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An 2000 :
les nouveaux défis de l'élevage
En Bretagne et dans l'ouest, l'élevage pèse lourd, dans tous les sens du terme. Au sens positif, car l'élevage est l'un des moteurs de l'économie régionale. Au sens négatif aussi, car l'élevage est facteur de nuisances sur le paysage, sur l'environnement, sur l'image de la région
D'ailleurs, même sa force économique peut se révéler fragile lorsque les marchés se désorganisent (cf la crise porcine) ou quand la politique agricole commune s'engage dans la libéralisation. En septembre dernier, à Rennes, lors du Space (Salon de la production animale, carrefour européen), un grand débat réunissait des économistes, syndicalistes agricoles, industriels et responsables politiques autour des enjeux de l'agriculture de l'ouest face à l'agenda 2000. Ce débat, qui s'engageait sur des questions économiques, devait en fait aborder tous les défis auxquels sera confrontée l'agriculture -et donc l'élevage- de l'ouest : compétitivité, qualité, traçabilité, mais aussi nécessité d'un effort accru en matière de recherche et d'innovation. Il constitue une bonne introduction à notre dossier.
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L'élevage est un élément majeur de l'économie de l'ouest : les productions animales des régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire réunies, atteignent le niveau de celles de l'Espagne tout entière ou encore des Pays-Bas et de la Belgique réunis. Cette force économique (175 000 actifs agricoles, 100 000 salariés dans les industries agro-alimentaires, 250 milliards de chiffres d'affaires (1) a aussi ses faiblesses : les productions animales, contrairement à d'autres productions comme le vin ou les fruits, génèrent une faible valeur ajoutée ; de plus, l'agriculture de l'ouest se trouve dans son ensemble très largement soumise à la politique agricole commune : 23 % du revenu brut par exploitation est constitué d'aides communautaires. Et demain ? L'agenda 2000, c'est-à-dire la politique prévue par l'Europe pour les années 2000 à 2006, comprendra au moins deux éléments déterminants pour l'agriculture de l'ouest : l'entrée progressive dans l'union européenne de pays de l'Est (Roumanie, Pologne
) et une baisse des prix agricoles qui devront, libéralisation oblige (2), se rapprocher des prix internationaux. Selon les estimations faites par les économistes des chambres d'agriculture de Bretagne et Pays de la Loire (3), le revenu agricole devrait baisser, cette diminution étant partiellement compensée par une hausse des aides directes. Pour résumer, demain, les agriculteurs de l'ouest pourraient gagner moins, tout en étant encore plus " aidés " : les aides représenteraient alors 40 % du revenu brut par exploitation.
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Pourrons-nous continuer à être agriculteurs ?
Face à ces prévisions économiques, les réactions des différents participants à la table ronde organisée en septembre dernier au Space à Rennes, ont été plutôt critiques. Luc Guyau, président de la FNSEA (4), et Henri Gaino, ancien commissaire au plan, tout en rappelant que les aides à l'agriculture sont des "investissements qui rapportent" , ont dénoncé le fait qu'aux Etats-Unis, pays farouche défenseur du libéralisme, le revenu brut par exploitation était constitué à 85 % d'aides directes
"Comment dans ces conditions responsabiliser des gens dont le revenu dépend si peu de leur production ?" reprenait également Josselin de Rohan, président de la région Bretagne.Jean-Jacques Aubry, représentant du CRJA (5), s'inquiétait de l'avenir des efforts faits en faveur de l'installation des jeunes agriculteurs : "Nous avons fait le choix des hommes ; et tous nos efforts réalisés en faveur de l'installation peuvent être annihilés par une politique sauvage". Denis Manach, qui représentait la coopérative Coopagri, soulignait la contradiction existant entre la nécessité de baisser les prix agricoles et les exigences de qualité des consommateurs (notamment en matière de traçabilité, voir page 14). "La qualité est l'un des moyens de se protéger" reprenaient pourtant Jacques Arrivé, industriel de la volaille, et Henri Gaino,"mais sous réserve d'un engagement fort des autorités sur les normes et sur la traçabilité".
