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"Une école inscrite au cœur des nouvelles technologies de l'information et de la communication..." écrit Bernard Ayrault, directeur de l'Ecole nationale supérieure des télécommunications (ENST) de Bretagne, dans l'une des brochures de l'établissement. Cette citation décrit bien le rôle que s'est fixé cette école qui forme environ 200 ingénieurs chaque année. Bien implantée dans le secteur des nouvelles technologies, l'école l'est aussi dans son milieu: la Bretagne, mais aussi le monde entier.
Créée en 1977, bâtie sur la falaise, elle domine le goulet de la rade de Brest. L'ENST de Bretagne tire parti de son environnement naturel, pour en faire un élément de la qualité de son programme pédagogique et un site privilégié pour les multiples rencontres de rang international qu'elle organise et accueille. L'école est inscrite dans un univers très concret: la recherche au plus haut niveau, la vie de la cité toute proche, celle de la région toute entière et le concert des grandes écoles françaises, dont elle fait partie...
Détachée depuis cette année de la tutelle de France Télécom, pour celle du secrétariat d'Etat à l'industrie, cette école se dévoile un peu plus à l'occasion de son 20ème anniversaire. Bernard Ayrault, son directeur depuis un an, est chargé de mener le bâtiment sur les eaux de cette nouvelle autonomie...
Je crois à la convergence des technologies
"Je faisais mes études à Rennes lorsque l'on a lancé " Early Bird ", le premier satellite à avoir assuré des télécommunications entre le vieux et le nouveau continent. C'est alors qu'a commencé, en Bretagne, la grande aventure télécom. Je suis de ceux qui souhaitent qu'elle dure!" se remémore le directeur, qui évoque les thèmes qui lui tiennent à cœur, comme la transversalité des recherches: "l'école coopère beaucoup avec les établissements de recherche, universitaires, industriels ou militaires. Je crois à la convergence non des matériels, mais des technologies et surtout des méthodologies... Par exemple, les avancées dans le domaine de la propagation en milieu sous-marin servent pour la téléphonie mobile! De même, avec des contraintes spécifiques, les télécommunications liées à la défense ont de plus en plus besoin d'un véritable "opérateur de télécoms"...
Nous avons un ancrage régional très fort
"Les grandes écoles ne sont pas des boîtes noires qui reçoivent des jeunes gens doués pour en faire des ingénieurs : nous enrichissons le tissu régional, et sommes enrichis par lui. Nous interagissons! Ce sera d'ailleurs le thème d'un colloque de l'école: télécommunications et aménagement du territoire. Et cela signifie aussi coopérer avec le tissu industriel. Nos élèves le font déjà avec les divers projets, forums, années jeune ingénieur, ou même la junior-entreprise de l'école... Vous savez, "se faire remonter les bretelles" par une PME pour cause de retard dans une commande, c'est plus formateur que bien des cours! Et puis, sommes-nous les mieux placés à l'école pour donner seuls une culture d'entreprise à nos élèves? Non. Il faut établir des liens avec le secteur aval, utilisateur de nos ingénieurs, mais aussi avec des établissements comme les grandes écoles de commerce," appuie Bernard Ayrault. "Mais si nous avons un ancrage local très fort, nous cherchons aussi à avoir un rayonnement tous azimuts," poursuit-il, évoquant les multiples liens de l'école avec des établissements étrangers.
L'école ne doit pas rater les rendez-vous
"Les besoins de la société évoluent, et c'est un grand problème pour une école d'essayer de ne pas rater les rendez-vous... Nous avons par exemple intérêt à ce que nos options collent aux grandes questions de l'actualité. Nous ne pouvons pas risquer de nous enliser dans une certaine pérennité purement académique!" se refuse Bernard Ayrault, qui insiste encore sur le côté essentiel de la recherche appliquée à l'ENST de Bretagne: "Qui est vraiment maître de la technologie peut imposer sa norme!" Et l'école est bien placée pour former ses élèves à s'adapter et à créer dans ce contexte dynamique.
M.E.P.
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