Halios : la pêche au XXIe siècle

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Halios : la pêche au XXIe siècle
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HALIOS la pêche au XXIe siècle



Le métier de marin pêcheur est l'un des plus durs qui soit. Par rapport à d'autres secteurs comme l'agroalimentaire, l'industrie de la pêche reste archaïque, car il est difficile d'aménager l'espace réduit et mouvant du pont et des cales d'un chalutier.


Photo : D. Giraud
La pêche évolue, les chalutiers aussi. Hier, les bisquines. Demain, Halios.


Le projet Halios est né à l'Ifremer, à Brest, lorsque Ramiro Gonzales s'est posé la question : "Comment améliorer la production des
navires de pêche, et les conditions de vie des marins pêcheurs ?". Le marché français étant relativement peu développé, l'Espagne et l'Islande se sont associées au projet Halios, dans le cadre du programme Eurêka. Chacun doit trouver dans son pays, les compétences et les industriels susceptibles d'apporter des innovations performantes dans le domaine des pêches.


Transfert de technologies vers la mer

Les procédés à mettre en œuvre doivent être simples et fiables, car il est hors de question de faire venir un dépanneur en pleine campagne de pêche. Pour la même raison, un fonctionnement manuel est prévu pour faire face aux défaillances mécaniques ou électriques. 9 thèmes de développement ont été retenus, recouvrant les principaux aspects de la pêche : l'informatique à bord, les systèmes de localisation, de navigation et de communication, les techniques de prise, de traitement et de stockage des poissons, l'énergie du navire, la sécurité de l'équipage et l'ergonomie. Voici quelques-unes des améliorations apportées dans le cadre du projet Halios.


Le Vis, système embarqué de traitement de l'information

Les sociétés Marte (Espagne), Marel (Islande) et Eca (France) préparent en commun un prototype : chaque module (salle des machines, cales, train de pêche,...) est équipé de capteurs et d'ordinateurs qui traitent localement les données. Un système de communication maintient le navire au courant des conditions météorologiques et des fluctuations du marché à terre. Un réseau intelligent décentralisé gère les transmissions. Le capitaine est alors informé, et non plus surinformé, de ce qui se passe à bord et à terre.


Le sondeur de pêche multifaisceaux

Actuellement, un sondeur envoie au fond et récupère un seul faisceau. Une masse importante à mi-profondeur (un banc de poissons ou un accident de fond) masque ce qui se trouve au-dessous. De plus, il faut choisir entre une bonne résolution (angle d'ouverture du faisceau réduit) et une grande largeur de sonde (angle élargi). Les sociétés Syminex (France) et Crame (Espagne) mettent au point un sondeur qui comporte entre 12 et 48 faisceaux. L'image obtenue couvre un secteur beaucoup plus large, avec une bonne résolution du fond et des bancs de poissons.


Automatisation de la cale à poisson

La société Serete (France) met au point avec des partenaires islandais et espagnols, un système semi-automatique de rangement dans la cale réfrigérée. Des cloisons parallèles à l'axe du bateau guident les caisses, manipulées par des chariots. Des transpalettes servant d'ascenceurs permettent de descendre les caisses ou containers depuis l'étage de traitement du poisson. A terre, ces mêmes transpalettes assurent le déchargement du bateau.


Halios, dans 5 ans

Les innovations techniques étant la propriété des industriels qui les commercialiseront, il n'est pas possible de les dévoiler davantage pour le moment. Mais, à partir de 1992, l'Ifremer envisage de construire un navire de recherche halieutique avec les équipements les plus performants. L'Espagne construira plusieurs navires de pêche, et l'ensemble de ces navires sera la consécration du projet Halios.


Sondeur classique (monofaisceau).

Sondeur multifaisceaux.


Rens. : Ramiro Gonzales, chef de projet Halios, Ifremer Brest.
Tél. 98 22 40 40.