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La Faculté de Médecine de Rennes accueille du 4 au 6 octobre 1990, l'Association Française des Pharmacologistes ainsi que les "actualités pharmacologiques " rencontre privilégiée des partenaires hospitalo-universitaires, scientifiques et industriels impliqués dans le développement de médicaments nouveaux. L'orientation des axes de recherche du laboratoire de Pharmacologie de Rennes explique que le thème principal de ces journées est dominé par le système nerveux central et les médicaments susceptibles de traiter les maladies liées à l'âge avancé (maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, accidents vasculaires cérébraux).
Une nécessaire complémentarité...
La découverte d'un médicament nouveau ou même l'application d'un ancien médicament dans une nouvelle pathologie implique la participation de nombreuses équipes d'horizon différent. Au sein même de la pharmacologie des orientations diverses se sont imposées, allant de la recherche des mécanismes d'action des produits au niveau moléculaire jusqu'à l'évaluation de l'efficacité et de la sécurité d'emploi des médicaments chez l'homme. L'ensemble des données accumulées pendant des années permet ainsi de mettre à disposition du médecin et du malade des médicaments sûrs et efficaces. S'attaquer aux maladies les plus graves du cerveau répond bien sûr à une attente des malades mais représente aussi sur le plan de la santé publique et des coûts pour la collectivité, une source d'espoir considérable. Ces recherches ne pourront toutefois aboutir que si des soutiens aux équipes concernées se multiplient et se renforcent, toujours dans le souci d'une application directe au médicament.
Rennes et la région
La situation locale semble privilégiée à plus d'un titre, la qualité et l'importance des équipes universitaires impliquées de façon directe, indirecte ou ponctuelle dans le développement du médicament, restant incontestables (chimie, biologie moléculaire, explorations fonctionnelles, neurologie, psychologie, pharmacie...). Les maladies visées par cette recherche sont d'autre part au premier plan des préoccupations au CHRU ainsi que dans les établissements de la région. Sur un plan moins positif, la rareté des équipes INSERM ou CNRS officiellement impliquées dans cette voie ainsi que la pauvreté du nombre d'industries pharmaceutiques implantées en Bretagne (hormis SOBIO-BEECHAM) méritent à nouveau d'être soulignées, les répercussions de cet état de fait étant multiples (faiblesse du marché de l'emploi des chercheurs, manque de terrains de stage, nécessité de déplacements permanents des chercheurs, isolement des diverses spécialités pouvant contribuer à l'élaboration d'un produit fini...).
L'ouverture sur des champs d'activité de recherche apparemment éloignés et forts dans la région mérite une attention particulière, l'innovation thérapeutique et pharmacologique pouvant découler d'interactions avec, par exemple, l'agroalimentaire, la biologie marine ou la chimie fine. Un tel dynamisme, on le voit, ne peut découler que des volontés des équipes, du choix appuyé des diverses directions régionales ainsi que sur un plan plus psychologique, l'acceptation de la valorisation de la recherche appliquée (dont la technopole Rennes-Atalante est un exemple) et de l'intérêt pour le malade d'une meilleure connaissance du médicament.
L'avenir de la pharmacologie...
Les acquis récents de la pharmacologie, on le voit, ne peuvent évidemment être attribués à une personne ou une seule équipe tant les étapes multiples sont longues et difficiles. Comment ne pas reconnaître l'intérêt de la ciclosporine dans le succès actuel des transplantations d'organes, l'espoir du travail sur les antiviraux, dans le domaine du SIDA, ou l'amélioration des parkinsoniens avec les nouveaux agonistes (1) dopaminergiques. Le travail de coulisse, de surveillance des traitements (pharmacocinétique), du suivi national des accidents médicamenteux (pharmacovigilance) ou de l'explication génétique des réponses aberrantes aux médicaments (pharmacogénétique) ne peuvent, parmi beaucoup d'autres arguments, que promettre un envol de cette discipline dans les années à venir. Les travaux des journées d'octobre à Rennes viendront témoigner du bien fondé de ces réflexions.
Professeur Hervé ALLAIN Laboratoire de Pharmacologie CHU de Rennes
Notes :
(1) Agonistes : activateurs des récepteurs qui compensent le manque en dopamine, caractéristique de la maladie.
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