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Le C.C.M.O : un pôle régional en micro-électronique
Le projet RENAN

 

LE PROJET RENAN



Lancé par la Direction Générale des Télécommunications (D.G.T.) en 1983 et mis au point au Centre National d'Etudes des Télécommunications (C.N.E.T.) de Lannion, le projet RENAN (Raccordement Expérimental Numérique pour lignes d'abonnés Analogiques et Numériques) représente la phase expérimentale de développement du R.N.I.S. (Réseau Numérique à Intégration de Services) en France. Le projet RENAN concerne deux sites distincts permettant de cerner différents environnements et différents types de trafic d'abonné. Le premier site désigné s'étend sur le département des Côtes-du-Nord et vise le raccordement de 300 usagers environ. Le second raccordera 1 000 abonnés dans la région parisienne. L'introduction des services se fera progressivement à partir de 1987 dans les Côtes-du-Nord.


Un réseau unifié et numérisé

La France disposera à court terme d'un large réseau téléphonique fortement numérisé. Pour faire face à la demande en matière de services de données, la bonne solution semble être de profiter de la numérisation du réseau téléphonique et d'y réaliser les adaptations nécessaires permettant d'offrir un grand nombre de services. L'obstacle ultime à franchir dans ce cas est celui de la ligne d'abonné qui aujourd'hui supporte des signaux analogiques. Qu'on la numérise et aussitôt, tous les abonnés au téléphone peuvent avoir accès à une gamme étendue de services numériques de diverses natures. C'est l'approche que l'on a retenue en France comme d'ailleurs dans de nombreux pays.

Actuellement nous disposons de trois réseaux de communication : un réseau téléphonique, un réseau Télex et enfin un réseau Transpac. Cette situation impose certaines contraintes à la fois pour l'usager et l'exploitant. L'objectif des télé-communications pour le XXIème siècle est la mise au point du réseau numérique à intégration de services, réseau dans lequel l'information (parole, données ou images) se présentera toujours sous la même forme, à savoir le numérique. L'unification de l'accès au réseau permettra à l'abonné d'envoyer un télex, d'accéder à une télévision ou tout simplement d'avoir une conversation téléphonique, en utilisant la même procédure pour ces trois opérations. Pour atteindre cet objectif, deux orientations sont aujourd'hui suivies : d'une part les réseaux de vidéo-communication dans lesquels le signal reste analogique et d'autre part la numérisation de la parole, des données et des images, expérimentée avec RENAN. Sur les deux fils de cuivre qui arrivent chez l'abonné, il est possible de transmettre deux conversations téléphoniques et des communications de données grâce à deux canaux à 64 Kbit/s (B) et un canal à 16 Kbit/s (D), ce dernier servant de canal de commande pour les canaux B et permettant également le transport de données.


Des applications nouvelles

Prenant le relai du réseau téléphonique, RENAN permet des applications nouvelles mais garantit la continuité des applications actuelles utilisant ce réseau ou les réseaux de données. Les terminaux existants (télécopieur, télétex, terminal de données, minitel) sont raccordables au réseau RENAN. Lors d'une communication téléphonique, l'usager regrette souvent de ne pouvoir transmettre à son correspondant des croquis ou des photographies d'un objet. Le projet RENAN permet d'associer le son à l'écrit (audiographie) et à plus long terme l'image et le son grâce au visiophone ; et enrichit ainsi le contenu des communications.

Dans le domaine de la téléinformatique, le transfert de fichiers, le téléchargement de logiciel nécessite des débits importants : le débit offert par RENAN réduit à quelques minutes le temps de transmission d'une heure sur réseau téléphonique et permet ainsi une meilleure circulation de l'information.

RENAN autorise également la consultation d'un éventail de banques de données beaucoup plus large et en particulier des banques associant l'image graphique ou photographique et le son.


Il n'y a pas d'abonné au numéro que vous avez demandé...

Outre sa capacité de transmission de l'information, RENAN met en œuvre une signalisation très enrichie et propose ainsi à l'abonné de nombreuses facilités telles que :

• Le traitement des appels : l'abonné demandé pourra connaître l'identité du demandeur. Ce même abonné pourra être informé des appels qui lui sont destinés, même s'il est déjà en communication, et les refuser ou les accepter en libérant la communication en cours ou en la mettant en garde.

• L'aide en cours de communication : l'abonné pourra suspendre une communication en cours sur un terminal et la reprendre par la suite soit sur le même terminal déplacé à l'intérieur de l'installation, soit sur un autre terminal.

Pour tirer le maximum d'enseignements sur la stratégie future et notamment sur les réactions des usagers face au concept de l'intégration et à l'offre de nouveaux services, les abonnés expérimentaux seront choisis parmi des volontaires et avec le souci de créer des groupes d'usagers communicants pouvant pleinement profiter des facilités de RENAN.

Cette expérimentation a deux objectifs principaux, l'un purement technique, l'autre à caractère plus commercial. Tout d'abord, il s'agit de vérifier sur le terrain que les concepts définis et les équipements développés pour les concrétiser sont réellement adaptés aux conditions du réseau téléphonique. D'un autre côté, le R.N.I.S. peut entraîner pour l'usager une nouvelle manière d'appréhender ses problèmes de communication. Le téléphone reste bien sûr un outil essentiel, mais quels autres services bénéficieront-ils le plus de ce nouvel apport de débit et de souplesse ? L'expérimentation, bien que limitée dans le temps et l'espace devrait apporter des éléments de réponse à ces questions.




Organisation du réseau expérimental RENAN C.N.E.T. Lannion.