ÉDITORIAL:
Le "bon" chercheur
Un "bon" chercheur français se doit actuellement de publier chaque année, et si possible en anglais, deux articles de haut niveau dans une revue internationale de référence.
Ce "passage obligé" correspond effectivement à l'intérêt pour la recherche française de tenir son rang et d'avoir un rayonnement réel particulièrement dans les domaines scientifiques dits "de pointe".
Mais est-on certain de couvrir ainsi toute la palette de connaissances nouvelles dont les régions ont besoin ? Et notamment de celles qui leur permettront de résoudre des problèmes d'apparence bien "terre à terre". La gestion des énormes quantités de lisiers que la Bretagne se doit désormais d'assurer en est un exemple.
La résolution de ces problèmes suppose, le plus souvent, des travaux pluridisciplinaires, très finalisés, sans toujours de retombées théoriques immédiates. Donc par définition des recherches "peu payantes" pour la carrière des chercheurs qui osent s'y lancer.
Ne faudrait-il pas d'ores et déjà envisager d'élargir la gamme des critères d'évaluation des travaux de recherche ?
Claude Cheverry
Professeur à l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Rennes