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Michel Caugant SA
Entre tradition et permanence
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Michel Caugant : "La qualité, c'est la course à l'excellence !"
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Michel Caugant dirige le groupe qui porte son nom(1). Trois sites fabriquent diverses gammes de produits. À l'étiquette de la marque ou plus anonymement, au coin du rayon coupe d'une grande surface, vous les avez déjà rencontrés. Venu de la charcuterie traditionnelle, Michel Caugant revendique la qualité comme mode de production et de management.
"Pour mon père, charcutier installé à Rosporden dans les années 30, la qualité, c'était une obsession. Des commerçants bretons installés à Paris distribuaient une partie de sa production et, lorsque j'ai rejoint l'entreprise en 1955, il avait déjà une quinzaine de compagnons. La qualité, c'était alors une affaire de goût, une notion de plaisir, de bonne cuisine, de bonne charcuterie... J'ai continué dans cette voie pendant de nombreuses années et nous produisions sans nous préoccuper du prix, pour de petits distributeurs qui partageaient la même culture. Puis, la grande distribution a commencé à se développer et a voulu vendre ce qui se faisait dans les petites boutiques. Nous avons alors eu affaire à des acheteurs de Grandes et moyennes surfaces (GMS), pour qui le prix était l'élément essentiel. Dans cette logique, prix et qualité pouvaient être antinomiques", expose Michel Caugant. Du coup, le producteur et l'acheteur ne parlent plus le même langage... En 1967, la charcuterie quitte la boutique, en plein bourg de Rosporden, et devient une implantation industrielle : Caugant SA.
Culture et qualité
"Début 1970, nous avons commencé à travailler à l'export pour les Britanniques. Mais le dialogue concernant la qualité a vite tourné au dialogue de sourds ! Pour eux, le défaut de qualité, ce pouvait être le point noir sur le pâté, même s'il provenait d'un grain de poivre... Ou encore, l'étiquette apposée de travers ou un corps étranger. Chez nous, si on trouve un plomb de chasse dans une terrine de gibier, c'est plutôt un bon point. Pour eux, il s'agit d'une dent à rembourser ! Nous avons dû nous équiper de détecteurs de métaux. Il ne me serait pourtant jamais venu à l'esprit qu'il pouvait y avoir des corps étrangers dans mon pâté!", sourit Michel Caugant. L'entreprise s'est alors engagée à respecter tout un cahier des charges et a vécu dans les années 80 toutes les procédures qualité qui n'ont été popularisées en France que dix ans plus tard... "Nous avons été la première entreprise agroalimentaire de la région certifiée ISO 9001. J'ai aussi dû réviser certaines de mes conceptions. Le côté «plaisir», par exemple, diffère selon le client et je ne suis pas le meilleur juge pour cela. Nous avons abandonné notre «impérialisme du goût», pour nous fier à un panel de consommateurs. Nous avons intégré quel type de clientèle avait tel pouvoir d'achat... À présent, la qualité, c'est pour nous la permanence et la fiabilité à une qualité déterminée par l'étude marketing, appuyée sur des analyses sensorielles. Le prix est devenu essentiel : mon client achète en supermarché et je ne peux m'affranchir de ce qu'il peut s'offrir. Il n'y a que dans les charcuteries de Noël qu'on se fait plaisir ! Mais nous ne faisons jamais de premier prix".
Le management par la qualité
"La qualité est devenue notre mode de management, dans tous les actes de la production. Le plus long a été d'établir des indicateurs de qualité et de non-qualité pour tout. Cette façon d'appréhender la qualité par la norme n'était évidente pour personne. Mes collègues ont râlé parce qu'ils avaient appris à travailler avec un couteau, pas un crayon à la main. Quant à moi, heureusement que j'avais des cadres à la culture un peu plus fraîche !". Une fois la marche franchie, rien à regretter : "C'est un travail assez colossal à mettre en place. Mais à présent, chaque groupe d'employés voit ses courbes et connaît ses indicateurs. Chacun sait ce qu'il a à faire s'il détecte un signe de non-qualité. Non seulement, on récupère l'investissement en rattrapage de la non-qualité, mais aussi en motivation des employés et en ambiance de travail..."
ME.P.
Notes :
(1)Michel Caugant préside aussi, depuis 1974, l'Adria (Association de développement et de recherche pour les industries agroalimentaires).
Contact :
Michel Caugant,
tél. 02 98 98 52 00. |
Armoric : pérenniser la qualité
Dans le domaine des IAA, deux entreprises finistériennes ont reçu le prix Qualité Bretagne, décerné pour la 4e fois en fin d'année dernière. Narvik, à Landivisiau, qui fabrique et commercialise des produits de saurisserie et Armoric à Quimper, spécialisée dans la fabrication de saumons et truites fumés. Gilles Charpentier, dirigeant la société Armoric, livre quelques réflexions sur la qualité.
"Nous avons décidé de baser sur la qualité la renaissance de notre entreprise, qui vivait, il y a 3 ans, une situation de chaos technique et commercial. Nous nous sommes spécialisés dans le segment du "poids fixe/ tranche fixe". Pour cela, il a fallu créer une base de données informatiques, afin d'optimiser le travail des trancheurs. Nous avons aussi salé notre produit à la main et procédé au fumage au bois de hêtre". Comment pérenniser cette qualité ? "Il a fallu mettre au point un système d'assurance-qualité, pour maîtriser process et hygiène. Nous avons à présent 7 personnes qui travaillent en permanence sur la qualité. Nous avons analysé les points cruciaux et mis en place les contrôles", retrace Gilles Charpentier. "Nous nous engageons à ce que notre produit soit sain, bon, et à le livrer sous une forme toujours plus pratique. Doté d'un film qui se dessoude facilement, par exemple, ou comportant la date limite de consommation sur la fenêtre transparente, ce qui nécessite des investissements. Et tous ces services, Armoric veut les apporter au meilleur coût à ses clients".
Contact :
Armoric ,
tél. 02 98 64 72 72.
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