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Né de la volonté conjuguée de quelques passionnés de la mer et des bateaux, Port Rhu est l'aboutissement d'un long travail pour la conservation et la promotion du patrimoine maritime commencé dès 1979 par la FRCM, la Fédération régionale pour la culture maritime. Relayé en 1981 par la revue du Chasse-Marée qui allait sensibiliser à la culture maritime des milliers de lecteurs et l'association Treizour (le passeur en breton) qui crée , en 1985, le Musée du bateau de Douarnenez, ce travail voit aujourd'hui sa concrétisation. Conservatoire national du patrimoine maritime et centre de transmission des savoir-faire, le Port-Musée propose une approche tout à fait originale de la mémoire et des traditions de la mer.
BATEAU-FEU ET LANGOUSTIERS
Sur un site exceptionnel, le long de la ria du Port Rhu, le Port-Musée se compose principalement d'un bassin à flot, du musée du bateau et des Ateliers de l'Enfer. Dans le bassin à flot, une quarantaine de bateaux sélectionnés et achetés par Joël Trévien, le "capitaine du port", grand maître de tout ce qui flotte, font à présent partie du patrimoine national, au même titre que les chapelles bretonnes ou les châteaux de la Loire. Regroupés par métier on y trouve des chalutiers, des thoniers, des caseyeurs ou des langoustiers, mais aussi un bateau-feu, une barge de la Tamise ou une galéasse norvégienne, autant de musées flottants que l'on peut visiter et explorer afin de vivre, l'espace d'un instant, la grande aventure de la pêche et du cabotage. Le Musée du bateau installé dans une ancienne conserverie contient l'une des collections de bateaux les plus importantes d'Europe. Près de 200 unités y sont rassemblées, représentatives des grandes traditions maritimes du littoral européen parmi lesquelles : coracle gallois, curragh irlandais, moliceiro portugais ou oselvar norvégien.
TRANSMISSION D'UN SAVOIR-FAIRE
Outre le nombre impressionnant de bateaux concentrés sur un même site, ce qui fait l'originalité de Port Rhu, ce sont ses chantiers où se construisent en permanence des bateaux qui n'existent plus. Dans les Ateliers de l'Enfer où l'odeur du bois et le bruit des maillets nous ramènent un siècle en arrière, tous les artisans de la construction navale travaillent en situation réelle. Centre de formation financé par l'Etat, la Région et le département du Finistère, ces Ateliers dirigés par Jean-Louis Dauga, préparent au CAP de charpentier de marine. Une vingtaine de charpentiers âgés de 17 à 40 ans, sont actuellement en formation et déjà, 8 unités ont été mises à l'eau dont un maquereautier de Saint-Malo et un cotre de Carantec le jour de l'inauguration. Devant la réussite de l'entreprise, un autre CAP a été créé, celui de voilerie maritime.
UN TROIS-MÂTS EN CONSTRUCTION
Autre grand projet qui arrive à maturité, celui de la construction d'un trois-mâts pour la France ; un projet qui s'inscrit dans le programme muséographique du Port-Musée. A l'image du "Batavia", navire de la Compagnie des Indes reconstruit aux Pays-Bas qui sert de référence, le Port-Musée lance un "projet au long cours" d'envergure nationale pour construire un clipper du 19e siècle. Sur la place de l'Enfer, où il sera peu à peu assemblé, trône déjà sa quille, acte de naissance signé le jour même de l'inauguration. Une vaste documentation a été rassemblée et des recherches précises ont été menées sur ces bateaux très rapides qui faisaient le commerce du café entre l'Europe et l'Amérique. C'est au Havre, aux chantiers Augustin Normand, que 5 clippers furent construits entre 1850 et 1855 et ce sont leurs plans, retrouvés à travers les "Souvenirs de marine" de l'Amiral Pâris, qui serviront de modèle. Outre l'intérêt pédagogique d'un tel projet qui permettra aux visiteurs d'assister à chaque étape de la construction d'un grand voilier, l'opération "Un Trois-Mâts pour la France" est l'un des plus importants programmes de valorisation du patrimoine maritime français. Et si, comme l'affirme Jean Peuziat, premier adjoint au maire de Douarnenez, "Port Rhu va devenir la tour Eiffel de la Bretagne", ne manquez pas d'être parmi les premiers à apprécier cette réalisation exemplaire.
Contact : Anne Burlat, tél. 98 92 67 23.
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