Un animal comme lien social

La ville change nos comportements vis-à-vis des animaux. Des sociologues sont sollicités pour étudier leurs conséquences


Dans les villes surpeuplées, les animaux aident
certaines personnes à se faire une place.

 

Fini les chevaux dans les rues et les poules dans les cours d'immeubles ! En grossissant, les villes se sont affranchies de la présence animale. « Socialement, cela se traduit par le développement de nouveaux comportements vis-à-vis des animaux et notamment envers les chiens, explique Christophe Blanchard, doctorant en sociologie à l'université d'Évry(1) sur l'animalité en ville. Depuis une trentaine d'années, ceux-ci sont surdomestiqués. » Nourris, habillés et parfois chéris comme des enfants, ils occupent une place importante, surtout en France, qui détient le record de l'Europe avec plus de huit millions de bêtes.

 

Souvent sans laisse

Les compagnons canins des jeunes gens marginalisés sans domicile fixe, qui se regroupent dans les métropoles occidentales créent en revanche une gêne vis-à-vis de la population. Mais ils sont en même temps un lien social entre elle et les jeunes. « J'ai pu montrer dans mes enquêtes de terrain, que les personnes qui font la manche sans animaux récoltent moins d'argent. » Ces phénomènes dus à l'extension des villes et à la concentration des habitants représentent des problématiques nouvelles pour les municipalités, pas toujours préparées ni équipées pour les gérer. Christophe Blanchard vient d'entamer une étude pour la SNCF, sur la présence des groupes marginalisés à proximité des gares(2), agents de liaison entre les métropoles.

 

NATHALIE BLANC

 

(1)Laboratoire d'histoire économique sociale et des techniques (Lhest), UFR SSG Université d'Évry-Val-d'Essonne.

(2)L'étude portera sur les gares de Brest, Bordeaux, Paris gare du Nord, et Montpellier.

 

Contact

Christophe Blanchard - Tél. 06 86 47 67 12
chrbblanchard@yahoo.fr

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Article publié en novembre 2009
dans Sciences Ouest n° 270

 

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