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A que âge un réseau régional de diffusion de la productique atteint-il l'âge adulte ? C'est la question à laquelle de doctes biologistes mandatés par le Conseil Régional et la Direction Régionale de l'Industrie et de la Recherche ont été tentés de répondre par un examen attentif de croissance et d'évolution du jeune réseau breton de diffusion de la PRODUCTIQUE, baptisé "PRODUCTIB", né il y a 5 ans du contrat de plan Etat-Région.
D'octobre 1988 à février 1989 a donc été menée une étude de "bilan et structuration" du réseau PRODUCTIB, confiée à l'ADEPA.
Il ne s'agissait pas tant de juger du passé du "jeune PRODUCTIB" que d'imaginer...
Que d'imaginer les évolutions les plus pertinentes en termes d'action et de structure pour répondre au défi du développement de la productique en Bretagne.
L'enjeu est clair à cet égard. Un élargissement considérable du marché en 1993 dans un contexte de concurrence exacerbée réservera leurs chances aux meilleurs, ceux pour lesquels qualité, efficacité, aptitude à maîtriser les coûts et délais et proposer des produits plus nouveaux et plus performants seront intégrés dans la culture courante de l'entreprise.
En ce sens, un recours par les entreprises aux outils productiques les plus performants et les mieux adaptés constitue, sinon une condition de survie, du moins un atout tout à fait évident de développement.
Mis en place en 1984, dans le cadre du 1er contrat de plan Etat-Région, le réseau régional de diffusion de la productique (réseau PRODUCTIB), répondait au souci des deux partenaires Etat et Région d'engager la Bretagne sur la voie d'un haut niveau technologique de l'offre et d'une automatisation des entreprises.
Structure en réseau d'une quinzaine de membres (essentiellement laboratoires de recherche), animé par la Direction Régionale de l'Industrie et de la Recherche, et s'appuyant sur le concours technique de l'ADEPA, PRODUCTIB peut présenter à son actif, après 4 ans d'existence, un bilan honorable :
• mise en place d'équipements performants dans les laboratoires (avec soutien financier Etat-Région),
• actions d'information et de sensibilisation des divers acteurs régionaux notamment PMI dans le cadre d'"Opérations Pilotes Productiques" ou de "Journées Techniques" des laboratoires,
• concertation et échanges entre membres du réseau,
• édition et diffusion de l'annuaire régional de la productique en 1988,
• mise en place d'un bulletin d'information régional "OPTIMUM" au début de 1989.
Est-il possible d'aller au-delà d'une pédagogie DRIR-laboratoires, de mieux définir les besoins des industriels bretons, d'accentuer la promotion des techniques de la productique, d'impliquer efficacement industriels et sociétés de service dans l'animation du réseau ? La préparation du nouveau contrat de plan Etat-Région en 1988 a paru l'occasion de redéfinir la vocation et la stratégie de PRODUCTIB et de préparer son évolution vers une structure où pourrait se regrouper et se prendre en charge l'ensemble des acteurs concernés (sociétés de service, équipementiers, laboratoires, industriels, organismes institutionnels).
Un audit de bilan et de restructuration du réseau a ainsi été lancé à l'automne de 1988. L'étude s'est largement fondée sur des enquêtes spécifiques (questionnaires et entretiens individuels) menées auprès :
• de fournisseurs d'équipements et de services (75 entreprises),
• d'industriels utilisateurs (135 entreprises),
• des unités d'Enseignement et de Recherche du Réseau (14 unités ou laboratoires),
• d'autres organismes de formation initiale et permanente (46 organismes),
• d'institutions régionales (CRCI, CCI,...),
• de structures porteuses d'initiatives similaires dans d'autres régions (Pôles productiques...).
Des taux de réponse tout à fait satisfaisants à ces questionnaires (70 % en moyenne) ont fait la preuve de l'intérêt des organismes sondés.
Les enseignements qui se dégagent des consultations n'en ont que plus de validité et de pertinence :
• le premier constat porte sur une notoriété et un impact encore insuffisants du réseau, du moins auprès des industriels,
• l'accent est mis sur la nécessité d'un renforcement du potentiel de l'offre (ainsi a-t-il été constaté que les industriels régionaux recourent en majorité à des fournisseurs extérieurs à la région). Les "mariages" entre laboratoires et fournisseurs, sur la base de besoins régionaux exprimés, méritent à cet égard d'être privilégiés.
• Un infléchissement de l'action du réseau en direction des industriels (détection des besoins, soutien de la demande, promotion de l'offre et accompagnement de la démarche d'automatisation) paraît également nécessaire.
• Les problèmes de financement des équipements et l'insuffisance de technicité et formation spécifiques dans les entreprises sont cités comme des freins significatifs à l'automatisation.
• Enfin la nécessité d'un maintien au niveau régional d'un réseau "PRODUCTIB" en tant que structure d'animation et de promotion fait l'objet d'un consensus de la part des divers groupes d'acteurs interrogés, même si une redéfinition de la stratégie d'intervention s'avère nécessaire.
Celle-ci se doit d'ailleurs d'intégrer la recherche de synergies avec les initiatives extérieures (dans le cadre français et européen).
La question de la forme structurelle du réseau n'a, quant à elle, pas été tranchée : un double souhait d'"ouverture" (implication de l'ensemble des partenaires concernés) et de "permanence institutionnelle" (présence de la DRIR) a cependant largement été exprimé.
La suite doit maintenant être écrite par les acteurs concernés eux-mêmes. Elle sera fonction de leur volonté d'implication et de partenariat, à la hauteur des enjeux pour l'industrie bretonne. C'est notre souhait.
Joseph ILLAND Adjoint au Directeur Régional de l'Industrie et de la Recherche de Bretagne
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