Prospective sur la politique régionale

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Prospective sur la politique régionale

 


Recherche en Bretagne

Prospective sur la politique régionale


 


Jacques Berthelot et Claude Champaud
sont respectivement vice-président
et président du CCRRDT.
(photo Eugène Le Droff-Le Télégramme)

La Bretagne est classée au cinquième rang des régions françaises dans le secteur de la recherche. A l'occasion de la préparation du prochain contrat de plan, le Comité consultatif régional de la recherche et du développement technologique (CCRRDT), vient de publier des réflexions prospectives forts riches pour aborder l'avenir de la recherche en Bretagne. L'objectif est de renforcer l'excellence dans ce domaine vital pour le devenir de la région. A la clé, toute une série d'orientations qui se traduiront, par la suite, par des projets.

 

 

Présidé depuis treize ans par Claude Champaud, le CCRRDT a pour compétence d'émettre des avis sur la politique régionale de la recherche (qui sont transmis à l'Etat et à la Région). Une réunion exceptionnelle de ce comité s'est déroulée le 6 janvier dernier dans les locaux flambants neufs de l'Institut universitaire européen de la mer (IUEM) situé sur le technopôle de Brest. Cet institut de l'université de Bretagne occidentale rassemble 9 laboratoires avec déjà plus de 150 chercheurs. Le lieu choisi n'était donc pas anodin pour tenir cette réunion consacrée à la préparation du prochain projet de plan. Partie de presque rien il y a une trentaine d'années, la région rassemble déjà presque 4% des chercheurs français, soit plus de 4 000 personnes, pas très loin de l'objectif que s'était fixé le conseil régional dans les années 1980 : être à 5% en 2015. Les efforts entrepris se traduisent déjà par des résultats significatifs. Mais il faut continuer car, comme le rappelle Claude Champaud, "Il faut soutenir l'or gris dans la durée pour être performant dans ce domaine". Le pari de ne pas tout concentrer dans un endroit s'avère payant au niveau national voir international si les pôles de compétences sont forts et si des actions en réseau sont conduites.

 

Rester leader en télécommunications


Le CCRRDT a propose dans ce rapport de développer les axes de la recherche dans six domaines distincts. Dans les télécommunications, secteur vital pour l'économie, l'accent est mis pour que la Bretagne reste leader sans concentrer sur un seul site les personnels de Brest, Lannion et Rennes. A noter que les entreprises créées par les chercheurs ont eu un taux d’échec beaucoup plus faible que les autres entreprises. La prospective est un art difficile et Jean-Pierre Banâtre, directeur de l'Irisa (Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires), a même précisé que dans ce secteur les avancées sont tellement rapides qu'il y a quatre ans, un groupe d'experts avait omis de retenir Internet et le web comme axes de développement !

 

L'environnement reste une priorité


Dans le domaine des sciences de l'environnement, il a été rappelé que l'économie bretonne doit se développer sans sacrifier l'environnement et qu'il doit y avoir une reconquête de l'eau, des paysages et de la qualité de la vie. Un projet d'implanter un " écotron " en Bretagne a été proposé. Cet outil permettrait d'étudier l'influence des pratiques culturales sur les sols et d'étudier plus généralement tous les problèmes liés à l'environnement en lien avec l'étude des sols.


Cet équipement lourd de 15 MF, déjà présent au Japon, en Allemagne et en Grande-Bretagne est, pour le moment, inexistant en France. L'éducation à l'environnement a fait l'objet d'un axe prioritaire ainsi que la recherche sur les normes. En effet le public se doit d'être aujourd'hui informé et la Bretagne ne doit pas être en dehors de la formulation des normes.

Préparer le monde à venir


Dans le domaine des sciences de la vie et de la santé, l'accent est mis sur le soutien à la recherche médicale (génétique), au développement de liens entre différentes disciplines : biologie, chimie, médecine, pharmacologie… Plus spécifiquement, sur les entreprises agro-alimentaires qui représentent un des grands atouts de l'économie de la région, les demandes en matière de recherche concernent moins l'étude des processus quantitatifs que les aspects liés à la sécurité et à la qualité des aliments.


Sur les sciences et techniques marines, le souhait est de voir Brest jouer son rôle d'excellence. La reconquête de la vocation maritime de la Bretagne est une nécessité car comme l'a souligné Claude Champaud, "La Bretagne n'est jamais forte lorsque son développement maritime est menacé".


L'introduction des sciences humaines et sociales dans la politique régionale de la recherche est une nouveauté. Il traduit un effort particulier de les réintroduire dans l'univers des sciences. L'objectif de ces recherches est de comprendre et d'accompagner les mutations de la société afin de mieux les insérer dans le monde à venir.


Ce dossier très riche va être remis prochainement à l'Etat et à la Région. Souhaitons que cette formidable mobilisation, ayant rassemblé toutes les universités, grandes écoles, organismes de recherche et entreprises de la région, se traduise maintenant en projets et actions pour le prochain contrat de plan Etat Région.



Michel Cabaret.

 

 

 

120 MF en 1999

Le budget régional de la recherche sera de 55 MF pour l'année 1999. A cela s'ajoute des crédits à prendre en compte sur les budgets de l'environnement, de l'agriculture, de la mer et de l'innovation. Selon Jacques Berthelot; rapporteur général du budget au conseil régional, cela représenteras au total une enveloppe pour 1999 de 120 MF.


Contact :         Gaëlle Bujean,

tél. 02 99 27 12 78
fax 02 99 27 14 13
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