Comment ça marche ? Les courants porteurs en ligne

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Comment ça marche ? Les courants porteurs en ligne

 

 

Les Courants porteurs en ligne

La "fée électricité" se met au service de l'Internet et fait de chaque prise électrique un point de raccordement potentiel au réseau Internet haut débit. Et cela grâce à la technologie des Courants porteurs en ligne. Explications.

L'infrastructure électrique couvrant l'ensemble du territoire jusqu'aux zones rurales les moins facilement accessibles, le transport des données via le réseau électrique pourrait faciliter un accès généralisé à Internet. La technologie des Courants porteurs en ligne (CPL) offre un moyen d'y parvenir. Le principe est simple, il suffit de superposer un signal à très haute fréquence (1 Mégahertz à 30 Mégahertz) faible énergie et porteur d'information, au signal électrique classique à 50 Hz qui joue le rôle de porteuse (figure 1). L'idée n'est pas nouvelle. Elle est exploitée depuis longtemps par EDF mais uniquement pour des transmissions bas débit (basculement des compteurs du tarif jour vers le tarif nuit, commande à distance de relais,...). Et c'est bien là que se situe tout l'enjeu. Les CPL sont-ils en mesure de proposer des débits suffisants pour concurrencer les autres offres pour l'Internet haut débit ?

Signal électrique classique (50 Hz)

 

 

 



Signal très haute fréquence (de 1 à 30 MHz)


Figure 1

Les premiers produits CPL "indoor" (installations derrière un compteur privé) commencent à arriver sur le marché. Ils permettent d'étendre un réseau local ou bien de partager un accès à l'Internet haut débit déjà existant. Un premier boîtier (équipement maître) réalise "le mélange" : il couple l'information venant d'Internet au réseau électrique. Chaque ordinateur récupère ensuite Internet grâce à un autre boîtier branché simplement sur une prise électrique et relié à l'ordinateur via une sortie USB (Universal Serial Bus) ou Ethernet et qui "redécompose" l'information (figure 2). Pas de câblage compliqué et aucun problème de règlementation dans ce cas là, la seule restriction étant de ne pas créer de nuisances par interférence. Le débit théorique de la solution grand public en vente est de 14 Mégabits par seconde. Mais le réseau électrique est un canal de transmission très perturbé : les imprimantes, les téléviseurs, tous les appareils électriques, ordinateurs compris, sont susceptibles d'engendrer des "bruits" (les résistances électriques, par exemple, sont à l'origine d'un bruit dont l'intensité augmente avec la température) ou des interférences qui polluent la transmission de sorte que, dans la pratique, les débits sont de l'ordre de 6 Mégabits par seconde, ce qui reste raisonnable pour une application domestique (le débit théorique est de 11 Mégabits par seconde avec la technologie Wi-Fi).


Figure 2 - Utilisation "indoor"

Et au delà des compteurs électriques privés ? Les choses deviennent beaucoup plus compliquées, tout d'abord à cause de la règlementation. Pour transporter des données, il faut être titulaire d'une licence d'opérateur de réseaux de télécommunications, ce qui n'est pas le cas d'EDF. Pour le moment, seules des expérimentations ont été lancées, dans le département de la Manche notamment, mais aucune offre commerciale n'a vu le jour. Sur un plan purement technique, des difficultés apparaissent également. La principale vient de la présence de transformateurs sur l'ensemble du réseau électrique. Ces derniers sont constitués de bobinages qui ne laissent pas passer les hautes fréquence (les bobines se comportent comme un interrupteur ouvert vis à vis des hautes fréquences et comme un interrupteur fermé vis à vis des basses fréquences). Le passage des CPL à travers les transformateurs est donc impossible. Les expérimentations en cours contournent ce problème en amenant le signal Internet — qui "voyage" par câble, satellite, fibre optique etc. — au niveau du transformateur. De là, le signal est ensuite envoyé sur les différentes lignes électriques. Ce principe fournit une alternative pour la boucle locale (les derniers mètres pour relier l'usager) et se pose donc comme un complément des réseaux existants(figure 3). Les collectivités locales pourraient tenir là le moyen de relier les zones rurales oubliées par la "toile mondiale". Affaire à suivre ...


Figure 3 - Utilisation "outdoor"


Contact :
Florence Alberge, Maître de Conférences à l'IUT d'Orsay, en collaboration avec le Centre de Vulgarisation de la Connaissance, unité de service de l'Université Paris-Sud 11
http://www.cvc.u-psud.fr