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Renforcer encore l'Europe de la recherche et
Forte de ses réalisations des quarante dernières années et des programmes en cours dans tous les domaines, l'Europe de la Recherche ne doit pas baisser les bras face au Japon et aux Etats-Unis. Elle doit au contraire renforcer son action et ses investissements. La coopération scientifique qui s'amorce avec les pays de l'Est, riches d'un énorme potentiel de savants et de chercheurs, pourrait dans les prochaines années, assurer à l'Europe communautaire un leadership mondial. L'Europe Scientifique a presque toujours devancé l'Europe Economique et Politique ; de nombreux exemples le montrent : le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire), l'ESA (Agence Spatiale Européenne), l'EMBL (Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire), le JET (plus grand réacteur à fusion thermonucléaire du monde), etc. L'Europe est la deuxième puissance scientifique et technologique du monde après les Etats-Unis et devant le Japon ; les gouvernements de Bruxelles ont bien compris l'importance des activités de recherche fondamentale, appliquée et industrielle, en augmentant les sommes affectées à ces actions : en douze ans, le budget annuel de recherche et développement des Douze a été multiplié par dix (240 millions d'Ecus en 1980 à 2 400 millions d'Ecus en 1992). C'est un grand défi pour la recherche communautaire, que l'Acte Unique a défini en 1985 comme une politique d'accompagnement du grand marché, destinée à renforcer les bases scientifiques et techniques de la compétivité internationale des entreprises européennes. Le Traité de Maastricht va donner une nouvelle impulsion, puisque onze articles (130F à 130P) concernent la recherche scientifique. Ce traité affirme une politique industrielle appuyée sur une recherche scientifique commune. Dans cet espace, la France, et le CNRS en particulier, ont mis en place un dispositif tout à fait original lié à leurs priorités européennes ; une antenne permanente à Bruxelles, la création du CLORA (Club des Organismes de Recherche Associés), la mise en place du réseau des chargés de mission Europe, la création des LEA (Laboratoires Européens Associés), etc. Ces structures ont évidemment contribué à renforcer la dynamique fonctionnelle du CNRS et son intégration dans l'espace scientifique européen. Puissent se poursuivre les efforts partagés de tous, pour participer à l'évolution des prises de conscience de notre construction commune et contribuer à favoriser les partenariats européens. C'est une mission essentielle à poursuivre et à renforcer au moment où s'ouvre le grand marché de 1993. Jean Bouleau,
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