Coup de projecteur sur l'éclairage à Led

Électronique Petites, économes, dynamiques, les diodes électroluminescentes sont en plein développement dans l'industrie. Et bientôt peut-être dans nos salons.



Aujourd'hui, les Leds arrivent sur le devant de la scène.

En plein développement, elles seront dans nos maisons

d'ici quelques années. François Berthier



WOW. Sur la scène de La Cigale à Paris, les trois lettres lumineuses de deux mètres de haut éclairent les musiciens du groupe de rock Superbus. Chacune est composée d'une centaine de diodes électroluminescentes (Led). Ces symboles lumineux ont été créés par Chromlech, une jeune société rennaise spécialisée dans l'éclairage scénique, lancée dans l'aventure de ce qui pourrait bien devenir l'éclairage troisième génération : les Leds.

Sous leur capsule en plastique de quelques milli-mètres de diamètre, elles cachent un matériau semi-conducteur. En lui ajoutant un dopant chimique, il peut conduire le courant ou pas. Et éclaire ou pas. La couleur, elle, est spécifiée dès la fabrication, grâce à un autre élément chimique -gallium, aluminium...- qui détermine la longueur des ondes lumineuses envoyées.

Un mouvement mondial

Moins polluante, miniature, très réactive, la Led séduit les industriels. Mais il lui reste des étapes à franchir. « Obtenir de la puissance est l'un des principaux problèmes, explique Alexandre Gailly, directeur de Chromlech. Les Leds chauffent moins que les ampoules mais ne sont pas conçues pour dissiper le peu de chaleur qu'elles produisent, rien que de par leur taille. Pour les utiliser, nous les intégrons à des circuits imprimés munis de systèmes de refroidissement. » Et puis les Leds sont des sources très ponctuelles. Il faut ruser pour obtenir un résultat cohérent à partir de plusieurs de ces composants électroniques. Ceci explique pourquoi elles restent encore confinées dans un marché de niche, même si « on peut observer un mouvement de fond mondial vers cet éclairage, comme le note Michel Gad, de la Meito, qui a organisé un colloque sur le sujet le 23 avril dernier. D'ailleurs, les applications développées par des entreprises comme Chromlech tirent la recherche vers le haut. » Déjà, les performances s'améliorent rapidement. « Le rendement lumineux double tous les trois ou quatre ans. » Et elles consomment déjà près de trois fois moins qu'une ampoule classique. Or la qualité environnementale est devenue l'une des conditions sine qua non d'un bon éclairage.

Une lumière chaude

Parmi les autres critères pour faire un éclairage acceptable, outre l'efficacité ou l'aspect pratique, on trouve la qualité de la lumière. Une histoire de température notamment, avec des couleurs dites chaudes ou froides. « Les diodes blanches, par exemple, ont un spectre incomplet dans les couleurs chaudes, précise Jacques Le Berre, directeur marketing de la société déclairage NXP. Elles ne reproduisent pas exactement la couleur du jour. Cela peut paraître anodin, mais éclairez un steak cru avec cette lumière, il vous semblera marron. Pas très appétissant. C'est pour cela que les rayons viandes ou légumes des supermarchés sont éclairés avec un blanc plus chaud, qui fait ressortir les couleurs naturelles. » Dans votre intérieur, il en va de même, la lumière doit apporter une ambiance chaleureuse, pas celle d'un couloir d'hôpital éclairé au néon. « Mais les Leds progressent à une vitesse folle, explique Bernard Duval, délégué général de l'Agence française de l'électricité, comme l'électronique en général. Pour l'instant, les produits de bonne qualité restent chers, mais la généralisation se fera, d'ici 5 à 10ans. Elles ne remplaceront pas simplement l'éclairage traditionnel, elles apporteront de nouvelles possibilités. » Et pourquoi pas une nouvelle vision du monde qui nous entoure, que nous percevons à 70% grâce à nos yeux... À voir dans les prochaines années.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR CELINE DUGUEY

 

Contacts

Alexandre Gailly Tél. 02 23 20 77 67 alex.gailly@chromlech.fr

Michel Gad Tél. 02 99 84 85 00 m.gad@meito.com - www.meito.com

Jacques Le Berre Tél. 02 31 45 60 61 jacques.le.berre@nxp.com

Bernard Duval Tél. 01 45 05 72 80 bduval@afe-eclairage.com.fr

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Article publié en mai 2009

dans Sciences Ouest n°265