L'alimentation des volailles

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L'alimentation des volailles

 


L'ALIMENTATION DES VOLAILLES











Alain Guyonvarc'h est directeur de la recherche et développement chez Guyomarc'h Nutrition Animale, à Saint-Nolff près d'Elven dans le Morbihan. C'est le premier fabricant français d'aliment pour bétail et l'alimentation des volailles représente environ la moitié de son activité, la plus grande part étant constituée par la production industrielle de volaille de chair.


Pour la filière volaille, la productivité est le mot-clé à tous les échelons, au niveau de l'élevage, de la transformation, mais aussi de la vente, comme l'a montré le dynamisme peu commun des industriels bretons sur le marché important du Moyen-Orient. Pour Alain Guyonvarc'h, cette notion de productivité fait partie de la culture de l'entreprise GNA (Guyomarc'h Nutrition Animale). "On la retrouve poussée à l'extrême dans l'aliment pour volaille de chair industrielle : l'objectif est d'obtenir la croissance la plus rapide, pour un coût minimal".Naturellement, cette démarche d'extrême productivité est spécifique de la production industrielle, qui constitue de très loin le plus gros marché. Des démarches différentes sont adoptées sur des marchés plus étroits et spécifiques, tel celui du poulet Label.


ÉVOLUTION DE L'ALIMENT VOLAILLE

Traditionnellement, la volaille est nourrie en fonction de ses besoins protéiques, et l'aliment est analysé en fonction de son taux en protéines, sels minéraux, etc. Depuis une quarantaine d'années, l'évolution des connaissances et des techniques en biochimie a permis, à l'intérieur des protéines, de distinguer les qualités nutritionnelles des différents acides aminés(1), et d'enrichir l'alimentation en certains de ces acides ami-nés, pour une meilleure productivité. Mais la nutrition animale moderne est véritablement née il y a une quinzaine d'années, lorsque l'on a commencé à prendre en compte la digestibilité de l'aliment par l'animal. C'est en établissant le bilan biologique de l'animal, à tous les stades de l'élevage, que les fabricants ont établi au mieux la formule de l'aliment. L'optimisation des formules alimentaires vise à maintenir un niveau d'apport des différents nutriments identique, en combinant les matières premières de façon à obtenir un coût d'aliment minimal. Cela implique une continuelle mise à jour des connaissances scientifiques, concernant les besoins des animaux et les apports de chaque matière première. Ce processus d'optimisation, rendu possible par l'informatique, permet d'utiliser au mieux les matières premières en fonction de leurs propriétés nutritionnelles bien sûr, mais aussi de leurs caractéristiques de marché : disponibilité, prix...


ENZYMES ET PROBIOTIQUES

L'activité de recherche en alimentation des volailles est donc tournée essentiellement vers la productivité. Cela se traduit d'abord par des améliorations quotidiennes, sans traduction marketing autre qu'un prix de revient. Les innovations importantes ne sont mises en œuvre que si elles se révèlent être des solutions de moindre coût. Ainsi en est-il des enzymes, dernière révolution de l'aliment volaille. Les progrès de l'enzymologie ont depuis longtemps appris aux fabricants d'aliments, que l'apport d'enzymes exogènes pouvait favoriser la digestion, et donc la productivité de l'élevage. Mais malgré les efforts des grands producteurs d'enzymes européens, tel Novo au Danemark, le développement sur le marché français restait limité, essentiellement pour des raisons de coût. En été 1993, la réforme de la Politique agricole commune, la PAC, crée brutalement de grands écarts de prix entre anciennes et nouvelles récoltes de céréales. L'utilisation d'enzymes devient par conséquent une solution de moindre coût, immédiatement mise en œuvre sur une large échelle. Une autre innovation est celle apportée par les probiotiques : leurs propriétés de biorégulation ouvrent de larges perspectives, en particulier dans le remplacement des antibiotiques, utilisés comme facteurs de croissance en production animale. GNA, leader de ce marché en France, se développe rapidement à l'étranger sur ce créneau des probiotiques destinés à l'alimentation animale, particulièrement en Asie du Sud-Est où de très fructueux contrats commerciaux sont établis.



Notes :

(1) acides aminés : constituants essentiels des protéines.