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S'en sortir par l'innovation
"Il s'agit bien en effet d'une question politique" confirmaient Josselin de Rohan, président de la région Bretagne et Jean-Luc Harousseau, vice président de la région des Pays de la Loire. Ce dernier rappelait qu'à l'époque de la première politique agricole commune, " on ne donnait pas cher des exploitations de l'ouest ; mais que les agriculteurs avaient su s'en sortir " grâce à leur savoir-faire, leur esprit d'initiative, leur sérieux, leur capacité d'innovation ". Face à " la nouvelle vulnérabilité de l'agriculture de l'ouest ", il insistait sur l'importance de la formation et de la recherche en agronomie, en transformation agro-alimentaire et en environnement. "Depuis 5 ans, les régions Bretagne et Pays de la Loire partagent leurs recherches dans ce domaine au sein du PAO (pôle agronomique ouest). Nous devons aller beaucoup plus loin".
C.P.
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| Contact : |
Chambre d'agriculture de Bretagne
tél. 02 99 59 43 33
Chambre d'agriculture des Pays de la Loire
tél. 02 40 16 36 36
PAO
tél. 02 99 27 12 83
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Le bio progresse en Bretagne
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La Bretagne est la troisième région française pour l'agriculture bio. "En 1997, on estime à 8100 ha les terres qui auront été cultivées en bio, et à 4800 celles cultivées en conversion (6), réparties dans 474 exploitations. Ce dernier chiffre devant monter à 550 ou 600 pour l'année 1998. A comparer avec celui de 1994 (265 fermes), et 1996 (347)..." décompte Anne-France Groulet, de la Fédération régionale de l'agriculture biologique (Frab). Elle poursuit : "On peut dire que le bio se porte bien en Bretagne, un autre chiffre le montre : en 1998, les surfaces en conversion devraient monter à 5700 ha..."
Pour l'élevage proprement dit, ce sont des cahiers des charges français qui réglementent pour l'instant la production. Mais l'Europe planche sur l'établissement d'un cahier des charges communautaire, à l'image de celui qui régit la production bio végétale.
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3300 vaches laitières sont élevées dans 101 fermes spécialisées, et produisent près de 9, 8 millions de litres de lait. Chez les caprins, ce sont 145 000 litres de lait qui sont produits dans 9 fermes bio et 6 en conversion. La viande bovine concernait, toujours en 1997, 756 places dans 21 fermes bio, et 19 en conversion. 8000 porc dans 52 fermes, tandis que les ovins comptaient 1900 individus dans 20 fermes bio, et 8 en conversion. Enfin, si il est difficile de comptabiliser les volailles, sachons qu'on estime celles destinées à l'abattage à plus de 180 000 têtes, mais que la majorité des 62 exploitations concernées produisent de l'uf.
Il y a 162 fermes bio en Côte d'Armor, 142 en Finistère, 79 en Ille-et-Vilaine, et 91 en Morbihan.
Sources : Observatoire de la production biologique 1997 (étude de la Frab et d'Inter bio Bretagne, sur un financement du Conseil régional de Bretagne)
K.G. & M.E.P
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| Contact : |
Fédération régionale de l'agriculture biologique
tél. 02 99 54 33 70
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| Notes : |
(1) Toutes productions agricoles confondues, les productions animales étant très majoritaires
(2) Imposée notamment par l'OMC (Organisation mondiale du commerce)
(3) Gino Boismorin et Jean-Paul Simier
(4) FNSEA : Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles
(5) CRJA : Centre régional des jeunes agriculteurs
(6) Production selon des méthodes bio, mais avec une "probation" de 2 ou 3 ans (suivant le type de production), avant de pouvoir bénéficier du label "Agriculture biologique"
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