Des technologies à la recherche en environnement

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Des technologies à la recherche en environnement



Depuis toujours, l'homme a perfectionné les outils qui lui ont permis de s'affranchir des contraintes du milieu et de disposer des ressources indispensables à sa survie puis à l'amélioration de ses conditions de vie. Cette démarche tend à s'amplifier, et à s'accélérer au rythme des découvertes scientifiques et de leurs applications, mais aussi en fonction de l'explosion démographique de l'humanité.


Illustration G. Gautier

La prise de conscience des conséquences de cette évolution sur l'environnement n'est pas récente, puisque dès 1821 les compagnies responsables de la chasse à la baleine avaient constaté la raréfaction de tous les cétacés et phoques à proximité du continent antarctique, sans pour autant prendre les mesures indispensables. Depuis, les concepts d'exploitation et de gestion des ressources biologiques ont abouti à des mesures indispensables pour conserver nos coquilles Saint-Jacques, langoustines, et autres crustacés etc. Pour autant, il s'agit là d'un cas particulier qui constitue un secteur très précis de ce que l'on place aujourd'hui dans les sciences de l'environnement.


Comment naissent les problèmes d'environnement ?

D'une façon générale, les questions d'environnement sont mieux perçues lorsqu'elles affectent directement nos intérêts, notre santé, et aussi notre sensibilité. Nous avons tous été sensibles aux grandes catastrophes écologiques que sont les marées noires, surtout par leurs répercussions sur la qualité des sites touchés, et par les images désolantes d'un cormoran mazouté. De même, l'incendie de la forêt de Brocéliande, bien que beaucoup moins important que les incendies méditerranéens, est marquant en raison de la richesse symbolique du site. La question des nitrates est actuellement dans tous les esprits en raison des risques que ces substances peuvent entraîner, dans des cas particuliers, pour la santé humaine. Il en est de même du bruit, des odeurs, des déchets, des pesticides, etc. et pourtant, jusqu'à présent, nous sommes insuffisamment informés de phénomènes beaucoup plus discrets, mais qui n'en sont pas moins graves.
Aujourd'hui, des problèmes de portée générale ont été soulevés par la communauté scientifique à l'échelle de notre planète après la constatation d'une augmentation constante de notre consommation d'énergie, d'engrais, de,pesticides, et de l'importance de nos rejets toxiques dans les océans, l'atmosphère, et les continents. C'est ainsi qu'en 1986 s'est tenue à Berne la première réunion sur les conséquences globales de l'augmentation de la teneur en gaz carbonique de notre atmosphère, et la destruction de la couche d'ozone à proximité des pôles ; la première est liée à l'industrialisation et la déforestation, la seconde pour une part à l'utilisation de chlorofluorocar-bones (CFC). Dans ce cas, ce sont des processus extrêmement complexes, encore en partie mal expliqués. Ils se déroulent sur des périodes très longues de l'ordre du siècle et mettent en jeu des interactions multiples entre des milieux naturels (forêts, océans, continent Antarctique), des activités humaines, et l'atmosphère terrestre. En résumé, il s'agit là d'une approche de notre planète considérée dans ce cas comme un système dont il convient de mieux connaître le mode de fonctionnement. Cette première réunion de 1986 a permis de créer le programme de recherches internationales intitulé : "International Geosphere Biosphère Program".


De quelle façon peut-on
envisager une technologie de l'environnement ?

Les technologies peuvent aussi bien concerner la mise en œuvre de procédés de traitements destinés à réduire les effets immédiats d'une pollution locale, d'une contamination ou d'une nuisance, ou bien à contrôler à moyen terme la dynamique d'une pollution, ou de la contamination d'un système écologique. Le plus souvent, les techniques mises en œuvre relèvent de la chimie, de la physique, des mathématiques, de l'informatique, de la biologie et demandent une spécialisation dans ces disciplines. Des industriels ont déjà étudié des options technologiques en relation avec la restauration éventuelle de la couche d'ozone. Notre sensibilité toute récente aux questions d'environnement porte en elle le danger de voir se disperser les activités dans ce domaine sans aucune concertation, chacun dans son domaine étant persuadé, de bonne foi, de répondre aux questions posées. En réalité, les technologies et les recherches doivent être pluridisciplinaires, et doivent permettre d'identifier dans l'espace et dans le temps les répercussions de toute activité humaine afin de mettre en place toute mesure de contrôle ou de régulation des systèmes écologiques.


Daniel Cluzeau et Paul Tréhen .
Station biologique de Paimpont.