Actualité : Temps des femmes - le saut quantique au quotidien

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Actualité : Temps des femmes - le saut quantique au quotidien
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Économistes et sociologues analysent nos rythmes
Temps des femmes :
le saut quantique au quotidien


Le temps fait l'objet d'études et de programmes au niveau européen. Il a même son bureau à Rennes ! Plus qu'une simple donnée physique, le temps après lequel on court se trouve être aujourd'hui au centre de bien des débats d'ordres sociologique et économique.

Qui s'intéresse au temps qui passe ? Les physiciens, qui cherchent à le mesurer toujours plus précisément. Les sportifs car il sanctionne souvent leurs performances. Les médecins et les spécialistes du vieillissement. Et aussi le bureau des temps de la Ville de Rennes pour ce qui concerne la vie de tous les jours. Allongement du temps des études, travail des femmes, urbanisation, intensification et diversification des transports vers des modes beaucoup plus individuels, allongement du temps de vie... sont autant de changements sociologiques qui, depuis les années 70, révolutionnent notre rapport au temps. Or cette question de gestion du temps est directement liée à l'égalité professionnelle femme/homme. Le rapport ? "Les femmes sont des réservoirs de temps ! Explique Évelyne Reeves-Coutand du bureau des temps de la Ville de Rennes. Quand elles ne travaillaient pas, il leur revenait la gestion de la maison et des enfants. Cette situation perdure aujourd'huii alors qu'elles travaillent à l'extérieur. Le temps des hommes, quant à lui, ne change pas ou peu". "Aujourd'hui, ce ne sont pas les diplômes qui pèsent dans la balance au moment du recrutement d'une femme, renchérit Michelle Kergoat, ingénieur au Centre de recherche en économie et management (Crem) de l'Université de Rennes 1, mais bien le temps. Le recruteur prévoit ses absences : congés maternité, journées enfants malades... Il applique un schéma dans lequel les rôles sont prédéfinis".


Les Rennaises se mobilisent

Pas étonnant donc que ce soit les femmes qui entament les réflexions sur ce sujet. À Rennes, c'est un groupe d'employées de la ville qui se projette dans le temps. Et elles font mouche. En 2000, la ville de Rennes obtient un "Olympe d'or" (trophée décerné au niveau national récompensant les initiatives favorisant l'égalité entre les femmes et les hommes). En 2001, Edmond Hervé rédige un rapport parlementaire préconisant la création d'un bureau des temps dans les villes de plus de 20 000 habitants. Celui de Rennes sera créé en 2002. Il compte aujourd'hui trois personnes. Des actions de sensibilisations : conférences (voir encadré), livres, documentaires (réalisés avec TV Rennes) tournées vers le grand public, sont proposées pour faire réfléchir sur le temps. "La ville est une bonne échelle pour réfléchir et agir sur les temps car elle est le point de rencontre entre vie privée et vie professionnelle ; le lieu où se mêlent logements, transports, lieux de travail, écoles..., poursuit Évelyne Reeves-Coutand. Une des réflexions que nous menons en ce moment concerne par exemple le calage des horaires de certains modes de transport en commun avec ceux des entreprises situées dans le secteur. Si l'on sait que plusieurs dizaines de personnes sortent à 18h et que le bus, dont les horaires ont bien sûr été définis par ailleurs, ne passe que 40 minutes après, cela vaut peut-être le coup de réfléchir à l'avancer. 40 minutes, cela peut être précieux dans l'organisation de la vie familiale".
 
C'est ainsi qu'une des pistes de réflexion s'est déjà concrétisée : il s'agit des horaires de travail des femmes de ménage. "Ce travail est souvent réalisé en horaires décalés, tôt le matin, sur l'heure du repas de midi , ou tard le soir, ce qui fait que ces femmes – car cet emploi est presque exclusivement féminin – ne voient pas leur famille, poursuit Évelyne Coutant-Reeves, tout en ayant à gérer des périodes d'inactivité pendant la journée. Or ces horaires décalés ne sont pas forcément justifiés. Certaines tâches peuvent être effectuées à des heures raisonnables, sans gêner les personnes qui travaillent". C'est ainsi qu'à la Ville de Rennes, le personnel de ménage ne travaille plus en horaires décalés depuis le 8 mars 2004. "Et cette mesure se révèle être gagnante : nous avons remarqué une chute de plus de 40 % de l'absentéisme et une augmentation de la productivité", poursuit-elle.
Les actions du bureau des temps s'appuient sur des expériences ou des besoins exprimés localement, mais s'inscrivent dans un cadre plus large qui est celui du programme européen Equal, mené en partenariat avec l'Audiar, le Centre d'information droit des femmes (CIDF), le Codespar, l'Université de Rennes 1 et deux autres villes européennes. L'objectif : poursuivre les réflexions en croisant les points de vue de philosophes, sociologues, psychanalystes, économistes, géographes, médecins du travail, démographes, astrophysiciens... et surtout : faire changer le temps, vraiment. Il serait temps !

NB

Contacts :
Danièle Touchard, Évelyne Reeves - Coutand, Bureau des temps de la Ville de Rennes,
tél. : 02 99 67 86 39
Michelle Kergoat, Université de Rennes 1, tél. : 02 23 23 35 37,
michelle.kergoat@univ-rennes1.fr



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Les jeudis du temps

  • 9 juin/Le temps existe-t-il ?
    Par Étienne Klein, philosophe et physicien au CEA.
  • 29 septembre/La nuit, un temps particulier ?
    Luc Gwiazdzinski, enseignant-chercheur en géographie et directeur de la maison du temps et de la mobilité de Belfort.
  • 1er décembre/Les deux temps de la cuisine : pression mentale, famille et petits plats
    Jean-Claude Kaufmann, enseignant – chercheur en sociologie.

Les conférences ont lieu à 20h, à la Maison du Champ de Mars, 6 cours des Alliés, Rennes – Station Val Charles de Gaulle.

Entrée libre dans la limite des places disponibles.





Rens. :
Bureau des temps de la Ville de Rennes, tél. : 02 99 67 86 39,
bdt@ville-rennes.fr