Les PME-PMI constituent pour l'essentiel le tissu de fond de l'activité économique régionale. Une abondante et pertinente littérature a été écrite ces dernières années à ce sujet et il ne paraît pas utile d'en refaire la démonstration.
Compétitivité, rentabilité, gestion rationnelle, stabilité financière, croissance, création d'emplois, innovation, exportation,... telles sont les qualités attendues aujourd'hui de nos petites et moyennes entreprises. L'environnement favorable à la réunion de ces critères n'est pas toujours présent et il conduit souvent, en dehors de quelques exceptions, à tenter de résoudre la quadrature du cercle. Un projet viable, des hommes compétents et motivés sont les deux paramètres nécessaires, mais ils sont rarement suffisants actuellement pour démarrer une activité ou financer l'expansion. L'existence de fonds propres adaptés aux objectifs poursuivis apparaît bien comme le troisième paramètre indispensable.
Dans leur grande majorité, les entreprises de notre région souffrent d'un manque chronique de fonds propres qui va généralement de pair avec la taille de l'entreprise : plus une entreprise est petite, plus ses fonds propres sont insuffisants. Il n'existe pas de remède miracle dans ce domaine, mais le rappel de quelques principes élémentaires n'est pas inutile, notamment : éviter les erreurs dans le choix des investissements, laisser le maximum d'autofinancement dans l'entreprise, utiliser et développer l'épargne de proximité pour compléter l'autofinancement, développer les instruments de gestion (budget d'exploitation, tableau de bord mensuel, prévisions de trésorerie à court terme, coûts de revient).
Le recours à des capitaux externes durables peut avoir un effet d'accompagnement bénéfique mais leur obtention est liée à la crédibilité économique et financière de l'entreprise qui devra d'abord faire ses preuves et démontrer qu'il peut lui être fait confiance... Toujours la quadrature du cercle, parfois justifiée il est vrai.
Une autre solution, mise en uvre avec succès Outre-Atlantique, serait un partenariat intelligemment conçu et pratiqué entre la petite entreprise et la grande société, sans qu'il y ait de la part de cette dernière, comme nous le déplorons trop souvent en France, une volonté de domination et de puissance, liée à des critères purement financiers. Une nouvelle version de ce qu'on pourrait appeler "un projet, la puce et le géant" pourrait être un schéma opérationnel, alliant et mettant en uvre dans l'intérêt de tous la souplesse, l'innovation, la rapidité de réaction et la puissance financière.
Bruno LA COUME Expert-Comptable Commissaire aux Comptes