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Les technologies marines en Bretagne

 


LES TECHNOLOGIES MARINES EN BRETAGNE



Ambroise Guellec, Secrétaire d'Etat à la mer, nous parle de sa région et des activités qui s'y développent.


Sa façade maritime et ses espaces agricoles ont, de tous temps, représenté les atouts majeurs de la Bretagne. Après une longue période de stagnation et de sous-utilisation de ses richesses naturelles, la région a pris conscience, depuis quelques décennies, du potentiel dont elle dispose dans le domaine de la mer : une situation géographique unique en France, pour assurer l'exploitation des ressources marines d'origine animale ou végétale, associée à un savoir-faire incontestable en matière de technologies marines.


Essais d'une maquette de navire dans le bassin d'essais du centre IFREMER de Brest.
Photo IFREMER.




Les pêches bretonnes représentent près de la moitié des pêches françaises. Il était dès lors logique que se développe en Bretagne un très important secteur de recherche dans le domaine océanologique, avec, en particulier, la présence du centre IFREMER de Brest et de ses stations et laboratoires. A noter également l'action menée par le centre de télécommunications spatiales de Lannion, en matière d'application des télécommunications à la pêche, qui contribue à faire de la région un pôle de recherche dans ce domaine.


• Dans le secteur de la construction navale,
la vitalité des chantiers bretons de construction de bateaux de pêche, s'appuie sur une technologie en constante et rapide évolution. Ainsi, la société bretonne de construction navale de Loctudy a mis au point une fabrication de bateaux en bois moulés. Il convient de citer aussi différentes innovations techniques ou appareillages nouveaux à bord des navires de pêche, tels que : un courantomètre statique à mémoire digitale (Suber à Brest), un ordinateur de bord (Tirilly au Guilvinec), des balises de détresse (Serre dans le Morbihan), une ancre de conception nouvelle (Ateliers et chantiers de la Perrière à Lorient) et, plus connus du grand public, les aires flottantes inventées par Colter à Concarneau.


• Dans le secteur agro-alimentaire,
de multiples produits nouveaux sont apparus sur le marché, mis au point par des entreprises anciennes ou récemment
créées, qui ont su s'adapter à l'évolution des goûts et habitudes alimentaires : soupes de poissons, plats cuisinés préparés par de petits ateliers de charcuterie traditionnelle (par exemple, le couscous de thon fabriqué par la société Jelem à Redon). Sous l'impulsion de quelques entreprises dynamiques, localisées sur le littoral breton, la commercialisation du poisson en frais, trouve des débouchés nouveaux et importants, en présentant le poisson à la pièce emballé dans des barquettes en matière plastique sous atmosphère contrôlée.

Les recherches, dans le domaine algologique, ont permis le développement de toute une industrie alimentaire régionale : production de boissons à base d'algues proposées par les sociétés Goëmar de Saint-Malo ou Guichoux de Carantec, salades de laitue de mer par la coopérative Coopagrois, pains et biscuits d'algues. A noter les recherches du centre de Pleubian, dans les Côtes d'Armor, qui a notamment mis au point, à partir de l'algue verte, un aliment destiné à l'alimentation des poules pondeuses.

En matière de conchyliculture, la Bretagne s'est intéressée à la nouvelle technique d'élevage des moules sur filières immergées en mer, avec des résultats positifs (Bretagne casiers à Roscoff).


• Dans le secteur des produits industriels marins,
d'intéressantes innovations technologiques doivent être signalées. Ainsi la Bretagne développe une industrie exportatrice de produits cosmétiques à base de dérivés d'algues (Jobalg, Goëmar). De même, la société Lyraz, en association avec IFREMER, oriente son activité vers la fabrication de produits destinés à l'industrie pharmaceutique, à partir de déchets de poissons. La SFIM, à Concarneau, travaille sur la fabrication de pilules de concentrés de protéines, obtenues par hydrolyse enzymatique de chair de poisson. Par ailleurs, la TIMAC à Saint-Malo, qui fabrique des engrais, a mis au point une unité de broyage automatique de maërl.


Enfin, en matière de recherche-développement, la Bretagne dispose, avec l'IFREMER, l'ADRIA et bientôt l'Institut Technique de Développement de produits de la mer de Lorient, d'instruments remarquables pour initier et favoriser les transferts de technologie. Ainsi l'IFREMER, en appui de la profession, met au point des techniques nouvelles favorisant l'exploitation des ressources existantes ou nouvelles.

Il convient de signaler particulièrement son bassin d'essais des engins de pêche de Lorient, outil indispensable à la profession. Ces multiples actions de développement technologique dans le domaine maritime témoignent de la volonté des bretons de conserver et d'affermir leur position privilégiée dans l'exploitation et la valorisation des produits et ressources de la mer. Elles illustrent leur esprit d'initiative, et leur capacité à surmonter les handicaps naturels de leur région par l'utilisation intelligente des techniques les plus modernes. La progression remarquable constatée au cours des dernières décennies ne sera poursuivie que dans la mesure où se maintiendront des relations étroites et confiantes entre les centres de recherche et les professionnels, et où seront constamment remis en cause les résultats déjà obtenus. A ces conditions, seront assurés la création ou le développement des nombreuses entreprises du secteur maritime breton, atout majeur de l'économie régionale.



Ambroise GUELLEC

Secrétaire d'Etat à la Mer