ÉDITORIAL :
LA VILLETTE ET LES REGIONS
La Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette va ouvrir ses portes en 1986 et déjà la Géode avec ses 1 000 m2 d'écran hémisphérique attire
des foules vers ce quartier du 19ème arrondissement de Paris qui donnait depuis vingt ans l'impression d'être abandonné. Un projet d'une telle envergure ne va pas sans susciter de très nombreuses questions tant sur les objectifs qui lui sont assignés que sur les moyens mis en œuvre pour les atteindre, et on peut dire avec une pointe d'humour que le premier service que la Villette a rendu à la communauté nationale est précisément l'effervescence (faite à la fois d'émulation et de contestation) provoquée par sa création. La décision d'ouvrir une Cité des Sciences et de l'Industrie en ce temps de mutation technologique a fait mûrir la réflexion sur les enjeux de la culture scientifique et technique et permet aujourd'hui d'en mieux relever les défis.
Mais le rôle de la Villette ne peut en rester là. Cette Cité est un véritable centre et l'on peut dès aujourd'hui prévoir qu'il exercera une très grande attraction. Le mouvement centripète s'établira sans grande difficulté. Mais un centre, situé géographiquement à Paris, ne peut prétendre à la dimension nationale, que s'il s'insère dans un réseau et s'il participe à la vie de celui-ci par l'établissement d'échanges intenses et multi-directionnels. Une dialectique d'affirmation réciproque doit s'établir entre les centres et le maillage de plus en plus fin des réseaux. Il revient désormais à la Villette et à ses nombreux partenaires régionaux d'inventer ce type de relation qui leur permettra de contribuer, ensemble, à l'émergence d'une nouvelle culture.
Bernard Besret,
Chargé de mission auprès du directeur général de la Cité des Sciences
et de l'Industrie de La Villette