaux plus scientifiques et plus anciens du géologue Bisontain Eugène Fournier avaient bien fait connaître les mécanismes d’infiltration et de minéralisation de l’eau. Le docteur Chambrin n’ignorait rien de ces études, aussi entreprit-il immédiatement de protéger le massif abritant la source. Toute activité agricole y fut interdite sur 96 hectares. Cette interdiction demeure toujours en vigueur et permet notamment de garantir une absence totale de nitrates. Cette qualité de l’eau assure un certain succès à Plancoët. En 1950, l’entreprise produit 1,5 millions de cols (col est le terme officiel pour tout récipient commercialisé), puis 8,6 millions en 1960, et 22 millions aujourd’hui.


 
 La SA Eaux minérales naturelles de Plancoët compte 45 salariés. Elle réalise un chiffre d'affaires de 70 MF dont 8% à l'export. (photo : Jean-François Collinot)
Cependant, cette croissance ne s’est pas faite sans difficulté. Ainsi, dans les années 60, l’entreprise a tenté de se diversifier avec une production de boissons gazeuses sucrées qui a été abandonnée au début des années 90 après un plan de licenciement douloureux. Aujourd’hui, propriété du groupe Nestlé-Perrier-Vittel, la société achève sa réorganisation et retrouve un véritable dynamisme en produisant, par exemple, une deuxième eau (Ste Alix, à quelques kilomètres de Sassay) de composition très différente.

Jean François Collinot

  L a source Sassay

 
 On vient de loin pour faire le plein d'eau de la source d'Assay (photo : Jean-François Collinot)
L’usine d’embouteillage est alimentée par trois forages à 120 mètres de profondeur. 58 500 m3 annuels sont produits, 70% est embouteillé (80% espérés cette année). L’eau ainsi captée par des canalisations en inox alimentaire a mis près de 10 ans à s’infiltrer par les micro fissures de la roche à travers une couche de terre, puis une autre de sable, et une épaisse couche de granulite feuilletée qui est un granit à grain fin datant de l’ère du Précambrien. Les 96 hectares de surface font l’objet d’un important projet de plantation d’arbres (2000 arbrisseaux mis en terre l’an passé). L’eau pompée est débarrassée de son fer et de son manganèse à travers des filtres à sable. Toute la chaîne se fait en chambre stérile et sous air filtré.


  E aux de source et eaux minérales

Il existe une différence légale entre les appellations “eau de source” et “eau minérale”. Les premières ne sont en effet soumises qu’à une seule obligation : celle de garantir la sécurité bactériologique et sanitaire de l’eau.. Les secondes doivent garantir une minéralité constante et parfaitement contrôlée qui lui confère des propriétés vis-à-vis de la santé humaine. Cependant, leur composition peut dépasser les normes de potabilité. Il faut donc bien lire les indications portées sur les étiquettes des eaux minérales.