Contact : Alain Guyonvarc'h, Tél. 97 54 54 54



Alimentation de la volaille

En quarante années, de grandes économies ont été réalisées dans le coût de production de la volaille, sans pour autant que les qualités organoleptiques de la viande n'en soient affectées. En 1950, il fallait en moyenne 5,92 kilos d'aliments pour produire un poulet de 1,82 kilo. Il n'en faut plus que 3,10 actuellement, et le poids de 1,82 kilo est obtenu plus rapidement.

Source : Livre blanc de l'aviculture, juillet 1993.




Groupe Doux : recentrage sur l'union européenne

Le Groupe Doux réalise 7 milliards de francs de chiffre d'affaires et emploie 6 150 salariés dans 48 usines. Géant breton de l'abattage de volaille, c'est le premier opérateur européen du secteur. Pénalisé par les accords du GATT, comme tout le secteur avicole, il accélère son recentrage sur l'union européenne et complète son dispositif français en prenant le contrôle de la société du nord de la France Pic'Or, par ailleurs bien implantée dans l'Est et le Bénélux.




Une nouvelle volaille : l'autruche

Loire-Atlantique : la société France-Autruches entretient un cheptel de 3 000 émeus et 1 000 autruches, car cette viande est désormais autorisée en France après 10 ans d'interdiction pour raisons sanitaires. La chair de ces animaux est paraît-il savoureuse et présente un grand intérêt diététique.

Source : L'Aviculteur, avril 93, n° 543.




Le poids de l'aviculture

L'aviculture est la deuxième production animale agricole bretonne après le porc. En 1990, la part de l'aviculture dans le chiffre d'affaires agricole de la Bretagne était de 19,47% soit
7 163 millions de francs. La Bretagne est la première région française productrice d'oeufs avec 5 milliards d'unités. La part de la Bretagne dans les livraisons françaises de volaille et d'œufs était en 1989 de 30%.


A Quintin, l'ISA sélectionne des volailles haute performance

L'Institut de Sélection Animale de Quintin, filiale du Groupe Mérieux, bénéficie d'une solide réputation pour la sélection de souches de volaille de chair ou pondeuses. Un secteur où les biotechnologies (et notamment l'apport du génie génétique) offrent de vastes horizons pour la recherche.


(Photo : Britta)


* Sélection des sexes chez les poussins de 10 jours à l'Institut de Sélection Animale (ISA) à Quintin.




Se manger les plumes

Sous-produits des industries d'abattage, les matières kératiniques telles que les plumes sont des protéines alimentaires peu coûteuses, qui sont incorporées dans l'alimentation pour animaux. Mais du fait de leur structure chimique, ces protéines kératiniques sont peu digestibles. Il faut les déstructurer par des méthodes thermiques, chimiques ou enzymatiques. Des chercheurs américains de North Carolina State University ont mis au point un processus qui consiste à incorporer dans la ration alimentaire des poulets, en même temps que de la kératine, une kératinase (synthétisée par Bacillus licheniformis) qui augmente par hydrolyse, la digestibilité de la protéine.




ADRIA : détection des viandes de volaille irradiées

Le traitement des produits alimentaires par ionisation dans le but de prolonger leur conservation, s'est développé ces dernières années. En France, le traitement d'une quinzaine de produits, dont la viande de volaille séparée mécaniquement, est autorisé. Mais l'un des freins à l'essor de cette technique réside dans le fait qu'il est difficile de déterminer si un produit (notamment frais) a été irradié ou non. En 1992, L'ADRIA de Quimper a mis au point, sur des échantillons de viande de volaille réfrigérés et congelés, une méthode permettant de déterminer si les viandes ont été traitées ou non, et d'estimer la charge bactériologique avant ionisation.




Les biotechnologies au secours des crêtes de coq

Les crêtes de coq renferment un produit précieux, l'acide hyaluronique, biopolymère de haut poids moléculaire capable de retenir une masse d'eau supérieure à 1 000 fois son poids. Cette "éponge moléculaire" joue un grand rôle dans la protection des tissus et dans la lubrification des articulations. Ses propriétés sont recherchées en chirurgie oculaire et articulaire, tout comme dans l'industrie cosmétique. Les rendements de production à partir de crêtes de coq sont extrêmement faibles, rendant le coût du produit trop élevé et limitant donc ses applications. La synthèse de ce composé par des micro-organismes, déjà réussie par des Japonais, est réalisée, depuis février 1992, par la société HTL de Fougères (35). HTL, filiale de la société Javenech-Caref, est née d'un transfert de technologie du CRITT-CBB Bretagne.