Le cancer est un terrible fléau qui fait en Europe 500 000 victimes par an, soit environ une par minute. Pour combattre cette maladie, de multiples approches sont tentées. De la radiothérapie à la chimiothérapie, en passant par la chirurgie, l'arsenal médical s'emploie à soustraire de l'organisme (ou à détruire) les cellules cancéreuses. L'une des approches chimiothérapiques est originale sur le fond et sur la forme. Sur le fond, il s'agit de trouver le moyen de bloquer la réplication anarchique des cellules anormales, au cur même du mal. In vitro, certaines molécules, découvertes dans la nature et/ou synthétisées, remplissent cette fonction : elles empêchent la division de la cellule, la mitose. C'est le travail mené à la Station biologique de Roscoff : "L'enzyme CDK1 extraite des oursins et des étoiles de mer sert de cible pour essayer diverses molécules. Si l'on bloque l'activité de la CDK1, on bloque la division cellulaire", expliquait, dans Sciences-Ouest d'avril dernier (n°143), Laurent Meijer, directeur de recherche au CNRS et responsable de l'unité "Cycle cellulaire" à Roscoff. |
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Mais ces molécules, d'où viennent-elles ? La mer semble être un réservoir quasi-inépuisable de nouvelles molécules. C'est l'originalité sur la forme de la démarche entreprise par le chercheur roscovite : une équipe de la Station biologique de Roscoff, est allée directement plonger sur le terrain, en Polynésie française, et y a oeuvré avec un groupe de scientifiques américains, dirigé par George Robert Pettit, le directeur du Cancer research institute (CRI) de Tempe (Université d'état d'Arizona). Le but? Récolter des échantillons d'organismes invertébrés. Pourquoi des invertébrés, pourquoi si loin? Et pourquoi dans la mer? Quels sont les enjeux de cette coopération internationale, et pourquoi un traitement mis sur le marché est-il encore loin d'être réalisé ? Quels étaient les moyens pour assurer cette collecte sous-marine ? Ce dossier a l'ambition de répondre à ces questions, et quelques autres, pour une mission à laquelle L'Espace des sciences a directement participé, en déléguant un plongeur et reporter pour contribuer au travail des scientifiques venus de Bretagne.
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