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Le phytoplancton toxique réapparaît, comme chaque année à même époque, sur le littoral breton. C'est l'une des préoccupations et l'un des thèmes majeurs de recherche de la station IFREMER de Concarneau. Un sujet d'actualité...
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Le Dictyocha spéculum, quelques dizaines de microns de diamètre mais dangereux pour la faune marine. |
Depuis le mois de mai dernier, les côtes finistériennes et morbihannaises sont à nouveau touchées par la prolifération d'algues microscopiques contenant des substances toxiques. Des interdictions de pêche aux coquillages ont été lancées par les autorités préfectorales. En amont de ces décisions, s'exerce la vigilance de la station IFREMER de Concarneau qui observe en permanence la progression du phytoplancton dans les eaux littorales et prévient les autorités lorsque cela s'impose. Grâce à de fréquents prélèvements effectués sur l'ensemble des côtes du Finistère elle assure l'identification des différentes espèces, les dénombre et étudie leur toxicité. Deux genres de dinoflagellés toxiques font l'objet d'une surveillance toute particulière dans les programmes mis en place par l'IFREMER depuis 1984 ; il s'agit de Dinophysis et Alexandrium. Ces phytoplanctons producteurs de toxines DSP (Diarrheic Shell-fish Poison) pour l'un et PSP (Paralytic Shellfish Poison) pour l'autre sont responsables chez le consommateur d'un nombre plus ou moins élevé d'intoxications selon les années - 3 000 intoxications diarrhéiques en 1983 par exemple provoquées par l'apparition simultanée de plusieurs espèces de Dinophysis en Bretagne sud et sur les côtes normandes -. Le Dinophysis apparaît chaque année de mai à septembre, avec un maximum saisonnier en juin pour la Bretagne sud. La présence de ces dinoflagellés tout comme celle d'autres espèces a des conséquences économiques non négligeables dans la région : interdiction de commercialisation de coquillages, mortalité des animaux marins. En avril 1987, la quasi totalité d'un élevage de truites de mer en baie de Douarnenez disparaissait du fait d'une espèce Dictyocha spéculum (plus d'un million de cellules par litre) tandis qu'en septembre 1987, 50 % du cheptel mytilicole était détruit en rivière de l'Elorn à cause d'une marée colorée à Prorocentrum micans (plus de 10 millions de cellules/litre).
L'année 1988 a été marquée par l'apparition, en très grand nombre (plus de 2 millions de cellules/litre) en Bretagne nord, de l'espèce Alexandrium minutum qui provoque des eaux rouges et rend les coquillages filtreurs, en particulier les moules et les huîtres, très toxiques. Déjà repérée en 1985 en baie de Vilaine, cette espèce très répandue dans le monde était considérée jusqu'en 1987 comme non productrice de PSP et donc non responsable d'intoxications. Contrairement au DSP, le Paralytic Shellfish Poison n'avait jamais été trouvé en France auparavant ; cependant en 1900 et 1905, plusieurs intoxications paralytiques furent signalées dans le Nord de la France sans avoir pu déterminer l'agent responsable. Observée par la station de Concarneau en août 1988, en amont de l'Aber Wrac'h, la marée colorée fit l'objet d'analyses poussées révélant de fortes concentrations de PSP dans les moules. L'ingestion de coquillages contaminés entraîne des malaises chez le consommateur pouvant aller jusqu'à la paralysie respiratoire. De plus, la cuisson des coquillages ne suffit pas à les rendre inoffensifs. La station fit interdire très rapidement la pêche, le transfert et la commercialisation des coquillages du secteur pendant quinze jours. La veille sanitaire assurée par la station a permis d'observer le phénomène en temps voulu et de le suivre. Aucune intoxication n'a été signalée grâce à la décision précoce d'interdiction de pêche. Selon Elisabeth Nezan, chef adjoint du laboratoire "ces mesures, quoique contraignantes pour les professionnels ont reçu l'appui de leurs représentants soucieux avant tout de l'image de marque de leurs produits".
Cette année, les conditions climatiques observées au mois de mai, semblent particulièrement favorables à la prolifération du phytoplancton. La station IFREMER de Concarneau poursuit sa mission et chacun pourra déguster les coquillages bretons livrés sur le marché avec l'étiquette sanitaire délivrée par la station, gage de qualité...
Guy Piclet, IFREMER, Station de Concarneau, 13, rue de Kérose, 29110 Concarneau, tél. 98 97 43 38.
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Nombres cumulés de blooms à A. minutum, Dinophysis et G. aureolum. |
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QUALITE DES EAUX ET DES PRODUITS
Inaugurée en juin 1988, la station IFREMER de Concarneau, laboratoire CSRU (contrôle et suivi des ressources et de leur utilisation) est rattachée à la direction des ressources vivantes. Elle s'est vue confier trois missions principales : contrôle du milieu marin, suivi des ressources et assistance technique aux professionnels. Toutes trois répondent à un même souci : assurer la santé publique tout en permettant aux professionnels de poursuivre leurs activités dans les meilleures conditions. L'objectif principal de la station : sauvegarder voire reconquérir la qualité des eaux littorales.
Pour mener à bien cet ambitieux programme, la station dispose de plusieurs laboratoires : analyse microbiologique et mesures physico-chimiques, suivi du plancton, traitement informatique des données, suivi des industries de traitement. Elle joue également un rôle de conseil et donne des avis aux instances officielles et aux administrations. Guy Piclet dirige une équipe composée d'une dizaine de personnes. |
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