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la santé en Bretagne La Bretagne est réputée pour sa qualité de vie : l'air y est sain, les conditions de travail et de transport y sont moins stressantes qu'en région parisienne. Pourtant, l'espérance de vie y est plus faible que dans le reste du pays : 2 ans de moins pour les hommes.
Plus préoccupants sont les suicides, responsables de 2 fois plus de décès que les accidents de la route, et en constante augmentation. Un phénomène nouveau est apparu dans les années 70 : le suicide des femmes. Qu'en est-il de la qualité de vie en Bretagne ? Le suicide touche en particulier les veufs ou divorcés, vivant en milieu rural, quelle que soit la région. Mais l'importance du secteur rural en Bretagne n'explique qu'en partie cette surmortalité par suicides. D'autres causes sont à rechercher dans un contexte culturel et social. Un autre fait marquant est l'importance des maladies de l'appareil digestif et respiratoire. Pour ces dernières en particulier, les Bretonnes se démarquent de leurs compatriotes : + 39 %
Il est difficile d'établir exactement la mortalité liée à l'alcoolisme, car elle se manifeste de différentes manières : cirrhose du foie, psychose, voire problèmes respiratoires. Pour la cirrhose, le Morbihan reste en tête des départements français, mais, comme dans les autres départements bretons, la consommation d'alcool par personne diminue considérablement depuis 20 ans : moins 40 %.
Pour vivre vieux, il vaut mieux habiter en Ille-et-Vilaine que dans le Morbihan. Ceci est en relation avec la configuration géographique des deux départements. Le Morbihan est limité par une côte relativement longue, et n'a pas de grande ville comme Rennes. En effet, la mortalité est plus faible dans les zones urbaines et plus importante dans les cantons littoraux. Quant aux villes du littoral (Brest, Lorient, Saint-Malo), elles subissent les deux influences.
Historiquement, la Bretagne s'est longtemps démarquée des autres régions par son style de vie. Mais ces différences tendent à disparaître, et les consommations d'aliments, d'alcool et de tabac se rapprochent progressivement des moyennes nationales. La surmortalité bretonne est-elle appelée à disparaître ? Vraisemblablement pas, car il reste un facteur contre lequel l'homme reste impuissant : le climat. La Bretagne est dans la mauvaise moitié de la France, le Nord, où l'on vit moins longtemps que dans le Sud. Peut-être n'est-ce qu'une question de pastis, de pétanque et de sieste !
Plusieurs dispositifs se consacrent à l'amélioration de la santé en Bretagne. A Brest, le Centre de transfusion sanguine est en train de s'équiper pour la recherche sur la mucoviscidose. A Plœmeur, près de Lorient, le Centre de Kerpape s'évertue à faciliter la vie des handicapés. D'autres actions sont menées pour sensibiliser les populations : à Rennes, la Ville et d'autres partenaires, dont l'Espace des sciences, organisent en juin prochain un événement national sur le thème "La santé dans la ville".
(3) ENSP : Ecole nationale de la santé publique, à Rennes.
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