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La démarche en Bretagne
La Bretagne : Etat des Lieux
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La démarche en Bretagne



Dans le contexte économique moderne, la science et la technologie se placent au cœur des stratégies de compétition. Ceci vaut aussi bien au niveau international qu'au niveau interrégional.

En France, la répartition de l'enseignement supérieur et de la recherche publique contribue à l'hypertrophie de la région parisienne et le redéploiement géographique des activités de recherche a été retenu par le gouvernement avec l'objectif de faire passer, dans une étape intermédiaire, le poids de l'Ile-de-France de 52% à 48%. Une ample réflexion a été engagée pour guider des décisions en ce sens, avec la préoccupation de développer en régions des sites où la recherche soit conduite au meilleur niveau et puisse nourrir l'activité économique, sans se détourner de ses objectifs fondamentaux.


Six mois = un livre

Faisant suite au rapport d'Alain Mailfert, (Recherche et territoire, février 1990), alors que les grands organismes nationaux de recherche étaient invités à élaborer des schémas stratégiques régionaux de développement, l'initiative des livres blancs régionaux était prise avec pour objectif de dresser un inventaire prospectif des profils scientifiques et technologiques des régions. Elle a été officiellement lancée par Hubert Curien, Ministre de la recherche et de la technologie et par Jacques Chérèque, Ministre délégué à l'aménagement du territoire et aux reconversions, après la tenue d'un CIAT (Comité interministériel à l'aménagement du territoire) fin novembre 1990. Les préfets de région, chargés de désigner et de présider un comité de pilotage de la réalisation du Livre blanc de la recherche et de la technologie, ont la responsabilité de l'opération animée par le Délégué régional à la recherche et à la technologie. Ils désignent le rapporteur général, rédacteur du document.
En Bretagne, le préfet Edouard Lacroix a souhaité associer étroitement les collectivités territoriales à cette démarche de l'Etat. Le président du conseil régional fut invité permanent au comité de pilotage, qui réunissait de nombreux membres du CCRRDT(1) et du CES(2) : présidents des universités, responsables des grands organismes de recherche, le directeur d'une structure de transfert, des industriels, un représentant de la culture scientifique et technique (voir Sciences-Ouest n° 65) ainsi que le recteur de l'académie, chancelier des universités. Dès le début de l'opération, les collectivités territoriales, Région, conseils généraux, grandes villes, ont été entendues. Leurs avis sur le document ont été recueillis.


L'Affaire des chercheurs

Il a été voulu par le préfet que la préparation du Livre blanc de la recherche et de la technologie engage largement les acteurs, les chercheurs et enseignants chercheurs, mais aussi ceux de l'industrie, dans une ample réflexion à la base, comme ils l'avaient fait lors des assises de la recherche. Une cinquantaine de thèmes fédérateurs furent lancés. Les noms des animateurs et leurs coordonnées largement diffusées, permettaient à chacun de ceux qui voulaient participer à la réflexion de s'y associer dans une démarche trans-institutionnelle. On peut évaluer à 1500 environ le nombre de ceux qui l'ont fait, si bien qu'en Bretagne, la communauté scientifique au sens large s'est appropriée le Livre blanc.
Un groupe de rapporteurs a collecté le fruit de cette analyse et réflexion prospective pour en faire la synthèse avec le rapporteur général dans des délais excessivement courts. Pour cause d'événements du Golfe, le comité de pilotage a tenu sa première réunion seulement le 1er février 1991, et le 25 juin 1991 il donnait le "nihil obstat" aux rapporteurs qui remettaient l'ouvrage le 25 juillet 1991 au Ministère de la recherche et de la technologie. En cinq mois, rencontres et échanges des groupes de réflexion thématique prospective ont été complétés par des réunions d'industriels, des rencontres de responsables institutionnels, des réunions interrégionales.


Le devenir des Livres blancs

Les Livres blancs sont actuellement dépouillés par les départements scientifiques du Ministère de la recherche et de la technologie et par la DATAR(3), où arrivent les schémas prospectifs régionaux de développement des grands organismes nationaux de recherche. Les convergences, les divergences y sont repérées en vue d'arbitrages. Y sont aussi repérées les vaines prétentions. Un dialogue avec les Délégués régionaux à la recherche et à la technologie a eu lieu à la fin du mois de novembre. Les 4, 5 et 6 décembre 1991 aura lieu au Ministère de la recherche et de la technologie un grand colloque de prospective sur le thème "Recherche, Régions et Europe". En fin d'année, un CIAT déterminera les grandes options de l'Etat prises à partir de l'ensemble de ces contributions.
Mais 1992 sera l'année de la préparation du prochain contrat de plan 1994 - 1998 et le Livre blanc sera un document de référence pour son élaboration, puisqu'il recense l'état de la recherche régionale et de ses pôles majeurs, lance l'analyse prospective du développement régional de la recherche et propose des projets de recherche porteurs, ainsi qu'un schéma régional de la culture scientifique et technique. En l'état, le Livre blanc de la recherche et de la technologie n'est pas une entreprise achevée. Le volet technologie y est très incomplètement traité et 1992 sera consacré particulièrement à cet aspect. Dans son ensemble, il mérite une réactualisation permanente afin que nous possédions en région un support pour guider les décisions stratégiques et tactiques concernant le développement des moyens de la recherche, de la technologie et de la culture scientifique et technique, dont la Bretagne a besoin.

Jean Hameurt, Délégué régional à la recherche et à la technologie pour la région Bretagne.




Notes :

(1) CCRRDT : Comité consultatif régional de recherche et de développement technologique.

(2) CES : Comité économique et social.

(3) DATAR : Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale.