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La nutrition recouvre l'ensemble des aspects liant l'alimentation à la santé. Ce n'est plus manger pour calmer une faim, mais s'alimenter pour fournir à l'organisme les nutriments dont il a besoin, pour se développer et se maintenir en bonne santé.
Il faut distinguer deux nutritions : la nutrition "grand public", en vente sans ordonnance, dans les grandes surfaces et les magasins spécialisés (dont les pharmacies), et la nutrition clinique, appliquée essentiellement dans les hôpitaux ou sur indication médicale. Il ne s'agit pas de médicaments, mais d'aliments adaptés à des cas pathologiques : aliments pauvres en protéines pour les malades souffrant d'insuffisance rénale, aliments de régime pour diabétiques et autres malades métaboliques. Une catégorie de ces aliments adaptés se présente sous forme assimilable par sonde (nutrition entérale) dans les cas graves. L'entreprise Sodietal, filiale du groupe Even à Ploudaniel (29), sélectionne les lipides et isole des protéines sans résidus, pour les besoins de l'alimentation clinique. Un autre exemple est le Réabilan, aliment à base de protéines du lait, conçu pour les malades placés en soins intensifs à l'hôpital. Le Réabilan a été mis au point avec l'aide du laboratoire du professeur Jean-Louis Maubois à l'INRA de Rennes. Il est commercialisé depuis 1985 par l'entreprise normande Sopharga, filiale de Clintec-Nestlé.
LA NUTRITION "MOINS", LA NUTRITION "PLUS"
La nutrition "grand public" a démarré il y a une vingtaine d'années, à la suite d'une étude reliant les comportements alimentaires à l'évolution des maladies cardio-vasculaires, l'étude de Framingam. S'appuyant sur cette étude, médecins et industriels ont inculqué aux consommateurs une première notion de diététique : manger moins gras. Sont apparus les premiers plats cuisinés allégés, qui ont de plus l'avantage de simplifier la préparation des repas. Avec l'évolution simultanée des fours à micro-ondes, les plats allégés, frais ou surgelés, ont connu un succès immédiat. Moins de graisse, moins de sucre, moins de cholestérol, c'est la première génération de la nutrition grand public, la gamme "moins". En Bretagne, on peut citer comme exemple les produits à base de lait de soja fermenté, les desserts Sojasun, fabriqués par la société Triballat. Les graisses végétales, acides gras insaturés, sont réputées plus digestes que les graisses animales, acides gras saturés. Après avoir villipendé les excès, industriels, médecins et diététiciens se sont ensuite penchés sur les carences de notre alimentation. La nouvelle gamme de nutrition grand public offre donc des produits enrichis, c'est la gamme "plus" : plus de fer, plus de vitamines, plus de magnésium, plus de calcium. Là encore, ce sont les industries laitières qui déclinent cette nouvelle gamme sur tous les tons. Nutrinov est actuellement en train de lancer un nouveau fromage frais enrichi en calcium. En effet, la carence en calcium serait l'un des principaux facteurs de risque de l'ostéoporose, cette dégradation des os qui provoque chez les personnes âgées de graves fractures du bassin, du col du fémur et des tassements de la colonne vertébrale. Enfin, l'orientation actuelle tend vers l'équilibre et l'aliment complet, sans plus ni moins.
Contact : Loïc Roger, tél. 99 33 13 50
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 (Photo : Nutrinov)
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NUTRINOV
Essentiellement composé d'ingénieurs et techniciens-chercheurs (8 personnes), le Groupement d'intérêt économique Nutrinov a été créé en 1987 à l'initiative de quatre PME bretonnes : Laiterie du Mont Saint-Michel, Triballat, Le Duff et Timac, rejointes maintenant par Origan, la SILL et Jolivet. Pour sa part, le Conseil régional intervient en finançant un demi-poste de chercheur. En plus de ces partenaires, Nutrinov travaille également sous contrat avec des entreprises extérieures au groupe : "Cela nous permet d'être informés de ce qui se fait dans le monde, de développer de nouvelles compétences et d'acquérir des savoir-faire", précise le directeur Loïc Roger. Avec un budget de plus de 3 millions de francs (1992), Nutrinov développe plusieurs activités : la mise au point de matières premières nouvelles, la formulation de nouveaux produits jusqu 'à leur mise sur le marché, la veille technologique et l'expertise analytique. Nutrinov dispose de nombreuses techniques analytiques, dont un chromatographe pour substances volatiles (équipement unique en Bretagne), et travaille en étroite collaboration avec l'INRA.
Ploufragan : biologie moléculaire au service de la santé animale et de la qualité des produits alimentaires.
Le laboratoire de biologie moléculaire du CNEVA de Ploufragan a un peu plus d'un an. 12 personnes dont 9 chercheurs y travaillent sur différents thèmes de recherche, qui concernent l'amélioration de la santé des porcs et volailles, productions leader en Bretagne, et la qualité des produits alimentaires. Il dispose d'équipements spécifiques pour les recherches en biologie moléculaire et fonctionne comme laboratoire de service. On attend de l'équipe de recherche des percées dans le domaine de la détection des micro-organismes dans les produits biologiques.
Contact : Laboratoire de biologie moléculaire, André Jestin, tél. 96 94 10 90.
Les légumes oubliés de Jean-Yves Péron.
