CNRS : Mobilisation autour de l'environnement

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CNRS : Mobilisation autour de l'environnement

   

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Mobilisation autour de l'environnement



Le 5 avril, la délégation régionale du CNRS organisait une réunion de la plus haute importance pour l'orientation des recherches en environnement. Etaient présents les représentants de toutes les institutions régionales concernées, de l'IFREMER à l'INRA, en passant par les universités, les écoles supérieures, les collectivités et directions régionales (conseil régional, délégation régionale à la recherche et à la technologie, etc.). Tous s'étaient réunis pour discuter le nouveau programme interdisciplinaire de recherche (PIR) Environnement, dirigé par Alain Ruellan.


Photo : Yves Frenot
Lac Ampère, et au fond le glacier Ampère, dans l'archipel des Kerguélen. Les zones polaires et subpolaires sont directement sensibles à l'évolution des climats : depuis 20 ans, le glacier Ampère recule de 250 m/an en moyenne, ce qui traduit le déséquilibre de son bilan chutes de neige (en hiver)/fonte estivale. Deux chercheurs CNRS, Paul Tréhen, à Paimpont, et Pierre Jouventin, à Chizé, près de Niort, dirigent des travaux sur les conséquences des variations climatiques récentes sur l'évolution des systèmes écologiques en mieux subantarctiques, milieux particulièrement sensibles aux perturbations, même mineures, de l'environnement. La qualité de ces travaux a incité le CNRS à confier l'étude des zones polaires et subpolaires au pôle Armorique du nouveau programme Environnement.


Ce nouveau programme prend la suite du programme PIREN, il en poursuit les objectifs et développe trois nouveaux axes de travail, dont l'effort porte surtout sur l'analyse de la situation : analyse de la planète, de sa nature et de ses mécanismes : analyse de l'homme, individu et société humaine, et de ses relations avec son milieu, d'un point de vue biologique mais aussi culturel : analyse prospective des différentes stratégies de développement.


Science et communication

En développant ces objectifs, Alain Ruellan a insisté sur les exigences auxquelles devront se soumettre les participants : la priorité est donnée à la recherche scientifique, qui devra être rigoureuse et de haut niveau, pour servir de guide aux partenaires politiques, sociaux et culturels. Un effort particulier de communication est demandé au chercheur, qui devra s'astreindre à expliquer clairement ses résultats, ainsi d'ailleurs que ses craintes, dans un langage qui soit accessible à tous. Le CNRS prévoit de publier une revue où toutes les disciplines impliquées dans l'environnement pourront diffuser l'état de leurs travaux vers la société humaine, puisque c'est d'elle qu'il s'agit.


Une partition à 4 voix

Par rapport au programme PIREN, le nouveau programme présente l'originalité de se répartir dans quatre pôles géographiques hors limites régionales : un pôle autour de Strasbourg (avec Nancy et Metz), un pôle autour de Lyon (avec Grenoble, Dijon et Clermont-Ferrand), un pôle autour de Montpellier (avec Toulouse, Avignon, Perpignan et Aix-Marseille) et un pôle autour de Rennes (avec Brest, Caen, Le Mans, Nantes et Angers). Chaque pôle devra traiter un nombre limité de thèmes. Pour l'Armorique (au sens très large), la priorité géographique est donnée aux zones tempérées et aux zones polaires. Les priorités thématiques concernent l'agriculture et l'environnement, l'environnement côtier, les écosystèmes et changements globaux, la diversité biologique, la santé et l'environnement et enfin l'écotoxicologie.
Avant l'été, chacun des quatre pôles devra remettre à Alain Ruellan la liste des axes de recherche envisagés, avec l'identification des équipes impliquées. Un financement CNRS de l'ordre de 40 MF viendra assister le fonctionnement des équipes investies, qu'elles soient ou non rattachées au CNRS.


Les réactions des participants

Pierre Thivend, Président du Centre de l'INRA de Rennes, a affirmé son soutien au programme Environnement, en rappelant que l'INRA était déjà actif dans ce domaine, par ses activités de recherche et d'animation au sein du GIS Environnement. Alain Osmont, directeur de la DRIRE(1), a émis le souhait d'une thématique concernant le problème des déchets, en particulier ceux provenant de l'industrie automobile. Alain Ruellan a répondu que ces problèmes étaient traités par d'autres programmes, dont les objectifs sont la mise au point de matières non polluantes, et la récupération des produits non dégradables. Jean Hameurt, Délégué régional à la recherche et à la technologie, a rappelé que le livre blanc de la recherche, en cours de réalisation, comprenait un chapitre Environnement, allant dans le sens du programme du CNRS : faire jouer l'interdisciplinarité et l'interinstitutionalité. Jean Hameurt a également suggéré de développer un thème "Eau" pour le pôle Armorique, particulièrement sensible à ces problèmes, du fait de l'absence de nappes profondes régulatrices de la qualité des eaux.


Associer l'économie ?

Claude Champaud, président du CCRRDT(2) de la région Bretagne, a affirmé sa collaboration à un programme interrégional, en rappelant l'enthousiasme soulevé par le projet AGRENA, qui regroupe les institutions de formation et de recherche agronomique des trois régions Bretagne-Pays de la Loire-Normandie. Il a suggéré d'associer au programme Environnement le tissu industriel, fortement impliqué par la sauvegarde du milieu et par les retombées économiques des nouvelles technologies "propres". Plusieurs grands industriels bretons projettent de créer une Fondation pour l'environnement, la communauté scientifique se doit de les guider et de les encourager.
Le débat s'est achevé avec l'approbation unanime du nouveau programme Environnement du CNRS. Alain Ruellan a avoué ne pas être surpris outre mesure de cet accueil, ayant déjà à l'échelle nationale recueilli l'assentiment des grands organismes de recherche.
En octobre 91, tous les acteurs du nouveau programme se réuniront à Rennes, pour évaluer les contenus des différents thèmes choisis. Ce colloque national réunira 4 à 500 personnes, représentant l'ensemble des disciplines impliquées dans l'étude et la sauvegarde du milieu.


NOTES :
(1) DRIRE : Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement de Bretagne.
(2) CCRRDT : Comité consultatif régional de la recherche et du développement technologique.