J’ai d’abord tenté de juxtaposer les trois composantes, avant de réaliser qu’il ne fallait pas les juxtaposer mais les imbriquer.

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Introduction
Le Nec : "un bâtiment magnétique"
La passion de construire
Le Nec, un bâtiment qui flotte ?
Le musée : Une oeuvre extérieure pour des oeuvres intérieures
La bibliothèque : pencher et tenir, le défi des constructeurs
Gonflé, le dôme de l'Espace des sciences
Pour en savoir plus

 

© Nathalie Blanc

 

 

 

Le Nec, « un bâtiment magnétique »

Presque dix ans déjà se sont écoulés depuis le concours lancé par la Ville de Rennes pour la construction du Nec, gagné par Christian de Portzamparc. Réseau, à l’époque, était allé à la rencontre du lauréat, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Rennes. Retour sur sa vision du projet en 1993 et rencontre sur le chantier en 2002.

Octobre 1993

Sciences Ouest (Réseau) : Quelles sont les particularités architecturales du Nouvel équipement culturel ?


Christian de Porztamparc : Je me suis progressivement rendu compte que l’unité générale du Nouvel équipement culturel n’était viable que si chaque partenaire gardait une identité forte. Si je faisais une grande valise pour y ranger les différentes composantes, je risquais d’apporter une grande confusion aux yeux du public. L’Espace des sciences, comme la bibliothèque, comme le musée, ne pouvaient pas se réduire à quelques étages dans un immeuble. J’ai donc cherché, assez longtemps, à définir une forme spécifique pour chacun, tout en veillant à ce que le tout ait une unité : il fallait que ce soit un, il fallait que ce soit trois, il fallait que ce soit « trois en un ». J’ai d’abord tenté de juxtaposer les trois composantes, avant de réaliser qu’il ne fallait pas les juxtaposer mais les imbriquer. Il faut arriver à ce que les publics se multiplient au lieu d’être séparés. Dans cet objectif, l’accueil et les liaisons sont des éléments très importants. En particulier le réseau de passerelles doit susciter le plaisir de circuler, d’aller voir d’où vient cette lumière, pourquoi il y a ce cône.

© Willy Berré


 

 


Avril 2002

Sciences Ouest : Vous aviez déjà travaillé sur l’association de plusieurs structures dans un même bâtiment avec notamment la Cité de la Musique à Paris. Est-ce un moteur dans votre inspiration ?


Christian de Porztamparc :

Non, pas systématiquement, mais ce que j’ai beaucoup aimé, c’est la rencontre avec chacun des acteurs des trois structures. Ils m’ont raconté comment ils travaillaient, ce qu’ils attendaient ; ils m’ont communiqué leur passion et cela était très important pour moi. Comprendre comment allait s’organiser le flux des gens était essentiel pour disposer les volumes.

Pour la bibliothèque par exemple, le choix de la pyramide inversée s’explique de la façon suivante : mis à part l’espace enfants qui est à ce niveau pour des raisons de praticité et de sécurité, le rez-de-chaussée est volontairement réduit car il n’accueillera que la borne d’accueil pour les prêts et les retours. Par contre, plus on monte dans les étages, plus l’espace grandit. On y trouve une ambiance de calme et de lumière propice à la consultation des ouvrages et à la lecture. Pour l’Espace des sciences, c’est l’inverse, le cône se réduit à mesure que l’on monte : le rez-de-chaussée propose plus de 500 m2 de salle d’exposition, puis 300 m2 au premier étage pour enfin arriver sous le dôme plus confiné et plus intime du planétarium.

Avec le Nec, le travail sur le regroupement de trois entités a atteint son paroxysme ! Ce sera un bâtiment magnétique qui va attirer du monde.