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Une spatiocarte se définit comme la superposition d'une image satellitaire et de renseignements d'ordre topographique. Si le résultat est spectaculaire, il est surtout pratique pour remédier à l'absence de cartes, en particulier dans les régions désertiques.
RÉALISATION D'UNE SPATIOCARTE
Les spatiocartes sont réalisées à des échelles allant du 1/50 000 au 1/250 000, à partir d'images de satellites (SPOT, Landsat, NOAA, etc.). Pour SPOT, les images sont d'abord traitées par le Centre de rectification des images spatiales (CRIS), associé aux deux stations de réception principales situées à Toulouse et à Kiruna en Suède. Comme pour la plupart des produits SPOT, les corrections apportées sont de deux types, radio-métriques et géométriques. Les corrections radiométriques font appel à un modèle linéaire, qui égalise la sensibilité des détecteurs du satellite. Les corrections géométriques consistent principalement à supprimer les déformations induites par la sphéricité de la planète. Ces déformations sont particulièrement importantes en bordure de l'image. Après ce traitement, prélude indispensable à toute utilisation des données SPOT, chaque point de l'image (pixel) correspond au sol à un carré de 10 mètres de côté en noir et blanc (mode panchromatique) ou à 20 mètres de côté en couleurs (mode multi-bande). Pour les spatiocartes, d'autres traitements sont appliqués, de manière à améliorer la géométrie de l'image et sa localisation, en prenant appui sur les documents cartographiques lorsque ceux-ci existent. S'ils n'existe pas de documents cartographiques, ce qui est souvent le cas dans les régions désertiques, l'image sera rectifiée en prenant appui sur des points de positionnement par satellite, grâce au système GPS (Global positioning System), bien connu des marins et des navigateurs.
DES CARTES DE PRÉCISION
Une fois ces corrections effectuées, l'image SPOT est directement superposable aux cartes ayant la même projection, ce qui permet de réaliser des spatiocartes selon le découpage de la cartographie locale. Ces cartes étant extrêmement précises, il est possible de raccorder rigoureusement, pixel par pixel, deux scènes consécutives, pour suivre une évolution de l'occupation des sols sur plusieurs années. En rectifiant l'altitude moyenne, on peut enfin délimiter les parcelles et les redécouper, en dessinant une mosaïque. La principale utilisation des spatiocartes est la représentation des régions pour lesquelles il n'existe pas de documents cartographiques actuels. Grâce à la vision stéréoscopique de SPOT 2, il est possible de superposer au couple d'images, les courbes de niveau représentant le relief de la région, avec une précision altimétrique de l'ordre de 10 mètres. Ce qui est une bonne performance, sachant que la réalisation d'une spatiocarte est rapide et moins onéreuse qu'une campagne de cartographie sur le terrain. Cette application intéresse particulièrement les militaires français, qui ne disposent pas actuellement de satellite d'observation. Parallèlement, de nouvelles utilisations se développent, notamment aux Etats-Unis où le Ministère de l'agriculture s'appuie sur ces documents pour évaluer et contrôler l'état des cultures sur l'ensemble du territoire. Enfin, l'aspect esthétique des spatiocartes les place en bonne position sur le marché des cartes.
Contact : IGN Bretagne, tél. 99 59 54 59.
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