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Lancé en juillet 1991, ERS-1 poursuit sa rotation autour de la terre. A Brest, le Cersat traite une grande partie des données océanographiques qu'enregistre le satellite européen.
Patrick Farcy, responsable du Cersat(1) à Brest, présente d'un revers de la main les archives du satellite ERS-1. A côté des disques optiques numériques, les bandes magnétiques classiques font déjà figure d'objets anciens. Bientôt, toutes les données seront diffusées sur CD-Rom, petite merveille technologique qu'utilisent déjà le journal "Le Monde" et une édition d'encyclopédies. "Nous gardons ici toutes les archives du satellite, explique-t-il, mais avant de transmettre les informations aux utilisateurs, des scientifiques en premier lieu, nous passons toutes les données à la «moulinette»".Ce terme recouvre l'ensemble du travail d'analyse et de contrôle exercé par l'équipe de quatorze personnes du Cersat sur les informations brutes. Celles-ci sont de plusieurs ordres : observation des régions polaires, niveau des océans, topographie des océans, hauteur des vagues, vitesse et direction des vents...
LES OCÉANS NE SONT PAS PLATS
Le fonctionnement océanique accumule une formidable somme de causes à effets. La surface des océans du globe n'est pas le moins du monde plate. Elle présente une succession de "collines" et de "vallées" qui reflètent la topographie des fonds. En outre, les océans sont le siège de processus dynamiques : les courants froids et les courants chauds entrent en conflit, la rotation de la terre induit des phénomènes de circulation et tous ces processus agissent de manière significative sur le climat de la planète. L'altimètre radar d'ERS-1, d'une précision de 20 centimètres, en permet une étude approfondie. "C'est la variation dynamique de l'océan, la formation de bosses et de creux d'environ deux mètres d'amplitude, qui génère les grands courants généraux, comme le Gulf Stream".La mission du satellite de l'Agence spatiale européenne est justement de déterminer ces courants et les facteurs susceptibles de les modifier, comme le vent, les effets de côtes ou les changements de température des masses d'eau. Il existe cependant un autre satellite davantage orienté qu'ERS-1 sur le géoïde (la forme la plus proche possible de celle de la terre) et la topologie dynamique des océans : Topex-Poséidon, programme franco-américain lancé par Ariane en août 1992. Il devrait permettre d'ici peu d'apporter une explication à certains phénomènes "bizarres", tel El Nĩno, courant agrémenté d'anomalies climatiques qui touchent périodiquement la côte Pacifique de l'Amérique du Sud et de l'Australie. Les données de Topex, du moins en ce qui concerne la France, sont traitées à Toulouse, au Centre national d'études spatiales.
CHIFFRES ET COURBES ARIDES
Qu'à cela ne tienne, le Cersat n'a pas à rougir d'une telle comparaison, la moisson d'informations est loin d'être négligeable. Les chiffres arides, les courbes d'échos radars d'un jeu scientifique consistant à quadriller les mers et à relever, orbite après orbite, tous les paramètres possibles, tout cela a été contrôlé et transmis aux spécialistes qui en feront l'interprétation. "Nous recevons les données concernant l'état de la mer depuis août 1991, la vitesse et la direction du vent depuis mars 1992 et les caractéristiques de la houle depuis janvier dernier"commente Patrick Farcy. Avant de pouvoir se fier aux mesures de télédétection, il faut en effet un travail préalable de validation des logiciels et de calibration des algorithmes(2). "Pour la vitesse du vent, la fiabilité atteint moins d'un mètre par seconde. Pour la direction du vent, la marge est de dix degrés".Si pour l'instant les "clients" du Cersat restent les scientifiques, à terme les informations devront intéresser aussi les organismes de météo et les sociétés d'études pétrolières. ERS-2, en 1995, devrait prendre la relève de son grand frère.
Notes :
(1) Cersat : Centre ERS-1 d'archivage et de traitement.
(2) Un algorithme est une série d'opérations ou de calculs, effectuée dans le but d'établir la solution d'un type de problèmes.
Contact : Patrick Farcy, tél. 98 22 44 83.
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Topex-Poséidon, le grand show des mers
Lancé en août 1992, le satellite Topex-Poséidon, commun au CNES et à la NASA, est à sa manière une star, tant sa mise sur orbite a suscité d'espoirs sur le résultat des mesures qu'il allait enregistrer. Ses concepteurs avaient pour ambition de mesurer la surface océanique avec une exactitude de deux centimètres sur une moyenne mensuelle. Il semble en fait que ce soit
10 cm, auxquels il faut inclure les centimètres de marge d'exactitude sur la distance satellite-repère terrestre (Topex embarque bien sûr d'autres instruments que les altimètres). A Brest, le Centre militaire océanographique, ainsi que le département d'Océanographie spatiale de l'Ifremer, travaillent à partir des données fournies par le satellite.
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