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Archimex

   

Entre agriculture et cosmétique :
Archimex, le chaînon manquant



Photo Archimex
l'atelier pilote : ce hall d'expérimentation est muni d'un extracteur de 300 l, fonctionnant de -8 à +130°C et permettant de valider à l'échelle industrielle le procédé mis au point en laboratoire.

Le formidable gisement breton de matières premières végétales, animales et marines est une mine d'or pour les industries cosmétiques et pharmaceutiques. Encore faut-il savoir extraire les substances naturelles contenues dans les résidus de l'agriculture et sous-produits de l'industrie agro-alimentaire. C'est là qu'intervient Archimex, centre de Recherche et de formation en chimie d'extraction.


Janvier 1989 : 13 partenaires publics et privés s'associent et mettent en place un espace de Recherche pour valoriser les substances naturelles. Aux côtés du secteur public qui finance les opérations, les grands ténors de l'industrie morbihannaise travaillent de concert pour définir les objectifs de ce futur centre, qui prend forme un an plus tard, sur le site du pôle d'innovation de Bretagne sud (PIBS) à Vannes, sous la direction de Bernard Mompon, ancien directeur technique de Synthélabo(1) et membre de la commission nationale de la Pharmacopée.


Du fondamental à l'industriel

L'une des principales fonctions d'Archimex est de conduire les projets qui lui sont confiés, depuis la recherche fondamentale jusqu'aux réalisations industrielles. Processus en trois étapes qui étudie d'abord leur faisabilité technologique et économique, à l'aide de banques de données informatiques auxquelles le centre est relié. Vient la phase de recherche,
permettant de valider le produit et d'en établir les normes; puis l'expérimentation à échelle industrielle, pour confirmer les hypothèses de laboratoire et valider le process.


De la papaye aux poireaux

Le premier contrat réalisé par Archimex a été la mise au point d'un procédé d'extraction et de valorisation de la papaïne, protéine ayant la faculté de dissoudre les graisses. Cette protéine, présente dans l'ananas et dans la papaye, entre dans la composition de certains produits amaigrissants. L'extraction des substances actives (protéines, enzymes, etc.) contenues dans les sous-produits des industries agro-alimentaires (plumes de volailles, verts de poireaux, etc.) permet la valorisation des déchets et donc une meilleure gestion des ressources naturelles.


Une société tenue au secret

Fonctionnant selon un mode associatif, avec un partenariat industriel international, Archimex, petite entreprise de sept salariés, obéit à une règle d'or : la confidentialité absolue, qui s'applique tant en aval qu'en amont de chaque contrat. Tout ce qui sort de ses laboratoires est la propriété exclusive du client qui a financé les opérations.


L'indispensable renouvellement des connaissances

L'autre but que s'est fixé Archimex concerne la formation de haut niveau. Outre les universitaires, chimistes et pharmaciens, le centre accueille les étudiants de l'ENSCR (voir encadré), qui se spécialisent en génie chimique appliqué aux produits naturels. Parallèlement, Archimex organise une formation permanente : les salariés d'autres entreprises y viennent en stage et suivent un enseignement dispensé par des structures spécialisées qui sous-traitent la formation. Ainsi que le souligne Bernard Mompon : "Quand des compétences existent quelque part, mieux vaut s'y associer que tenter de les copier".


NOTE :
(1) Synthélabo : unité pharmaceutique du groupe L'OREAL.




LES FONDATEURS D'ARCHIMEX :

• Ministère de la recherche et de la technologie, Région Bretagne (programme BRITTA), Conseil général du Morbihan, SIVOM du pays de Vannes, EDF.

• Guyomarc'h, Y. Rocher, Entremont, Sanofi, Beecham, Isnard-lyraz.

• Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR), Centre Régional d'Innovation et de Transfert de Technologies (CRITT Biotechnologies et chimie fine de Rennes).