Un élevage de porcs modèle

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UN ELEVAGE DE PORCS MODELE



Photo : Britta.

Au-delà de l'image des porcheries alignées au milieu des terres, nous avons décidé d'aller voir comment fonctionnait un élevage porcin : Jean-Yves Galliou, agriculteur à Bourg-Blanc dans le Nord-Finistère, entretient un cheptel de cent cinquante truies.


Sur une exploitation de 50 hectares, en compagnie de sa femme et d'un salarié, Jean-Yves Galliou élève des truies, des vaches laitières et des génisses. En 1992, il a obtenu le "Cochon d'Or", prix décerné par un magazine spécialisé sur des critères établis par l'Institut technique du porc. Enfin, une grande partie de ses installations sont récentes.


UN PLANNING DE L'ÉLEVAGE

La richesse d'un producteur de porcs(1), c'est le nombre de truies qu'il possède. Elles mettent bas un certain nombre de portées et sont elles-même engraissées pour un jour être vendues. La période de gestation d'une truie est de 114 jours, auxquels on ajoute 28 jours de maternité, ainsi tous les 150 jours, elle est susceptible d'être saillie. L'éleveur dispose d'un planning sur lequel l'ensemble du troupeau est divisé en sept groupes de vingt truies environ, "je sais qu'il y a trois semaines d'intervalle entre la mise bas de chaque groupe" explique-t-il. Les truies sont gardées, dans ce que l'on appelle "l'atelier", de la saillie jusqu'à une semaine avant la fin de la gestation. "Nos trois verrats servent surtout à détecter les chaleurs, l'insémination artificielle est pratiquée à 90%". La semence du géniteur, de race Piétrain, l'une des plus utilisée, provient d'un centre internationale de diffusion. Les truies sont, elles, issues d'un croisement entre les races Large -White et Lamdrace, également bien connues des producteurs. La température constante de l'atelier, ventilé en permanence, est de 20 degrés. L'alimentation, gérée par ordinateur, est automatique. Elle représente deux repas et une quantité de 20 à 30 litres d'eau par jour.


VACCINS ET QUARANTAINE

La maternité se trouve dans le prolongement logique de l'atelier de gestation. Ce sont des stalles de quelques mètres carré, affichant 27-28 degré de température, où la truie met bas. "Nous avons une moyenne de 5,3 porcelets sevrés par portée sur l'élevage". Un programme de prophylaxie sanitaire rigoureux est mis en place sur les cochettes (bêtes qui font leur première gestation). Elles sont vaccinées contre plusieurs maladies : rouget, parvovirose, aujeszky, grippe. Les porcelets aussi sont immunisés au bout de dix semaines contre cette maladie d'aujeszky. "La plupart sont des virus qui causent des problèmes respiratoires". Les cochettes provenant de l'extérieur passent d'ailleurs six semaines en quarantaine, afin d'être vaccinées et de "s'habituer au microbisme de l'élevage". Pour cela, on met dans leur case des morceaux de délivre et des déjections de truies actuelles.



La maternité de l'élevage de Jean-Yves Galliou est l'endroit où s'exerce particulièrement la surveillance sanitaire de la truie et des porcelets.

DE HUIT À CENT SEPT KILOS

Quand ils atteignent huit kilos environ, les porcelets sont sevrés, et transférés dans une autre salle où ils restent une quarantaine de jours, nourris d'un aliment spécifique, toujours à base de soja, mais supplémenté d'antibiotique pour prévenir le stress du sevrage. Après cette période vient celle de l'engraissement. Jean-Yves Galliou utilise deux systèmes de distribution de nourriture : le "turbomat", qui consiste à programmer six repas par jour déversés dans des "assiettes", et le nourrisseur à
volonté qui, par une vis d'alimentation, est ouverte manuellement deux fois par jour. "En cas de problème sanitaire, nous avons une pompe doseuse qui permet d'inclure des médicaments dans l'eau". Les porcs engraissés sont embarqués en moyenne au bout de 165 jours. Ils pèsent alors 107 kilos vifs, soit 86 kilos de carcasse.



NOTE :


(1) C'est-à-dire de viande charcutière, vendue au cadran (fixation publique des prix suivant l'offre et la demande) ou directement aux abattoirs (à des prix indexés sur ceux du cadran). L'élevage de Jean-Yves Galliou fait partie du groupement de producteurs Prestor, qui joue un rôle technique et commercial. Prestor a aussi déclenché une "charte verte" pour un meilleur stockage et épandage du lisier.



Contact : Hervé Lichou, tél. 98 37 55 62.