|
La campagne autour de Lannion est hérissée d'antennes : parmi elles, se distinguent les antennes du Centre de météorologie spatiale, pointées vers les satellites météo-rologiques.
Le Centre de météorologie spatiale est une vaste structure, où travaillent 80 personnes, dont les missions varient entre l'opérationnel, la recherche appliquée en météorologie, l'assistance et la coopération internationale. Mais la météo est la principale raison d'être du centre : chaque jour, chaque demi-heure, le satellite géostationnaire Météosat 4, "ancré" à la verticale du golfe de Guinée, transmet des images qui permettent le suivi des mouvements de l'atmosphère à travers le déplacement des masses nuageuses ; en fait, chaque nuage est un signe qui, pour le prévisionniste, représente un indice quant à l'évolution du temps.
BEAU TEMPS SUR LE PETIT ÉCRAN
Les images des différentes portions du globe terrestre transitent par la salle de télécommunications avant d'être traitées dans la salle de calcul. Chaque satellite météorologique reçoit des informations dans deux domaines spectraux : le visible, qui ne peut donc fonctionner que de jour, et l'infrarouge, qui, à tout moment de la journée ou de la nuit, donne une "image" de la température des nuages ou de la surface terrestre. La combinaison de ces deux informations permet d'aboutir à une classification des différents types de nuages, classification qui tend à devenir entièrement automatique. Après le traitement des images, vient leur habillage. Dans son atelier de "coloriage", Bernard Bellec, technicien mais aussi artiste, développe sur une station de travail l'algorithme qui permet de transformer en 20 secondes, l'image brute en teintes de gris et sans contraste, en portrait couleur de la planète. Si le premier souci est de faciliter l'interprétation, il faut reconnaître que l'esthétique en est aussi améliorée; ce sont ces images embellies qui sont utilisées lors de la diffusion, à la télévision, des bulletins météorologiques.
TRANSMISSION DES IMAGES EN MODE NUMÉRIQUE
Depuis juin 1990, les images satellites traitées à Lannion sont disponibles sur serveur Numéris, à l'intention entre autres des chaînes de télévision. Ce serveur "Imsat 64" a été installé par le CMS en partenariat avec France Télécom et la société informatique Cap Sesa. Cette forme d'acheminement des images météo est certainement un champ d'application idéal pour Numéris, qui garantit la rapidité de transmission tout en respectant la qualité. Ce mode de transmission permet de servir d'autres clients reliés au réseau, comme le Musée des télécommunications de Pleumeur-Bodou, la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette et l'Espace sciences et techniques du CCSTI à Rennes, durant la durée de l'exposition "Objectif Terre", grâce au matériel prêté par Météo France. Olivier Gaillard, responsable informatique d'Imsat 64, rappelle que les chaînes de télévision sont de grands consommateurs de produits météorologiques : "Nous fournissons à la demande : TF1, France 2, France 3 et bientôt la chaîne européenne Euronews. Euronews veut l'ensemble des 48 images disponibles pour montrer l'évolution des dernières 24 heures sur l'Europe. France 2 présente une séquence de 8 images, répétée en zoom. Le présentateur de France 3 ne commente qu'une seule image. TF1 offre, en plus d'une animation sur 48 images, une "photo" de la planète, réactualisée chaque jour. La prochaine étape est de compléter les informations météo, à savoir : observation radar, cartes de prévision... afin de mettre à disposition sur un même serveur tous les éléments nécessaires aux médias".
SÉCURITÉ DES POPULATIONS
Outre la fourniture d'imagerie et de données numériques au Service central d'exploitation de la météorologie (Toulouse) pour la prévision quotidienne, le CMS alimente également en images la Martinique ; les prévisionnistes d'outre-mer peuvent ainsi assurer une veille cyclonique, en suivant l'évolution des cyclones depuis leur formation sur les côtes africaines, afin de prévenir, en accord avec la Sécurité civile, les populations des Antilles lorsqu'elles se trouvent sur le trajet d'un cyclone ; certains de ces cyclones sont particulièrement violents, comme Hugo qui fit 85 morts en septembre 1989. Le CMS pourvoie également en images le Centre spatial guyanais, afin que puisse s'effectuer une veille météorologique de la base de lancement de la fusée Ariane à Kourou. Enfin, le CMS est engagé dans divers programmes de recherche internationale, notamment avec l'ORSTOM(1), en collectant et traitant les données satellitaires pour étudier l'évolution des climats dans la zone sahélienne. Le CMS est aussi centre d'étalonnage pour le Projet international de climatologie des nuages par satellites (ISCCP) de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). En effet, le climat étant un paramètre dépassant largement les limites nationales, les cinq satellites météorologiques géostationnaires (en orbite équatoriale à 36 000 km d'altitude), qui assurent une veille climatique sur l'ensemble de la planète, s'associent avec les deux satellites météorologiques défilants de la NOAA (en orbite quasi-polaire à 850 km d'altitude), pour fournir des informations plus complètes.
Notes : (1) ORSTOM : Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération.
|

(Photo : Météosat Lannion)
* Dans l'hémisphère Nord, les vents tournent autour des dépressions dans le sens inverse des aiguilles d'une montre en emportant les masses d'air vers le coeur de celles-ci. Il se produit alors une montée d'air humide qui se détend en altitude, donc se refroidit, sa condensation amène la formation des nuages et des perturbations. Autour des anticyclones, le vent tourne dans le sens des aiguilles d'une montre.
|
Contact : Patrick Donguy, tél. 96 05 67 14.
|