Que diriez-vous d'un petit sauté de coqueret du Pérou, d'une jardinière de pépinos, panais et crambés maritimes, d'un nid de cerfeuil tubéreux ou encore d'une assiette gourmande de chervis ? Tous ces jolis noms sont ceux de légumes oubliés ou inconnus, qui pourront bientôt inspirer de nouvelles recettes aux chefs de cuisine las des sempiternelles pommes de terre, carottes et navets. A l'Ecole nationale d'ingénieurs des travaux de l'horticulture et du paysage d'Angers (ENITHP), Jean-Yves Péron et ses collègues agronomes étudient des légumes singuliers, perfectionnent leur reproduction et leur culture. Une démarche appréciée non seulement des gastronomes, mais aussi par des opérateurs économiques soucieux de donner un coup de fouet aux productions maraîchères classiques, de moins en moins rentables du fait de la saturation du marché. Les Angevins travaillent en particulier sur le crambé maritime et sur le cerfeuil tubéreux de Dol et Orléans. En améliorant génétiquement cette plante par hybridation avec des espèces sauvages, les agronomes ont réussi à créer des semences commercialement satisfaisantes. Des études sur l'intérêt nutritionnel de l'hybride montrent comment l'utiliser au mieux. Pour ses travaux, Jean-Yves Péron a reçu le prix scientifique Philip Morris 1993.
Contact : ENITHP Angers, tél. 41 22 54 54.
AB Technologies alimentaires restructure les fromages.
Créée il y a plus de deux ans à Theix (56), AB Technologies alimentaires est spécialisée dans le négoce et la production d'ingrédients, notamment les chapelures. Elle s'intéresse aussi à la valorisation des sous-produits de la pêche pour l'alimentation humaine. Elle ouvre en octobre à Sulniac, une unité de fabrication aux normes CEE, destinée à la fabrication de fromages restructurés à partir de soja et d'arômes.
Contact : AB Technologies alimentaires, tél. 97 53 28 64.
Nutritionniste pour poissons : à la recherche du repas idéal.
Pour les nutritionnistes qui recherchent la meilleure alimentation pour les poissons d'élevage, la qualité diététique de ces poissons doit être au premier plan des préoccupations. Mais il en est d'autres, comme l'obtention du meilleur rendement possible et une pollution minimale du milieu d'élevage. Le nutritionniste pour poissons doit donc reconstituer l'aliment-type en sélectionnant d'abord des protéines qui vont permettre au poisson de se faire du muscle à moindre coût pour l'éleveur : protéines animales autres que de poisson (farines de viande), levures et protéines végétales (soja, colza, lupin). Il faut aussi réduire les effluents polluants, riches en azote (déchets provenant des protéines consommées à des fins d'aquaculture). Pour "épargner" des protéines, le nutritionniste propose au poisson de consommer plus de lipides. Mais il faut éviter un engraissement excessif qui risquerait de nuire à la qualité nutritionnelle de la chair. Quand on sait que le diététicien marin doit aussi tenir compte de la personnalité de ses clients (poisson de fond paresseux comme le turbot ou saumons énergiques se déplaçant sans cesse), on comprendra que tout est question de dosage et de compromis pour satisfaire au final, les consommateurs que nous sommes.
Contact : Robert Métailler, IFREMER Brest, tél. 98 22 43 84.
Le nutritionniste.
N'est pas nutritionniste qui veut : l'étiquette s'attache à une personne ayant suivi une formation supérieure en nutrition. Ce sont donc souvent des médecins, mais aussi des diététiciens ou des ingénieurs agronomes. Il n'existe actuellement en France que trois ou quatre formations supérieures en nutrition, mais aucune dans l'ouest. Aucune ? Si, mais à distance : le CNED, Centre national d'enseignement à distance, dispense sur deux ans une formation supérieure en nutrition.
Contact : CNED Rennes, tél. 99 63 11 88.
SUVIMAX : la plus grande étude épidémiologique jamais réalisée dans la nutrition.
La France vient d'engager SUVIMAX (comme supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants), une grande étude épidémiologique rentrant dans le cadre des essais de prévention des cancers et des maladies cardio-vasculaires. Cette enquête géante testera l'efficacité d'un apport en vitamines (E, C, bétacarotène) et minéraux antioxydants (sélénium et zinc) sur 15 000 sujets volontaires de 35 à 60 ans pendant huit ans. Pour cette étude sans précédent, l'automate qui sera utilisé pour doser la vitamine C contenue dans le plasma humain a été mis au point à l'IFREMER... pour les turbots. En effet, en 1985, pour faire face à un problème de forte mortalité chez les turbots d'élevage, lié à une carence en vitamine C, des chercheurs du centre IFREMER de Brest ont développé, en s'appuyant sur une méthode élaborée par les Laboratoires Roche, une technique de dosage automatisée très originale par rapport aux méthodes fluorométriques classiques et particulièrement précise. L'automate basé sur le principe du "flux continu" réalise des analyses avec une grande sensibilité (20 nano-grammes/ml). La méthode peut doser des échantillons très variés en série, à grande cadence et sans surveillance. Faire de la recherche en aquaculture, c'est aussi travailler pour l'homme ; en voici une belle illustration.
Contact : Hervé Chartois et Marie-Françoise Gouillou-Coustan - IFREMER Brest,
tél. 98 22 43 92.
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