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un essai transformé
Un film emballant
A la française des plastiques
Matra : le prêt-à-porter du téléphone

 


Un film emballant


Le développement du commerce de grande distribution dans les années 70 a eu entre autres conséquences, celle de bouleverser l'industrie de l'emballage. Créée en 1971, Lin Pac Plastiques, a su jouer la bonne carte au bon moment puisqu'elle tient aujourd'hui une place de leader au niveau mondial pour sa production de films destinés au conditionnement de produits alimentaires. Succès confirmé par les certifications Qualité qui lui ont été décernées au niveau français et international. Elles font de Lin Pac une des premières firmes françaises de plasturgie à avoir obtenu ces labels pour l'ensemble de ses activités.





Filiale d'un groupe anglais spécialisé dans la fabrication de barquettes en polystyrène expansé, Lin Pac Pontivy produit depuis 1981 des pellicules plastiques en PVC.

Selon Bernard Baucher, son directeur, le travail avec les partenaires européens, que sont les autres filiales du groupe, a incité la société à progresser dans le sens de la qualité.

Les procédés d'extrusion utilisés permettent de réaliser toutes sortes de films d'une épaisseur variant entre 7 et 120 microns. Sur douze mètres de haut se profilent les cylindres de plastiques qui, une fois refroidis, sont récupérés sous la forme de deux films. La précision atteinte aujourd'hui est impressionnante : plus ou moins
0,5 micron pour un film de 10 microns d'épaisseur. Minimiser le volume de produit mis en œuvre et maximiser la protection des aliments, voilà une mission on ne peut plus à l'ordre du jour.

Les exigences de la clientèle étrangère ont amené Lin Pac à mettre en œuvre tous ses moyens en hommes et en matériel pour arriver aux résultats d'aujourd'hui.
80 % du chiffre d'affaires de la société est réalisé à l'export et en dehors du groupe. La moitié de la production est destinée aux industries de l'agro-alimentaire, les principaux autres clients étant les distributeurs manuels (artisans de l'alimentation : charcutiers, bouchers, pâtissiers...).



Une production rationalisée

Le déroulement de chaque étape de la fabrication peut être suivi dans la salle synoptique : des automates programmables contrôlent l'ensemble des opérations et des paramètres importants : le transfert de la matière à partir des silos, l'alimentation des trémies, les températures, les incidents...

La récupération des déchets et leur réutilisation dans la chaîne a été prévue dès la conception de l'usine : la quantité annuelle de déchets ne dépasse pas quelques tonnes et représente environ 0,2 pour mille du total produit.

Le personnel affecté à la production travaille dans une ambiance plutôt chaude et selon un rythme particulier : cinq équipes se relaient pour faire fonctionner l'usine dont l'activité ne s'interrompt que douze jours par an. Juste le temps nécessaire pour procéder aux réparations ou installer de nouveaux dispositifs.


La "bulle" : gros plan sur l'extrudeuse.


La qualité dont peut se vanter aujourd'hui l'entreprise résulte des améliorations techniques qui sont apportées chaque année et des liens serrés qui existent entre la production et le laboratoire de recherche interne : les trois chimistes qui le composent mettent au point de nouveaux mélanges, étudient les besoins de la clientèle et font procéder à des essais : au nombre d'une centaine par an, ils donnent lieu à environ 10 améliorations au niveau des techniques de production. Les collaborations avec des laboratoires extérieurs sont nombreuses dans la mesure où certaines analyses nécessitent des équipements sophistiqués : les tests sur la conservation des aliments sont menés avec l'ADRIA (1) de Quimper, certaines analyses confiées au Laboratoire National d'Essais à Paris, d'autres à l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes. Enfin, Lin Pac devrait bénéficier d'une aide de l'ANVAR pour la mise au point d'un nouveau produit : un film technique ayant des propriétés nouvelles et susceptible d'intéresser les industriels.



Respect des hommes et de l'environnement


Malgré un rythme de travail assez contraignant, les 150 salariés de Lin Pac sont soucieux de l'image de marque de la société. Pour éclaircir les controverses autour des conséquences de l'emploi du PVC sur l'environnement, ils ont mené une enquête. Elle a abouti à une réalisation originale : "Osons la transparence" est une plaquette qui présente le PVC et ses qualités en matière d'économie de ressources naturelles (quand Lin Pac utilise le PVC pour réaliser un film d'une épaisseur de
8 microns, elle consomme 4 fois moins de pétrole que certains de ses concurrents allemands qui ont choisi d'utiliser le polyoléfine dans leur fabrication). Ce type d'initiative est soutenu par la direction dans le cadre d'une politique plus générale visant à promouvoir les relations à l'intérieur de l'entreprise : organisation de voyages, en lien avec les autres filiales du groupe, installation d'un laboratoire de langues destiné
aux employés, qu'ils soient techniciens ou administratifs, édition d'un journal interne... S'il est difficile de mesurer cet "esprit d'entreprise" lors d'une simple visite, les contacts avec le personnel semblent confirmer qu'une atmosphère de travail intense n'est pas incompatible avec des relations humaines de qualité.


Notes :


(1) ADRIA : Association pour le Développement de la Recherche Appliquée aux Industries Agricoles et Alimentaires.



PVC

PVC signifie Polychlorure de Vinyle. Il est constitué de 43 % de matières organiques ayant pour origine le pétrole et 57 % de matière minérale ayant pour origine le chlorure de Sodium (sel). La combinaison du chlore et de l'Ethylène donne du chlorure de vinyle qui par polymérisation donne du PVC.

Le PVC a été choisi en raison de ses qualités d'élasticité, de ses capacités à être associé à d'autres produits et de sa perméabilité sélective à l'oxygène et à la vapeur d'eau. Tendu, il ne garde pas les marques de manipulations dont il peut faire l'objet. Coloré ou mélangé à d'autres matières, il peut trouver des applications dans des secteurs comme celui de l'industrie automobile.


Le point sur

La France consomme annuellement environ 3,5 millions de tonnes de matières plastiques, dont une part importante (un tiers) sont des emballages. Les procédés de transformation des matières plastiques sont multiples : extrusion, injection, compression, rotomoulage, composites...

Injection
Le polymère, sous forme de granulés, est ramolli par la chaleur et injecté sous pression dans un moule.


Extrusion
La matière, (en granulés ou poudre) est introduite à l'arrière d'une vis tournant dans un fourreau. Ramollie par rotation et un apport calorifique, elle est forcée à travers une filière. Ce profilé est ensuite refroidi et maintenu en forme par des calibreurs qui lui donnent les cotes et la forme définitive.


Compression

La matière à l'état de poudre, est soumise dans le moule à une forte pression et à une température élevée. Elle prend, en se refroidissant la forme du moule.


Rotomoulage

La matière en poudre fine est introduite dans un moule creux hermétique. Celui-ci est chauffé et soumis à des rotations suivant deux axes perpendiculaires. La forme intérieure du moule correspond à celle extérieure de la pièce après refroidissement.


Films souples

Une extrudeuse force le polymère fondu à travers une filière le plus souvent circulaire suivie d'un étirage (gonflage). Les gaines ainsi formées sont utilisées soit ouvertes à plat, soit soudées pour faire des sacs.


Composites

II est constitué d'une matrice (résine de synthèse) et d'un renfort (fibre de verre, de carbone ou d'aramides). Le tissu préimprégné obtenu est chauffé, comprimé et moulé en vue d'obtenir la pièce souhaitée.