EDITORIAL :
Objectif sciences et techniques
A quelques mois de son dixième anniversaire, le Centre de culture scientifique, technique et industrielle nous invite à une petite réflexion sur sa mission et sur ses perspectives.
On sait quel était le propos, lorsque fut décidée la mise en place, en Région, de ces "institutions "au lendemain du grand colloque sur la recherche, lorsqu'enfin on reconnut l'importance stratégique d'une bonne diffusion de la culture scientifique et d'une coordination des moyens affectés à cet objectif. Il s'agissait, en quelque sorte, de fédérer les efforts dispersés et de s'assurer de la qualité du savoir qui était transmis, tout en mobilisant les chercheurs eux-mêmes sur une de leurs missions, trop souvent négligée, la vulgarisation.
Il s'agit là d'une tâche exaltante, certes, et on n 'a pas manqué d'acteurs enthousiastes au service de cette cause culturelle ; mais au point où nous en sommes, je souhaiterais qu 'on n'oublie pas non plus que la responsabilité est écrasante : ce que nous avons à faire, c'est diffuser une recherche vivante, actuelle, et il nous faut bien reconnaître que cette nécessaire mise à jour des connaissances que nous avons à diffuser est souvent très difficile et ne peut se réaliser qu'en instaurant un flux permanent entre nos CCSTI et les équipes et laboratoires des universités ou grands organismes de recherche.
A cela, il convient d'ajouter, bien sûr, que cette culture dont nous avons à favoriser la diffusion, doit être accessible et que, par conséquent, il convient de lui donner une forme adaptée aux publics auxquels nous nous adressons. Mais qu 'on y prenne garde : il ne s'agit pas de deux opérations distinctes. En d'autres termes, il n'est pas possible de jouer des "partitions à quatre mains" où l'un jouerait le scientifique et l'autre la mise en forme. Notre rôle n 'est pas de nous substituer aux scientifiques pour diffuser un savoir qui n'est pas le nôtre, sous prétexte que nous saurions mieux qu'eux nous adresser à un public non spécialisé ; il est, au contraire, de les aider à mettre eux-mêmes en forme leur pensée, leurs informations, les pousser à illustrer, à démontrer.
Je ne voudrais pas minimiser l'impact du CCSTI dans la région de Bretagne et je sais bien que, partout en France, lorsqu'on veut vanter les qualités de l'institution, on évoque précisément celui-là ; mais j'aurais tendance à dire, restons modeste et reconnaissons que notre succès, le succès incontesté du CCSTI de Rennes, témoigne d'un besoin de la Bretagne en termes de culture scientifique plus qu'il ne prouve une réussite définitive d'une entreprise particulière. D'un certain point de vue, nous avons démontré que tout restait à faire.
François Hinard, Directeur de l'information scientifique et technique et des bibliothèques (DISTB).
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