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L'état de la santé publique en Bretagne
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L'état de la santé publique en Bretagne



 
  L égionellose, maladie de la vache folle, listériose, notre vie est-elle menacée par … notre mode de vie ?
Après le Sida, le nucléaire et l’amiante, des nouveaux dangers pour la santé défraient la chronique : vache folle et nouveau variant de Creutzfeld-Jakob, contamination de l’eau potable par les pesticides et les nitrates, ou encore développement de résistances aux antibiotiques chez les bactéries se disputent la une des médias avec les épidémies de légionellose survenues à Rennes et Paris. Ces risques sanitaires apparaissent comme autant de conséquences néfastes de notre mode de vie moderne et de son corollaire de régimes alimentaires à bon marché (la « malbouffe » que dénoncent certains), de vie urbaine stressée ou de pollution de l’environnement. L’opinion publique en vient à se demander si de tels effets indésirables ne représentent pas le tribut à payer pour les progrès scientifiques, techniques et médicaux considérables qui ont marqué les cinquante dernières années.
Pourtant, est-il nécessaire de rappeler que l’humanité n’a jamais atteint, dans son histoire, ni le niveau de confort ni l’espérance de vie constatés dans les pays riches occidentaux depuis un demi-siècle, que les grandes maladies infectieuses comme la lèpre, la tuberculose et le choléra ont disparu dans ces mêmes pays et que la variole a été éradiquée de la planète ? Alors, qu’en est-il de notre santé ? L’inquiétude face aux maladies liées à notre environnement est-elle légitime et fondée ou n’est-elle que la conséquence de la surmédiatisation des problèmes de santé ? Les risques sanitaires encourus par la population sont-ils plus importants aujourd’hui qu’il y a 20, 30 ou 50 ans ?
Les vingt-quatre cas de légionellose, dont cinq décès, déclarés entre juillet et novembre 2000 à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales d’Ille-et-Vilaine (DDASS) ont amené la rédaction de Sciences Ouest à enquêter sur l’état de la santé publique en Bretagne afin de comprendre le paradoxe énoncé ci-dessus tout en présentant les principaux protagonistes du système de santé. À partir des données de l’Observatoire régional de la santé, cette épidémie de légionellose ou plutôt ces « cas groupés » pour employer l’euphémisme administratif apparaissent comme un épiphénomène par rapport aux causes de mortalité les plus fréquentes en Bretagne que sont les cancers, les maladies des appareils circulatoires ou respiratoires ainsi que les suicides et les décès liés à l’alcoolisme. Encore des maux caractéristiques de notre mode de vie. Mais ne vaut-il pas mieux mourir d’avoir bien vécu ?

Marc-Antoine Martin.