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Les Français consomment beaucoup de produits de la mer et bien que d'importantes potentialités existent du fait de notre façade maritime, la balance commerciale est largement déficitaire en ce domaine. Dans les années 1970, avec la création du CNEXO devenu aujourd'hui l'IFREMER, la France a voulu se donner les moyens d'exploiter et de valoriser les ressources océaniques par le biais de techniques nouvelles d'exploitation et de formes différentes de production.
En rade de Brest, cette nouvelle forme d'exploitation des ressources marines a reçu d'emblée un écho favorable auprès des marins-pêcheurs ; en effet l'exploitation traditionnelle de la coquille St-Jacques et de l'huître plate était fortement affectée par une surexploitation et des épizooties... L'aquaculture qui pouvait être une réponse aux problèmes rencontrés par les professionnels allait vite devenir une volonté, soutenue au niveau de la recherche par les pouvoirs publics, notamment avec le CNEXO. Les marins-pêcheurs ont alors entrepris des expériences dans les domaines de l'élevage et du repeuplement. L'application des résultats de ces études a eu pour objectif d'associer à l'activité traditionnelle de la pêche une forme nouvelle de valorisation des produits ; le but étant de créer un contexte économique plus stable où la production serait moins assujettie aux aléas du milieu.
A l'heure actuelle, en rade de Brest, deux activités liées au développement de l'aquaculture marine font l'objet de recherches et d'expérimentations : l'élevage de la truite arc-en-ciel en mer et le repeuplement en coquilles St-Jacques.
L'ELEVAGE DE LA TRUITE ARC-EN-CIEL EN MER
La truite arc-en-ciel se développe et se reproduit en eau douce, il est cependant possible que sa croissance s'effectue en eau de mer. On obtient ainsi des truites plus grosses, ayant un goût différent qui se rapproche de celui du saumon. La mise au point de ce type d'élevage en mer a déjà nécessité 10 ans de recherches et d'expérimentations menées conjointement par la coopérative Aquacoop, l'INRA et l'IFREMER. Des efforts restent encore à faire : si l'élevage des truites se déroule bien presque toute l'année, lors de la période estivale le taux de mortalité des truites augmente. Il faudra donc sélectionner des individus résistants à une température et à une salinité plus élevée, ou mieux mettre au point une autre espèce adaptée au milieu pour assurer une production plus régulière toute l'année.
La pratique de l'élevage des truites de mer en toute saison sur le littoral
normano-breton, permettrait à terme d'envisager une réelle compétitivité par rapport aux élevages nordiques, notamment norvégiens et écossais.
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ufs embryonnés de truite
Photo Gilles Boeuf.
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REPEUPLEMENT EN COQUILLES ST-JACQUES
Après des années de production pléthoriques, la rade de Brest, premier centre européen de production de coquilles St-Jacques (2 000 à 3 000 tonnes débarquées chaque année), a vu celle-ci fortement décliner. Dès 1970, des opérations sont engagées afin de relancer cette production : les larves (naissain) des coquilles sont collectées, mais sans succès, car le stock de reproducteurs n'est plus à même d'engendrer une quantité suffisante de larves.
En 1982 est créée à proximité de Brest au Tinduff, une écloserie-nurserie ; cet outil mis au point par l'IFREMER et le Comité Local des Pêches Maritimes et géré par ce même Comité Local, permet la production des larves. Elles sont ensuite semées en rade de Brest a raison d'un million de juvéniles chaque année. Le stock de reproducteurs se recompose et d'ici 4 à 5 années constituera une réserve exploitable de 400 à 500 tonnes.
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Cultures d'algues monocellulaires servant de nourriture aux larves de coquilles St-Jacques.
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| Ces deux activités, élevage intensif des truites de mer en milieu contrôlé et production artificielle de juvéniles de coquilles St-Jacques destinées au repeuplement, visent à développer l'économie régionale côtière. Elles ont été rendues possibles grâce à la volonté des professionnels qui assurent la promotion de la recherche et du développement par la maîtrise de nouvelles techniques. |
Jean-Pierre CARVAL
Comité Local des Pêches Maritimes de Brest
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