Cette carte de la pollution lumineuse est un outil pratique pour les astronomes. Nombres d'étoiles visibles : Blanc (0-25), magenta (25-80), rouge (80-150), orange (150-250), jaune (250-500), vert (500-1000), cyan (1000-1500), bleu (1500-2000), bleu nuit (2000-3000).Comment visualiser le phénomène de la pollution lumineuse ? Par une photo satellite... ou bien une carte. Pour les astronomes amateurs, rien de tel pour dénicher un coin de ciel noir, avant de prendre la voiture avec le télescope dans le coffre ! Aujourd'hui, aucune carte fiable n'a été, réalisée par des scientifiques, Il existe seulement celle de l'Association nationale pour la protection du ciel nocturne (ANPCN), et désormais celle de l'astronome amateur Frédéric Tapissier
(1). «
La carte de l'ANPCN est trop imprécise, car elle ne se base que sur la concentration humaine, souligne-t-il. Elle ne tient pas compte de facteurs comme les zones industrielles, les ports et surtout l'altitude ! C'est un facteur primordial, car l'humidité, les poussières atmosphériques et les polluants, qui diffusent la lumière, varient en fonction de l'altitude.»
L'un des meilleurs endroits pour contempler l'univers, depuis la Bretagne, se situe entre Carhaix et Guingamp !Téléchargée 200 fois par jour
Pour sa carte de France, bouclée en juin 2006, il s'est basé sur la surface urbanisée, a utilisé des logiciels de navigation routière pour ajouter les routes, et récupéré sur le site de la Nasa des données libres de droit sur l'altimétrie. Ces informations, Frédéric Tapissier les a « interprétées » pour les transformer en carte... via le logiciel Photoshop, dont il connaît les moindres rouages. «
J'ai soustrait les données altimétriques à la pollution lumineuse, résume-t-il. Sur la carte, les lumières en plaine ont gardé la puissance qu'elles ont sur les cartes de l'ANPCN (2). Mais la zone d'influence des lumières en altitude est amoindrie ».
Cette carte, qui n'a pas de valeur scientifique, représente un paysage vu du ciel «
à 10 h du soir l'hiver, par 85 % d'humidité ». Bien sûr, c'est théorique : si parmi deux communes voisines, l'une d'elles a équipé tous ses luminaires de réflecteurs, pour renvoyer la lumière vers le sol sans éclairer le ciel, et l'autre non, cela ne se voit pas sur la carte ! Mais c'est un outil pratique : 200 internautes téléchargent cette carte chaque jour. Ce sont, note Frédéric Tapissier «
des astronomes qui veulent gagner du temps, des écologistes, des matheux et des cartographes ».
NGContacts Frédéric Tapissier, e-mail :
ftapissier@free.frSites web :
www.astrosurf.com/anpcn/ et
http://avex.org.free.fr(1) Frédéric Tapissier a présenté ses travaux lors des Rencontres du Ciel et de l'espace, le 10 novembre 2006, à la Cité des sciences, après l'intervention de Pierre Brunet, de l'ANPCN, sur l'état des lieux de la pollution lumineuse.(2) Même si elles ont quelques points communs, ces nouvelles cartes ne sont pas basées sur celles de l'ANPCN, dont les méthodes de calculs sont différentes.
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Article publié en Janvier 2007
dans Sciences Ouest n°239
