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Métal et bois, matériaux traditionnels de la marine, ont peu à peu fait place aux plastiques, plus légers, plus résistants et moins chers. De plus, les coques en plastique nécessitent moins d'entretien. Tout ceci a contribué au développement de la navigation de plaisance, sans pour autant que cela devienne accessible à tout le monde : la plaisance est toujours un loisir d'élite, même si cette élite s'est progressivement élargie.
Les grands voiliers
L'un des moteurs de la plaisance (outre les voiles), est la compétition de haut niveau. La course du Fastnet, le Tour du Monde à la voile, la Route du Rhum, le Vendée Globe Challenge et la prestigieuse coupe de l'America, sont autant d'occasions de promouvoir la plaisance. Des sommes énormes sont englouties dans ces courses, les techniques et les matériaux les plus sophistiqués sont exploités pour aller toujours plus vite, toujours plus loin. Le niveau de technicité de ces super-bateaux rejoint celui de l'aérospatiale, d'ailleurs les matériaux sont sensiblement identiques et les calculs d'hydrodynamique et d'aérodynamique ont des applications dans un secteur comme dans l'autre.
L'équilibre du bateau
L'utilisation de nid d'abeille(1) et de carbone pour les coques, de fibres synthétiques pour les voiles, n'a pas pour simple but de réduire le poids du bateau et de rigidifier sa structure. En fait, ce que recherche l'architecte maritime, c'est une bonne répartition du poids du bateau, qui doit rester le plus stable possible sur son support mouvant qu'est la mer. C'est le principe du métronome : si le poids est concentré au pied de l'axe d'oscillation, les mouvements de balance de part et d'autre de la verticale sont courts et rapides. Un bateau dont tout le poids est localisé au pied du mât reste droit, ne déplace pas d'eau et va plus vite qu'un bateau qui "tangue", se balance au gré de la houle et des vagues. Le succès des multicoques, catamarans ou trimarans, tient en grande partie au fait que ces bateaux restent toujours droits sur l'eau. Un coursier rapide a un mât, en métal ou en carbone, centré sur la quille, très lourde, qui assure la stabilité du bateau. Tous les accastillages lourds sont placés non plus à l'arrière du bateau, près du barreur, mais au pied du mât. Les pièces qui ne peuvent être déplacées sont construites en matériaux très légers : les ferrures sont en titane, toutes les pièces rajoutées comme le réservoir d'eau ou d'essence sont en matériaux composites légers.
Le rôle de l'architecte
Grâce à l'informatique, les formes des bateaux et des voiles sont soigneusement calculées, puis transmises à des machines qui découpent les formes avec une précision de l'ordre du millimètre, pour un bateau qui fera 20 mètres de long. Ces calculs, très compliqués, sont réalisés par des architectes. Si en plus ce sont des navigateurs, ils peuvent eux-mêmes tester leurs réalisations, et enrichir la rigueur de la théorie par l'expérience de la mer. Sur la zone artisanale de Kermarquer, près de la Trinité-sur-Mer, se concentrent les plus grands constructeurs de Bretagne. Bernard Fournier et son atelier "B et B" construit les bateaux, la voilerie North fabrique les voiles et Technique Gréement fournit la mâture et l'accastillage. A chaque grande course, leur travail est jugé sans complaisance. S'ils sont moins connus que Mike Birch, ils font pourtant la course sur le même bateau : dans ce milieu de prestige qu'est la haute compétition, tout le monde doit être le meilleur, du voilier au skipper. Le marché de la plaisance est en régression, seuls resteront les plus performants.
Notes : (1) Nid d'abeille : structure alvéolaire synthétique, rigide et légère.
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