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L'INSERM à Rennes
Interview de Philippe Lazar

 


L'INSERM A RENNES



L'UNITE 49

L'opération "Quand les sciences de la vie changent la vie" a été l'occasion pour les médias rennais de s'intéresser à la seule unité de recherche INSERM existante en Bretagne : l'Unité 49 dirigée par le professeur Bourel qui a mis au point la culture des cellules du foie (hépatocytes). L'Unité 49, c'est actuellement 6 chercheurs à temps plein (5 INSERM, 1 CNRS), 9 enseignants-chercheurs, 6 étudiants, 9 techniciens et administratifs.


Un lent démarrage

A partir des travaux déjà engagés à l'Hôtel-Dieu par l'équipe du professeur Bourel, l'Unité 49 s'installe en 1969 dans des locaux neufs au CHU et est renforcée par la venue de nouveaux chercheurs. Jusqu'en 1978, l'Unité 49, comme beaucoup d'Unités de province, connaît des difficultés du fait de l'isolement géographique, du faible nombre de chercheurs et surtout du manque de chercheurs confirmés.
Tous les chercheurs travaillant actuellement au sein de l'Unité sont arrivés depuis 1979 et ont prolongé à Rennes des travaux commencés à Paris. En 1981, c'est l'aboutissement de 17 ans de tâtonnements avec le dépôt du brevet ANVAR.


Le foie, on connaît !

Malgré les mutations intervenues, la thématique d'origine, à savoir la culture des hépatocytes a été maintenue pour aboutir en 1981 à la mise au point de la co-culture. Cette méthode de culture consiste à recréer "in-vitro" l'environnement des hépatocytes tel qu'il est constitué "in-vivo". Le foie comprend plusieurs types de cellules et chacun a sa raison d'être. En les associant avec des cellules biliaires, il a été possible de prolonger "in-vitro" la durée de vie des hépatocytes jusqu'à un ou deux mois, alors qu'en culture pure, ils ne vivent que 4 ou 5 jours.
La co-culture permet aux chercheurs de mieux comprendre la façon dont évoluent les maladies du foie (hépatites, cirrhose, cancer, etc...) et donc de chercher les médicaments les plus adéquats. On a pu ainsi démontrer à Rennes, au niveau expérimental, qu'il était possible d'infecter les hépatocytes en culture par le virus de l'hépatite B, et que ces mêmes hépatocytes sont le lieu de développement de la fibrose (accumulation anormale de matériel fibreux dans le foie), stade précédent la cirrhose.
Concernant les nouveaux médicaments, les tests "in-vitro" (qui devraient être obligatoires dans un proche avenir) en vue de la recherche de nouveaux principes pharmacologiquement actifs présentent un double intérêt. Un intérêt scientifique d'abord : avec d'une part, la possibilité de vérifier le caractère toxique ou non de molécules nouvelles pour les hépatocytes humains ; d'autre part la possibilité de comparer la transformation de ces molécules par les hépatocytes humains et par les hépatocytes du rat. Un intérêt économique ensuite avec la possibilité de décider rapidement de la mise sur le marché ou non de nouveaux médicaments (à ce sujet : des entreprises françaises et américaines du secteur des industries pharmaceutiques ont demandé à l'Unité 49 des études en vue du lancement de nouveaux médicaments). Les avantages sont nombreux : gains de temps et par conséquent des médicaments moins chers, d'où des facilités à l'exportation et aussi un intérêt pour la Sécurité sociale.



D'autres Unités INSERM à Rennes ?

Les milieux de la recherche médicale et la municipalité sont unanimes pour demander le développement d'Unités INSERM à Rennes. M. Lazar, le directeur de l'INSERM, a lui même annoncé qu'à partir de 1986, un rééquilibrage serait amorcé par rapport à l'Ile-de-France : 9 Unités seront créées en 1986 dont 6 pour les régions. Le développement d'Unités à Rennes, s'il doit avoir lieu, n'est de toutes les façons, pas pour 1985 : pour cette année, l'INSERM a en effet annoncé la création de 12 Unités (8 créations pures et 4 transformations de services communs en Unités) ; parmi ces 12 Unités, 8 sont pour l'Ile-de-France. Un certain nombre d'équipes de recherche rennaises sont sur les rangs pour se voir attribuer le statut d'Unités INSERM en 1986, notamment :

Le GURIFA (Groupe Universitaire de Recherches Fondamentales et Appliquées en Immunologie), classé premier de sa commission en 1985 et candidat depuis 4 ans.

• Le groupe SIM (Signaux et Images en Médecine), équipe de recherche en Génie Biologique et Médical (G.B.M.).



L'INSERM à Rennes, c'est aussi...

Une antenne décentralisée de l'Unité 164 du Vésinet : Unité de recherche sur l'évaluation de l'état de santé et des systèmes de soins et de prévention. L'équipe de Rennes travaille sur les causes de la mortalité en Bretagne, sur le rôle social du médecin généraliste, et sur le développement de méthodes statistiques et de logiciels.

Des chargés de recherche INSERM :

- une au laboratoire d'immunologie du Centre Régional de Lutte contre le Cancer (CRLC) : immunologie et tumeur ;

- une au laboratoire de biochimie de la Faculté de Médecine (support génétique des résistances bactériennes aux antibiotiques) ;

- un au laboratoire d'imagerie médicale : imagerie médicale et réseaux de communication en image.

Des contrats de recherche externe entre l'INSERM et des équipes rennaises : 2 contrats avec le groupe SIM (signaux et images en médecine), 1 contrat avec RMN (résonance magnétique nucléaire).