Expositions
Exposition conçue et réalisée par le Muséum national d'Histoire naturelle, scénographiée et animée par l’Espace des sciences.
À DÉCOUVRIR
Les ancêtres des mammouths... avant la trompe
Mise en ligne : 4 décembre 2009
A quoi ressemblaient les premiers animaux à trompe ? Pour répondre à cette question, Pascal Tassy, Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle, reconstitue des animaux à partir de fossiles. Une maquette de Phosphatherium, un des premiers animaux à trompe, est en cours de réalisation. Elle sera terminée au printemps 2010 et présentée notamment en août à la conférence internationale Mammouths 2010 au Puy-en-Velay (43). Emmanuel Gheerbrant, chercheur au CNRS, découvreur de Phosphatherium, a étudié un autre fossile, baptisé Eritherium, mis au jour au Maroc en 2001. Il a publié en juin 2009 sa découverte : Eritherium est le plus lointain ancêtre connu des animaux à trompe, les proboscidiens. Il ne possède qu'un des deux caractères spécifiques de ce groupe (forme du crâne et des molaires), ce qui du point de vue de l'évolution le place sur la lignée des éléphants, mais juste après le carrefour entre les proboscidiens et les siréniens (représentés aujourd'hui par les lamantins et les dugongs).
Les mammouths viennent d'Amérique
Mise en ligne : 4 décembre 2009
Fin 2008, des chercheurs ont révélé la provenance géographique des mammouths laineux d'Eurasie : ceux présents pendant les derniers 100 000 ans ne sont pas issus d'une évolution des populations précédentes, mais dérivent des populations de mammouths d'Amérique du Nord qui ont migré, via le détroit de Béring. A l'époque, le niveau des mers était plus bas, le détroit était un continent : la Béringia. Regis Debruyne, chercheur au McMaster ancient DNA center (Canada), et ses collaborateurs ont obtenu ces résultats en étudiant de l'ADN d'une centaine de mammouths !
Des os de mammouth pour faire du feu !
Mise en ligne : 3 novembre 2009
Stéphane Péan (voir ci-dessous) et les chercheurs du projet « ANR (1) Mammouths » s'apprêtent à publier leurs découvertes en Ukraine, résultats de trois ans de fouilles. Ils ont notamment trouvé des morceaux de charbon et des os de mammouths calcinés, sur le site de Mejyritch, un campement d'hommes préhistoriques datant d'environ 15 000 ans, où quatre cabanes en os de mammouths ont été découvertes depuis les années 60. « Nous nous sommes intéressés au voisinage des cabanes, explique Stéphane Péan. On y trouve des fosses, d'abord creusées pour récupérer de la terre pour les fondations des cabanes, puis utilisées comme dépôts de déchets. » Le charbon de bois mis au jour renseigne les chercheurs sur l'environnement de l'époque : bien que dans la steppe - un milieu essentiellement sans arbres -, le campement était probablement proche d'une zone boisée, sans doute les rives d'une rivière. Quant aux os de mammouths, leur utilisation comme combustible était connue sur d'autres sites. Mais c'est la première fois qu'un usage très intensif est mis en évidence à Mejyritch. Le projet a pris fin en décembre 2008, mais Stéphane Péan souhaite reprendre les recherches dès l'été 2010. « Il nous reste beaucoup à apprendre, en étendant la zone de recherche. Il serait par exemple intéressant de retrouver les sites d'approvisionnement en os : vu le nombre de mammouths différents retrouvés - au moins 137 -, la plupart ne proviennent sans doute pas de la chasse. »
(1) Agence nationale de la recherche
Homo sapiens du Paléolithique supérieur : des os découverts en Ukraine
Mise en ligne : 3 novembre 2009
En octobre 2009, l'équipe de Stéphane Péan, maître de conférences au Muséum national d'Histoire naturelle, a retrouvé des ossements humains sur le site ukrainien de Bouran Kaya, quelques jours seulement après le début d'une nouvelle campagne de fouilles. Ces os s'ajoutent aux découvertes effectuées depuis les années 90 : des vestiges d'occupations d'homme de Néandertal, du Paléolithique moyen, puis d'Homo sapiens du Paléolithique supérieur. L'étude actuelle vise à mieux connaître l'environnement et la culture des Homo sapiens qui ont vécu là, il y a sans doute près de 30 000 ans, et dont les fossiles seraient alors parmi les plus anciens connus en Europe. Les chercheurs savent déjà qu'ils n'y ont pas côtoyé de mammouths, mais des antilopes saïga et des chevaux hydruntins.
Un nouveau mammouth
Mise en ligne : 23 octobre 2009
En mai 2009, un jeune mammouth d'environ un an et demi a été découvert en Sibérie. « Il est assez bien conservé et nous livrera probablement beaucoup d'informations », explique l'explorateur Bernard Buigues. Les études au carbone 14 n'ont pas permis de le dater : il aurait plus de 45 000 ans. « C'est très intéressant de pouvoir étudier des animaux de la période (-50 000 ans) car il semblerait qu'une première phase d'extinction ait eu lien à cette époque. »
Depuis douze ans, Bernard Buigues dirige le projet Mammuthus, qui vise à trouver des restes de mammouths en Sibérie, un territoire onze fois plus grand que la France. Il y a deux ans, l'équipe Mammuthus avait déjà découvert Lyuba, un bébé mammouth d'un mois, dans un état de conservation exceptionnel. Son étude a récemment confirmé aux scientifiques que l'étude des dents d'un mammouth renseignait sur son état de santé. Les équipes de Mammuthus cherchent également les fossiles de rhinocéros laineux, bisons, chevaux et autres bœufs musqués. « Tout l'environnement nous intéresse pour comprendre ce qui s'est passé il y a 10 000 ans, lorsque les mammouths et leurs contemporains ont disparu », souligne Bernard Buigues.
Conférence de Bernard Buigues à l'Espace des sciences le 16 février
Les découvertes s'accélèrent
Mise en ligne : 23 octobre 2009
Depuis quelques années, le pergélisol révèle de plus en plus fréquemment des fossiles. Bernard Buigues y voit deux explications. D'abord, le réchauffement climatique allonge la période de dégel, donc l'équipe peut travailler plus longtemps. Ensuite, depuis douze ans, l'équipe de Mammuthus a mis l'accent sur l'information et la sensibilisation des habitants, pour diminuer la part de fossiles perdus, ou revendus à des collectionneurs étrangers. Malgré ces efforts, aujourd'hui seulement 5% des fossiles sont destinés à la recherche scientifique. Et il ne reste que peu de temps pour en découvrir d'autres ! Avec le réchauffement, le dégel fait grossir les cours d'eau qui risquent d'entraîner au fond des lacs les squelettes, qui s'y décomposeront. Les scientifiques souhaitent accélérer leurs recherches, pour sauver un maximum de fossiles.
LES EXPOSITIONS DE LA SALLE EURÊKA
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