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Dossier du mois
À l'Espace des sciences

 



DOSSIER DU MOIS : JIPEO




ÉDITORIAL


LE PHENOMENE TECHNOPOLE, UN ELEMENT DE LA REVOLUTION DE L'INTELLIGENCE


En 1986, technopoles et parcs scientifiques sont devenus à la mode en Europe, au Japon, en Amérique. Chaque région, chaque cité veut son parc ou sa technopole et cherche à copier les zones de hautes technologies qui réussissent comme autour de Stanford, Boston ou Sophia-Antipolis, et à reconstituer les ingrédients.


Je connais plus de trente projets français. La présence d'universités et de grandes écoles, de centres de recherche et d'industries innovantes est l'ingrédient le plus visible à leur mise en place, l'Etat français ayant depuis
40 ans, investi des sommes considérables pour bâtir d'imposants domaines universitaires et de puissants centres scientifiques.


Combien réussiront ? Certains sont déjà très avancés, Grenoble avec la ZIRST de Meylan, Nancy-Brabois, Rennes-Atalante, Sophia-Antipolis. On notera que la section française du club des technopoles dont le siège est à
Sophia-Antipolis tiendra en mai 1987 pour Rennes une réunion de travail.


Ceux qui auront à mon avis le plus de chances de Réussite sont les lieux où des animateurs s'attacheront à éviter la simple juxtaposition d'organisation. Il faut qu'un parc dispose d'une équipe qui, à côté de ceux qui ont en charge le matériel (terrains, équipements, etc.), s'occupe du logiciel, avec une volonté constante tournée vers les échanges, les contacts, les transferts technologiques, les appuis financiers.


UN CORPS ET UNE AME

Bref, une technopole doit non seulement avoir un corps, mais aussi une âme. Il faut qu'une véritable transformation de l'opinion collective se produise pour que les technopoles facilitent la création d'entreprises et développent la créativité. Dans cette hypothèse, il n'y aura jamais trop de bonnes technopoles en France.

Cela implique une volonté de transfert entre le savoir et le savoir-faire, analogue à ce que ARMINES et TRANSVALOR ont petit à petit, depuis près de vingt ans, mis en place au sein du groupe des Ecoles des Mines et laboratoires associés.


Sociétés de transfert qui, lorsqu'elles sont dynamiques et intégrées à leur environnement scientifique d'une part, industriel d'autre part, sont de vrais moteurs du capitalisme créatif, créant simultanément richesses et emplois. Seul le moyen de s'attaquer aux racines du chômage. Plus cet ensemble technopoles, sociétés de transfert et capitalisme créatif sera dynamique, plus notre pays rejoindra le peloton de tête.


A Rennes, les universitaires et les responsables de grandes écoles ont bien compris que leur métier ne se limitait pas à l'enseignement et à la recherche, mais que le transfert effectif de technologie était en soi une activité indispensable et valable.


Je pense donc qu'un avenir brillant se développera dont toute la Bretagne devra bénéficier.



Pierre LAFFITTE

Président, Fondateur de SOPHIA-ANTIPOLIS
Sénateur des Alpes-Maritimes