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Veaux d’or, vaches maigres Le productivisme agricole, après guerre a transformé vaches, cochons, couvées, en… veau d’or. Un veau pour lequel on a sacrifié non seulement les paysages avec le remembrement, mais aussi les sols et l’eau à cause des pollutions diverses, et la qualité (hormones de croissances, antibiotiques)… Et le phénomène est devenu paradoxal. Habitués à l’abondance, les consommateurs des pays riches sont devenus de plus en plus exigeants. Il leur faut non seulement cette abondance, mais également des prix bas. Prix bas que certains n’ont pas hésité à aller traquer à toutes les étapes de la production. C’est ainsi que l’on a fabriqué des farines carnées, avec des moutons abattus à la suite d’une maladie (la tremblante). Ces farines ont été abondamment distribuées aux vaches laitières usées par des traites à répétition. Et le mécanisme s’est emballé : la maladie du mouton a franchi la barrière des espèces, a contaminé la vache au début des années 80, puis, franchissant une nouvelle barrière, elle a contaminé le chat puis l’homme. Le veau d’or devenu vache folle. Concomitante à la prise de conscience environnementale des années 80, cette crise a frappé de plein fouet les éleveurs, rendus –trop rapidement – responsables. Effondrement des cours, méfiances et critiques contre les professions paysannes… Fin du veau d’or, temps des vaches maigres. Et pourtant, cela fait des années que le monde agricole tente d’expliquer que la qualité a un coût. Que l’abondance à bon marché s’inscrit parfaitement dans une certaine logique économique, mais pas forcément avec la notion de qualité… Et quand les crises se multiplient (veaux aux hormones de croissance, ESB, fièvre aphteuse…), la réalité dépasse leurs craintes. Parce que les maladies dites “à prion” ne correspondent à aucun des modèles “classiques” de maladies infectieuses, et qu’elles sont aujourd’hui l’un des plus grands défis de la recherche, parce que nous sommes tous concernés par elles, Sciences Ouest se devait de faire le point sur les connaissances, les conséquences et les recherches, liées à cet ensemble de maladies que sont la tremblante du mouton, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), l’encéphalopathie féline ou du vison, le dépérissement chronique des ruminants sauvages, et la maladie de Creutzfeldt-Jakob qui touche l’homme. |